Qu’elle était belle et grande et forte cette jubilation populaire…
En ce jour attendu nous voici dans la rue…
Déjà le rouge pare tous les espaces.
La belle Nation celle que nous désirons
Signe dans sa douceur la volonté des citoyens.
Point de revanche, point de rancœur ici.
La marche du peuple allant vers ses droits :
L’égalité et la fraternité qui seules autorisent la liberté !
Se fait dans le rire et dans les joyeuses chansons.
Place de la Nation affluent les banderoles.
Place de la Nation s’élève un cri en continu : Résistance…
Place de la Nation dans cette foule immense
Les yeux se croisent et puis se reconnaissent
Nous sommes des milliers arrivés de partout
Et sous le ciel chargé des nuages gris de l’époque sarkosienne
Dans le peuple déjà luisent les rayons de l’espoir…
Nous nous retrouvons par le miracle des drapeaux
Nous nous retrouvons bien qu’ici en ce jour
Nous soyons innombrables dans la même ferveur
Et le cortège coloré et multiple du peuple s’avance.
Les rues se mélangent des couleurs des chants et des rires.
Le rouge du sang des fédérés éclate sur le pavé
Le peuple marche lentement
Comme s’écoule invincible la lave du volcan
Les rejetés, les expulsés, les travailleurs pauvres
Les licenciés du capital…
L’aciérie, L’Eléphant, les Doux
Les exclus de la vie, les victimes des joueurs,
Des boursiers et des entretenus (patrons milliardaires)
Montent avec le calme du bon droit
De la chose justement due
Vers la Batille…
Le mitraillage incessant des photographes
Les innombrables micros tendus
Révèlent le poids historique
De cette symphonie magnifique
Des cœurs et des âmes émues…
La Bastille est déjà rouge des feux de bengale
Noire des têtes riantes et unies
Oh le cœur multiple des ami(e)s vibrant(e)
Sur le lieu des insurrections du passé…
Il est là notre fier tribun…
Il a surgit tel un lion poussé par la ferveur du peuple
Et grimpant sur l’estrade il rit d’un rire franc
En voyant tout ce monde qui l’attend…
On veut vibrer encore en l’entendant rugir
Et gueuler tous nos maux et nos espoirs mêlés
Pousse Jean Luc encore la porte pour faire sourdre le peuple
Pour que ceux-là trop lointains et trop tièdes
Entendent enfin nos revendications
Nous, nous sommes la masse
Comme ils disent avec une moue de mépris…
Mais leur mépris n’a d’égal que notre colère
Nous bouterons ces charlatans affameurs
Ils rendront au peuple ce qu’ils lui ont volé
Rugis lion courageux !
Dis nous encore les beaux chants de la Commune
Hugo, Louise Michel, Jaurès
Nous sommes au rendez-vous
De vos espoirs et de vos rêves…
Résistance ! Résistance ! Résistance !
L’Internationale s’élève et plane sur les toits de Paris
La Marseillaise vibre comme en 93
Chacun s’embrasse et se sépare
Dans la conscience de la solidarité retrouvée
Ce matin je dis à mes amis absents de ce jour historique :
Me croyez-vous lorsque j’affirme
Qu’enfin le peuple Citoyen va obliger ceux-là
Qui jouent avec sa vie tout en le méprisant
Vont bientôt être chassés
Car
Le nombre fait corps
Nous sommes des millions
Qui n’en pouvons plus
Car
Les temps sont en marche
Où le produit du travail sera justement réparti
Où la valeur du cœur comptera plus
Que le sexe hérité
Que la couleur de la peau
Car
Nos enfants auront des maîtres de l’amour
Comprendront le partage
Seront humbles et forts
Dans la sagesse de la nature respectée…
Vienne enfin la Révolution Citoyenne !
POUR RENELLE PAR BURIDAN