ECOSYSTEME HUMAIN

Ecoutant les dernières interventions (mois d’avril 2011) de J.L. Mélenchon sur Europe 1 et face à O. Todd (Emission « arrêt sur image »), je l’entends affirmer, haut et fort, qu’en tant qu’éco-polititicien il se doit de préserver l « écosystème humain ».

Fort bien !

 

Mais de quoi parle t’on en associant ces deux mots « écosystème » et « humain » ?

 

Le terme « écosystème » forgé par le botaniste Tansley en 1935, désigne, communément, l'unité de base de la nature.

 

Précisons.

Un écosystème représente un groupement d’êtres vivants dans un milieu spécifique.

Une flaque d’eau, un aquarium, un océan, la Terre même dans son acception générale, sont des écosystémes d’échelles différentes…

Il s’agit donc d’un concept large, le plus globalisant de l'écologie.

 

Or un concept globalisant est concrètement, c'est-à-dire sans une explication plus fine, un concept vide (car s’appliquant à tout, donc à rien !)…

 

Précisons donc encore.

Un écosystème regroupe une multitude de biotopes (de milieux de vie) conditionnés chacun par des facteurs précis. Besoins en eau, en gaz (air), en lumière, en température, facteurs édaphiques (sols, substrat géologique).

 

Par ailleurs l’écosystème est par nature dynamique, changeant et conditionné par des « facteurs » :

 

- Ontogéniques : maintien des conditions optimales (biogénétiques) du développement et de la reproduction des individus au sein de l’écosystème, des biotopes. Maintien de la diversité génétique (du « pool ») au sein d’une espèce ;

- De régulation : taux d’évolution et de croissance des populations ;

- Culturels : évidents pour l’espèce humaine mais s’appliquant aussi à l’animal. Plaisirs récréatifs, valeurs esthétiques, mémoire : tous variants géographiquement pour certaines espèces animales ;

- de soutien : boucles systèmique qui entretiennent les équilibres locaux et globaux… Facteur auquel s’apparente la politique !

 

Il y a donc autant d’échelles éco-systèmiques qu’il y a de paramètres mis en cause.

 

Un écosystème tend vers la stabilité… mais il n'est jamais en parfait équilibre.

Stase, stabilité, c'est-à-dire qu'il tend vers un « calme » relatif pour chacun de ses individus (de quelque espèce qui le compose)…

Autrement dit les espèces prospèrent dans un « climax » équilibré… Sans perturbation majeure.

Le « bonheur » en quelque sorte ! (le bonheur n’est-il pas l’abscence de « douleurs » de « combats imposés » ? Le bonheur n’est il pas une douce « léthargie » ?).

 

Mais la survie de quelque écosystème ouvert dépend aussi des biotopes et des populations qui vivent à sa marge… Et qui sont en moindre état d’équilibre. Et dont les éléments, mutatis mutandis, sont prets à prendre le relais des dominants.

C'est là la source des renouveaux si les conditions écologiques viennent à changer, à se modifier et entraînent des "crises" et des "révolutions".

En d'autre terme l'hétérogénéité des minorités est aussi nécessaire que l'équilibre dominant.

D'ailleurs le climax équilibré est entretenu par l'apport régulier de ces marges créatives.

La consanguinité n'est pas en bon terme avec la dynamique des populations!

 

J’en avais d'ailleurs dit quelques mots dans un texte précédent :

http://blogs.mediapart.fr/blog/renelle/090411/marine-est-ecologiste-reaction-larticle-de-jl-melenchon-du-6-avril-2011

 

Peut-on parler alors de « l’écosytème humain » ?

Je ne le crois pas, car par définition, le terme « écosystème » s’applique à un groupe d’espèces en relation systèmique de niveau équivalent, pas au rapport qu’entretient l’homme avec la nature…

 

Le terme écosystème est un concept extérieur à l’homme, faisant référence au milieu naturel.

Et l’homme justement, par son action et sa pensée se situe hors du champ naturel…

Comment inclure les pensées de Diderot, Bergson, le travail de l’ébéniste, du boulanger, de l’informaticien dans un contexte strictement naturel?

L’homme est un animal dénaturé ! C'est pour celà, qu'en conscience il doit être attentif au poids de son action sur l'environnement naturel.

Banalités me direz-vous... Toujours bonnes à dire, vous répondrai-je!

 

Lorsque J.L. Mélenchon parle d’écosystème humain il pense évidemment à la nécessité de « protéger » une seule espèce, l’Homme ! C'est un discours typiquement politique...

 

Je pense néanmoins que le terme « écosystème humain » est un terme dangereux, car il sous-tend l’idée d’une globalisation, d’un « bonheur » imposé à tous.

D’abord imposé dans une région, puis dans un espace plus grand, puis s’appliquant à l’humanité entière…

 

Je me méfie des règles dictées au nom d’une entité supérieure, qu'on la nomme « Nature », "Ecosystème" ou « Dieu »…

Pour moi, humain, je leur préfère, en accord avec J.L. Mélenchon, des règles différentes: le vote, la démocratie directe (avec remise en cause des mandats), la loi. Sans passer par la case "écosystème humain".

 

La « loi » est institutionnelle. Elle prend sa base dans le dialogue nécessaire entre toutes les parties auxquelles elle s’appliquera…

Les inter/dits qu’elle impose seront d’autant plus admis par tous qu’ils auront été discutés entre tous…

 

Je crois à la révolution citoyenne s’il n’existe pas de mise au ban et d’exclusion

 

Je crois à la construction d’un programme partagé si toutes les idées sont pesées et re-pesées par tous.

 

Je ne crois pas aux élites : je crois que tout être humain, dans sa fragilité, ses écueils, ses limites est le complément de tous !

 

Méfions nous des concepts vides !

Par buridan.over-blog.com

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