IL EST DES JOURS COMME CA.....

IL EST DES JOURS COMME CA....

Il est des jours comme ça ou l’on se souviens d’une rengaine…

Moi aujourd’hui c’est :

"Nobody knows you when you down and out"…

dans sa première version, celle de Bessie Smith…

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Ce n'est pas vraiment une rengaine...

Vous souvenez vous de Bessie Smith?

Grande dame du blues et qui est morte d’une étrange façon…

Blessée elle a été tranportée vers un hopital …

Refusée (parcequ’elle était black???), elle serait morte sur le chemin du deuxième hôpital en perdant tout son sang…

Ecoutez...

http://www.buridan.net/#

 

Voici les paroles originales:

Once I lived the life of a millionaire

Spendind my money, I didn't care

I carried my friends out for a good time
Bying bootleg liquor, champagne and wine
Then I began to fall so low
I didn't have a friend, and no place to go
So if I ever get my hand on a dollar again
I'm gonna hold on to it till them eagle's green
Nobody knows you when you down and out
In my pocket not one penny
And my friends I haven't any
But If I ever get on my feet again
Then I'll meet my long lost friend

It's mighty strange, without a doubt

Nobody knows you when you down and out

I mean when you down and out
Mmmmmmmm.... when you're down and out
Mmmmmmmm... not one penny
And my friends I haven't any
Mmmmmmmm... Well I felt so low
Nobody wants me round their door
Mmmmmmmm... Without a doubt,
No man can use you wen you down and out
I mean when you down and out

....

Et voici ma traduction personnelle :

Alors que je vivais la vie d’une millionaire

Jetant à tout vent mon argent en l’air

J’attirais des tas d’amis et de bons copains

Des tonnes de liqueur, de champagne et de vin

Puis je m’suis affalé si bas, si bas

Et n’ai plus eu un copain qui vienne vers moi

Et désormais je sais que si j’ai un dollar

Je l’garderai jusqu'à c’que l’vert s’efface du papelard

 

Plus personne ne te connais quand t’es dans l’troisième dessous

Dans ma poche y’a plus un seul sou

Et des amis, n’en ai plus aucun du tout

Mais si je n'arrive pas à me remettre debout

J’irai trouver mon seul vrai copain

C'est peut-être étrange, c’est certain

Car personne ne te connais quand tu es dans le pétrin

Oui je le répète, quand tu es dans le pétrin

 

Hummmmm encore, toujours dans le pétrin

Ils savent que je suis sans un sou

Et des amis n’en ai pas un, c’est tout

Hummmmm Je suis tombé si bas

Plus personne ne me veut à sa porte

Huuuuumm Sans aucun doute

Plus personne ne te vois quand t’es down and out

Oui je te le dis, quand t’es down and out

 

...

Voici maintenant la version de Leadbelly un bluesman à qui l'on doit des thèmes aussi connus que "Bourgeois Blues", "Irene" ou "Black girl".

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Sa voix haut perché nous offre une interpêtation apparemment plus détachée... Moins "mélo"... Mais en réalité toute empreinte de son expérience : il fut condamné à la prison à vie ... Puis gracié...

Une sorte de Jean Valjean!

Ici il modifie, d'aucuns diront maltraite la mélodie originale.... Mais c'est justement cela qui fait la grandeur de la musique afro-américaine (jazz, salsa, samba...)!

Ecoutez le dialogue à la fin... Le naturel de Leadbelly. Un grand!

 

 

Et puis voicio la version d’Otis Redding, l'auteur "Sittin' on the dock of the Bay"...

Une interprêtation toute en retenue qui traduit la grande âme du blues qu’il était…

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Un pathos immense certes... Mais qui n'est pas ridicule...

Ici l'expression "soul music" prend toute sa dimension...

Le "feeling" est là...La tradition du peuple noir!

 

 

 

Une curiosité: l'interprêtation des "Hot Tuna" (formé par deux membres du Jeffeson Airplane).

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"L'âme" du blues est-elle au rendez-vous?

On sort ici du registre du blues.

De style typiquement "picking", on frôle les sonorités blafardes du country (je ne fais évidemment pas allusion, ici, à JJ Cale ou à Johnny Cash)...

 


Et enfin… Clapton...

 

 

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Il nous offre la version du thème de Bessie Smith la plus connue et la plus vendue…

Peut être est-ce là un critère de qualité?

Enregistrement unplugged... C'est à dire avec des instruments acoustiques...

 

Techniquement rien à dire. La voix est bien placée et l'accompagnement, un peu lourd tout de même, est bien.

 

Mais alors... Quid du feeling???

 

Réécoutez Bessie ou Otis..

Là vous avez de la chair, de l'âme, de l'humain... Il ne s'agit pas de faire un "joli" morceau mais d'exprimer une réalité sociologique...

 

Celle bien réelle et bien sentie.... de la dégueulasserie humaine!

Si t'as pas de fric, bonhomme, les gonzesses et les mecs te tournent le dos!!!

Et si t'es déprimé, copain... T'inquiètes, ils ont trop peur que ce soit une maladie contagieuse!

Exit ta chérie, ta famille, tes potes!

Et pas de danger que leur conscience bien protégée par leur boîte de conserve sociale (leur "ti" monde de beauf) ne vienne les chatouiller la nuit!

Vous trouvez, vous, que le style "premier de la classe intello" d'Eric Clapton le fait???

Ah bon!

Libre à vous...

 

Là il s'agit encore d'un choix de classe!

Politique quand tu nous tiens!

 

Bon... D'accord c'est lui le plus connu du lot...

Et il joue "moderne"...

Et alors?

 

Ah oui! Vous l'avez trouvé à la FNAC...

Tandis que les autres...

 

Bien l'bonsoir!

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