RROMS, LE COEUR ENTRE LES DENTS!

 

 

Jo… J’ai grandi sans ma maman

Jo… Je suis resté sans mon père

 

De loin je vois un soldat sale

Il vient et il pleure

Il est en quête de son père

 

Saly mon garçon

Ne pleure pas ne soit pas triste

Saly mon garçon

Parcours la Terre et vis

Vis comme s’il t’avait fait sauter sur ses genoux

Quand tu étais petit...

(Martin Lubenov Orkestar, "Eki Kotar")

Expo Rom Sylvain Corbard

...

 

"124 personnes sont arrivées par ce vol, 56 hommes, 34 femmes et 34 enfants", a déclaré la police aux frontières roumaine, chiffre également donné par la compagnie aérienne. La France a déjà renvoyé jeudi vers Bucarest 86 Roms, premières expulsions depuis l'annonce par le président Nicolas Sarkozy de mesures sécuritaires visant cette population. Ces premiers Roms de Roumanie expulsés de France sont arrivés à Bucarest jeudi après-midi, à bord d'avions affrétés à Lyon et à Paris.

"C'était très dur en France, il y avait des pressions tout le temps... la police, la préfecture", a témoigné Gabriel, à peine débarqué l’avion sa femme et ses deux filles. Agé de 37 ans, il vivait à Grenoble et dit avoir travaillé au noir comme il pouvait. Il va rentrer à Petrosani d'où il vient. "Je ne sais pas ce que je vais faire... Il n'y a rien à faire là-bas", dit-il sans exclure un possible retour." (Europe 1.fr)

 

Roms-Montreuil-3-Installation Pierre de Montreuil

 

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Sous Jivkov, en Bulgarie, la discrimination vis-à-vis des Rroms était totalement interdite !

Quiconque maltraitait son voisin sur son origine, turc, arménien, grec, tartare, roumain ou rrom pouvait s’attendre à une petite visite de la police...

 

La Bulgarie était, alors, communiste...

 

Des écoles spéciales furent crées pour les Rroms. Mais cette spécialisation se retourna contre la population qui était censée être ainsi éduquée. Outre le fait que s’enclenchait, à travers cette mesure, une ghettoïsation, les Rroms furent pris en grippe par les populations qui les côtoyaient.

 

L’idée de Jivkov était d’unifier la Bulgarie. La politique d’ « intégration » s’appliqua également aux populations magrébines musulmanes…

 

Mais en 1970 les Rroms mangeaient à leur faim. Ils étaient intégrés dans les processus productifs. Ils occupaient les métiers du bas de l’échelle professionnelle, et étaient souvent ouvriers dans l’industrie ou dans l’agriculture…

 

Car ce peuple d’origine indienne a toujours été persécuté.

Depuis leur arrivée en Europe jusqu’en 1856 les Rroms furent contraints au nomadisme ou réduits en esclavage. Chassés de pays en pays, ils tentaient de fuir les violences et les discriminations.

 

Ils ont donc adaptés leur mode de vie à ce nomadisme contraint-non choisi : travaux des champs, chaudronnerie, vannerie, voyance, musiques (à noter l’interpénétration des influences juives d’europe centrale et rroms dans les musiques populaires d'Europe centrale), maquignonnage et autres petits commerces ambulants…

 

Les nazis persécutèrent aussi les Rroms. Leur génocide, le Samudaripen (meutre collectif total), fit plus 500 000 victimes entre 1933 et 1945.

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Les Nazis ont persécuté, stérilisé, emprisonné, torturé, fusillé, et finalement gazé les Rroms dans les camps de la mort ou dans les bois.

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Etaient Rroms tous ceux qui avaient un grand parent de cette origine (ça ne vous rappelle pas une proposition de loi récente ?). Considérés comme parias, asociaux, « de sang métissé », ils étaient dangereux pour le "sang allemand".

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Plus de 7 décennies après la libération des camps, la population rromani attend toujours que le monde reconnaisse son martyre…

 

 

Au sortir des régimes communistes, le racisme larvé qui ne pouvait pas s’exprimer librement connu un nouvel essort.

Les Rroms furent délogés, chassés, leurs écoles furent fermées…

L’exode reprit.

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Pire, des famines touchèrent ces populations dans les années 90. Avez-vous entendu parler de ces drames ? Une question: pourquoi ce silence assourdissant sur le Samudaripen et sur ces famines?

L’espérance de vie décrût. La moralité infantile augmenta.

Et aujourd’hui 80% des populations rroms d’Europe centrale vivent dans une pauvreté que n’arrivent pas à exprimer les mots !

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Le racisme bulgare et roumain s’était donc réveillé . La bête immonde prenait de la vigueur: la pente naturelle du caractère humain suit ses instincts les plus sombres. Et cela se fit sous l'attention bienveillante d'un capitalisme néolibéral qui occupait la place laissée vacante par la chute des régimes communistes dévoyés… Le capitalisme néolibéral ferma évidemment les yeux sur l’apparition de mafias extrêmement violentes qui utilisèrent ces pauvres parmi les plus pauvres pour en faire de nouveaux esclaves… C'était logique: cela servait ses intérêts

Tout allait pour le mieux dans le ce nouveau monde capitaliste : les populations asservies étaient celles qui étaient réprouvées, rejetées, délaissées par la bien-pensante européenne (gauche et droite confondues) !

Et çà continue!

Les plus pauvres d’entre les pauvres sont toujours victimes d’excès de type pogroms, des harcèlement policiers (très à la mode !), des exclusions, de mises au ban dans les pays d’Europe centrale et , mais comment en pourrait-il être autrement, sous la férule de nos preux chevaliers modernes : les Berlusconi, Sarkozy, Merkel, etc…

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Providentielle Europe!

 

Pourtant, en Bulgarie, s’amorce une reprise en main institutionnelle favorable aux Rroms... Mais elle reste limitée par le joug économique…

La reconnaissance des qualités du peuple Rrom remonte à plus de 200 ans !

En 1793 J.H. Biester fit de ce peuple le pionnier du siècle des Lumières en raison de sa liberté d’esprit…

Au 19 siècle Rroms, Tziganes et Gitans incarnaient , symbolisaient, l’antithèse du mode de vie bourgeois (cf. Bizet, Lizst, Mérimée, etc.)…

Ce qui leur d'ailleurs valu, paradoxalement, d’être stigmatisés comme associaux par le prolétariat qui, sous la pression de l’index idéologique bourgeois, y voyaient des opposants au progrès.

Cette idéalisation, par les intellectuels, du mode de vie des Rroms n’en est pas moins une glorification implicite de la pauvreté !

Des films, comme « Le temps des gitans » (indépendamment de son exceptionnelle qualité artistique) permirent à une bourgeoisie éduquée de s’échapper idéalement de leurs riches et aseptisés appartements pour un monde de désir, joyeux, fantastique et… pauvre.

Mais que connaît-elle, cette bourgeoisie, de la vie misérable des Rroms, sans eau, sans électricité ?

Car celui qui est nomadisé par force, celui qui n’a rien à espérer, celui que l’on exploite de l’enfance à la vieillesse, celui-là est obligé de vivre au jour le jour…

Celui qui n’a pas un sou, qui a faim, qui est exposé à la mort quotidiennement, lui reprochera t’on un larcin ou le vol d’un pain ?

Celui qui est méprisé, embarqué, menotté, insulté, molesté, ridiculisé, tourmenté par les flics celui là lui reprochera t’on d’essayer de grapiller un peu d’argent pour survivre ?

Les Rroms et tous les pauvres devraient s’unir contre cette poignée de décideurs infâmes qui non contents d’exploiter leur misère les désignent à la vindicte des populations droguées par les niaiseries télévisuelles, le sport et les jeux.

 

Cette injustice finira bien par être perçue !

Battons nous pour écraser le Belzébuth capitaliste !

 

 

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