LA CALCULETTE DE MR SARKOZY.

 

 

Par exemple Mr Sakozy réplique à une interlocutrice dite de gôôôche :

« Vous avez pris la responsabilité des 35 heures… Et ce sont les petites entreprises qui en subissent les terribles conséquences… ».

Et l’infini du monde est conjuré dans une formule…

Tout est ramené dans un ordre simple, celui du paiement…

 

 

Soulignons le Génie Admirable de Mr Notre Cher Président (GAMNP) qui rigoureusement applique la loi selon laquelle rien ne s’accomplit sans une conséquence égale, absolue.

 

Car Mr notre Cher, très cher même, Président Sarkozy pratique LA mathématique (on ne dit plus « LES mathématiques », c’est passé de mode) ! Il use de l’équation du premier degré pour rassurer le petit bourgeois… Et il lui construit un monde à sa mesure.

 

Cette rhétorique de la loi du talion a ses formes imposées qui sont toutes d’égalité : il faut répondre à ceux qui nous offensent par des menaces, mais surtout tout acte doit être prévenu, antécédé.

 

Pour cela Notre Grandiloquent Président (N.G.P.) se sert volontiers de métaphores technologiques… Si les jeunes des « quartiers » (selon la terminologie ad-hoc) ont une propension (c’est à l’ordre du jour) de se chauffer à la bagnole d’extrême droite (j’en sais quek-chose, j’ai habité place Le Morillon dans le XCIII) notre édile nationale usera de l’image qui fait mouche tout en exaltant une technologie de pointe : "Il faut nettoyer certaines cités. Et quand je dis qu'il faut les nettoyer au Karcher, cela veut dire qu'il faut les nettoyer en profondeur."

 

L’orgueil de devancer où déjouer c’est annuler (" Je préfère risquer en osant, que regretter de ne pas avoir su saisir l'occasion qui se présentait. "), suit un ordre quasi rituel, quasi mythologique (cf. R. Barthe).

 

Comme Mr Poujade autrefois, notre Vénérable Elégant et Supérieur Superlatif Incroyable Edile (V.E.S.S.I.E.) réduit notre monde complexe, humain, sensible à une pure égalité. Il faut quantifier les rapports entre les actes humains et pour lui le triomphe se situe là !

Pour une fois notre V.E.S.S.I.E. est la lanterne de notre cher monde technocratique !

 

 

Faire payer, contrer, exalter la réciproque d’un évènement soit en rétorquant, soit en proposant pour celui-ci une immédiate commission d’enquête, une loi prise au pied levé, un chargé d’étude, une réunion ministérielle improvisée cela fait jubiler la presse mise au pas et produit un bonheur ineffable pour le quidam abreuvé par les médias soudoyés : il y a de l’action simple, nouvelle, manichéenne chaque jour.

 

Ce suspense entretenu ferme le monde sur lui-même et détourne les rares regards qui pourraient se révéler quelque peu scrutateurs. Monsieur Sarkozy nous offre le Meilleur des Mondes !

 

Le panache de notre Guide Omniconscient (G.O.), Mr Sarkozy, consiste à masquer, contourner les valeurs QUALITATIVES, à opposer à l’analyse poly factorielle la statique des égalités (œil pour œil, effet contre cause, un sou pour un sou…).

 

Mr Sarkosy sait bien que l’argumentation démocratique contre son système - mettant en opposition manichéenne SEULEMENT deux termes de l’écheveau intriqué et complexe des causes et des effets - c’est par la DIALECTIQUE qu’elle se construit… Mais cette « dialectique » est bien trop connotée «marxisme »!

« Fichtre mon Cher c’est par trop dépassé ! »

(D’autant que l’on confond ordinairement cette méthode aujourd’hui avec la casuistique !).

 

Dans le monde de Mr Sarkozy, on ne triomphe de la dialectique que par un recours permanant à la calculette.

On énumère, on compute les conduites humaines pour justifier les décision de « bon sens » de notre Considérable et Omniprésent Chef d'état (COC)… COC qui en appelle à la Raison! Comme certains réactionnaires faisaient chauffer la machine de Mr Guillotin en 1793 au nom de cette mythique Raison ! Lesquels avec un certain Napoléon s’empresseront de rétablir les titres de noblesse et l’esclavage !

 

Le danger pour la Calculette Admirable de mr Sarkozy (C.A.S.) c’est la dialectique qui risque, en effet, d’ouvrir ce monde, de l’éclairer ! Il vaut mieux, pour maintenir les avantages des habitués du Fouquet’s, il vaut mieux fermer avec soin cette société en utilisant l'art du computage. Autrement il faut faire simple, utiliser les équivalences terme à terme qui ont l’avantage d’être entendues par tout un chacun même si elles ne rendent aucunement compte de la complexité des problèmes soulevés.

 

Un exemple ?

La justification de nos aimables dirigeants pour l’allongement des annuités de cotisation retraite.

On nous assure, et Mr Sarkozy le clame chaque fois bien haut (la pédagogie c’est la répétition !), que l’espérance de vie a progressé. Donc il convient de travailler plus. Nous sommes au bord du gouffre !

 

Et ce gouffre est généré par ces manants trop nombreux qui partent encombrer, que dis-je polluer nos belles plages privatisables avec l’argent généreusement reversé par l’état à cette multitude de retraités !

Que ces manants travaillent jusqu’à 62 ans

 

Donc le raisonnement de notre plus Grand Penseur Français (GPF) est le suivant. L’espérance de vie a augmentée. La caisse de retraite est en déficit. Donc on augmente la durée de travail (d’abord deux ans, on verra ensuite…)….

Bel exemple de correspondance terme à terme n’est ce pas ?

Mathématique en diable !

 

Pourtant la situation actuelle est facilement indentifiable et permet une approche moins blanc-noir de cette question.

 

« Aujourd’hui 61% des personnes de 55 à 64 ans sont sans emploi. Que va-t-il se passer si on leur impose de partir plus tard à la retraite? Les personnes concernées n’ayant guère de chance de retrouver un emploi, elles resteront plus longtemps aux Assedic. Ensuite, elles auront une pension de retraite amputée, ce qui se traduira mécaniquement par une baisse par une baisse du pouvoir d’achat qui pèsera forcément sur la croissance (et donc sur les rentrées budgétaires).

On nous assure qu’il s’agit uniquement d’un problème démographique. Cette question existe, assurément. Mais ce qui plombe les caisses de retraite, c’est d’abord et avant tout le chômage, le sous emploi, la précarité. Il faut savoir qu’un million d’emplois représente 5 milliards de cotisations dans les caisses de retraite.

Depuis que l'âge légal de la retraite a été fixé à 60 ans (en 1981), nous dit-on, l'espérance moyenne de vie a progressé de six ans. Certes. Mais entre temps l'écart d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre supérieur s'est encore accru, pour s'élever à sept ans. L'usure liée à une tâche pénible est souvent le moyen assuré de terminer sa vie plus tôt que prévu, et ce n’est pas le refus obstiné de prendre en compte la pénibilité du travail qui fera avancer le schmilblick.

Il y a plus grave. En réalité, la vraie notion à prendre en compte est celle de l’espérance de vie « en bonne santé », qui n'est que de 63 ans pour les hommes et 64 pour les femmes, avec toujours un écart de sept ans entre un ouvrier et un cadre. Face à de tels écarts et de telles injustices, il faut s’appeler Laurence Parisot, patronne du Medef, (et dans sa suite l’ineffable Mr Sarkozy-Brunni) pour claironner : « On vit cent ans ; on ne peut s'arrêter de travailler à 60 ». Tout le monde n’a pas l’existence harassante de Liliane Bettencourt. Nombre de ceux qui devraient, dans le futur, partir plus tard, risqueraient de ne plus partir du tout, sauf pour aller au cimetière.

Ajoutons que le gouvernement entend agir sur deux leviers à la fois : le droit au départ à la retraite (qui passerait de 60 à 62 ans) et l’âge du départ à la retraite à taux plein, sans décote en raison d’un manque de trimestres cotisés (qui passerait de 65 à 67 ans). Or cette dernière mesure est le summum de l’injustice. En effet, elle frapperait les plus pauvres, ceux qui ont des « trous » de cotisation, à commencer par les femmes.» (Marianne)

 

Allonger la durée de cotisation ne touchera que les plus fragiles : les employés, les ouvriers… Ceux là même qui ont commencé de travailler le plus tôt…

Bon Prince notre Gentil Chef (G.C.) dit qu’il modulera l’âge de départ à la retraite en fonction de la « pénibilité du travail »…

Mais ces professions très exposées au chômage devront tout de même subir cet allongement des cotisations… Et qui peut nier que de telles conditions n’entraîneront un accroissement de la mortalité des petits retraités ayant eu une activité professionnelle plus précaire, plus éreintante, plus démoralisante… Histoire (mais ici je suis vraiment mauvaise langue) d’avoir moins de bouches inutiles à nourrir… Ah si la canicule s’en mêlait !

Pour les politicards et les friqués (les vedettes média-disantes), ceux qui sont soutenus par un réseau relationnel étendu, aucune crainte pour leur retraite, Mme Woerth s’en occupe ! Monsieur Sakozy continue avec cette scabreuse loi de jouer dans la cour du Fouquet’s avec ses habitués! Ah si cette cynique récréation pouvait cesser !

 

Monsieur notre Super Expert Comptable (S.E.C.) s’est illustré par maint autres petits décomptes simplistes et manichéens…

Je compte un jour les narrer ici dans le détail…

 

Mais avec le dossier « retraites » on tient un bel exemple des compétences et des objectifs de notre Führer Hexagonal!... (FicHtre !)

 

Maintenant nous savons ce qui dirige Monsieur Sarkozy !

Plus encore que ce qui se voit (les belles montres, les beaux z ‘avions, les belles poupées…), c’est ce qui se COMPTE….

Or ce qui se compte est défini comme le réel.

 

Et cette idée du réel est la plus étroite qu’aucune société ait pu définir.

 

Elle repose sur une notion, un concept flou mais bien inscrit dans l’idéal petit-bourgeois : le « BON SENS », le fameux bon sens que tous les fachos du monde attribuent si facilement aux « PETITES GENS »…

Cette petite classe « bling bling » parle au nom des petites gens et gangrène l’esprit du temps en exaltant les valeurs comptables de la bourse…

Et ce pendant qu’une terrible famine explose dans le Sahel… (« nous », « on » y envoie des armes et des soldats en ce moment… Pleure pauvre monde !).

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Cette bourgeoisie « beurre, œuf, fromage » balade son « bon sens » à la manière d’un appendice physique glorieux… ou d’un I-Pod… ou d’un fusil de chasse !

Le "bon sens", organe-outil glorieux propre à séduire les bimbos écervelées et les chasseurs sans gibier….

Mais organe-outil bien particulier puisque pour y voir clair il faut d’abord s’aveugler, se refuser à dépasser les apparences et prendre pour argent comptant les propositions du « réel » (le « ça » de la calculette) et décréter comme nulles et non advenues toutes les ripostes tendant à substituer l’explication à la computation !

 

Oui le « bon sens » est le gardien des équations petites bourgeoises ! Il bouche toutes les possibilités dialectiques, il définit un monde homogène où l’on est chez soi (cf. la politique anti-immigration que les images d’Epinal, Besson et Kourchner soutiennent), chez soi où l’on est à l’abri des troubles (vive la police !) et des fuites du « rêve » (cf. les chouettes financements de la culture… et la loi Adopi !). Les conduites humaines ne doivent être que pur talion (cf. les Rom, les banlieues).

 

Le « bon sens » est cette réaction de l’esprit qui réduit le monde humaniste à des mécanismes directs de riposte.

 

Ainsi le langage de Mr Sarkozy montre comme celui de ses grands prédécesseurs (… Napoléon, Staline, Mussolini, Poujade, Thatcher, Berlusconi) que la mythologie petite bourgeoise implique le refus de l’altérité, la négation du différent, le bonheur de l’identité et l’exaltation du semblable.

 

En général cette réduction du monde à la calculette se prolonge par des visées expensionnistes où « l’indentité » choisie, préparée, sélectionnée (comme Montsanto sélectionne ses graines et éradique toute « mauvaise herbe ») fonde bien vite une « nature » (dénaturée) et définit « l’universalité ».

 

Mr Sakozy tend à nous faire accroire que sa calculette est la bonne, qu’elle se base sur le « bon sens » défini comme philosophie générale, un revigorant de l’humanité. Cela reste à ses yeux une vertu de classe.

 

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Et c’est précisément ce qui est sinistre chez notre « Conducteur Omniprésent et Nécessaire » (...) : il prétend d’emblé à une mythologie, à un dogme de la calculette et il pose la culture comme une maladie…

 

Ce faisceau dogmatique se propage même chez ceux qui osent critiquer notre « Conducteur Omniprésent et Nécessaire ».

 

Regardez autour de vous !

 

(Buridan pour Renelle)

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