"Toute une vie et un soir" de Anna Griffin

Retour sur ma lecture du roman "Toute une vie et un soir" de Anna Griffin publié aux éditions Delcourt

Samedi 7 juin, 18H25. Maurice Hannigan fait son entrée dans le bar du «Rainsford House Hotel». le personnel débordé par les préparatifs d'une réception a déserté les lieux. Maurice patiente en s'observant dans l'immense miroir qui domine l'étagère des alcools. La glace lui renvoie l'image d'un homme marqué par les années – il a quatre-vingt-quatre ans - mais qui a su conserver une certaine classe.

Ce n'est pas une soirée ordinaire pour Maurice. Il en a soigneusement préparé le déroulé. Pendant près de cinq heures, il va se remémorer les événements qui ont marqué son existence. En bon Irlandais, il va adresser des toasts aux personnes importantes à son coeur. Il rend ses hommages en éclusant des bouteilles de stout et des verres de whisky. le vieil homme a grandi au sein d'une famille modeste et a quitté l'école à douze ans. Pourtant, grâce à son travail et à son opiniâtreté, il a pu acquérir des terres et gagner beaucoup d'argent. Mais derrière cette réussite, il y a une existence traversée d'épreuves, aussi son récit est-il souvent poignant.

J'ai éprouvé de la sympathie pour ce vieil homme nostalgique. Heureusement, son ton est léger et souvent ironique. Maurice étonne par sa franchise Son but étant de tout mettre à plat au crépuscule de son existence, il oeuvre pour crever l'abcès d'une vieille culpabilité. J'adresse un seul reproche à ce roman : certains passages trop mielleux tombent dans le sentimentalisme. C'est dommage car Anna Griffin sait aussi émouvoir son lecteur sans trop en rajouter. La fin est parfaitement amenée par un récit agréable à lire.

Bravo à l'éditeur français pour le choix du titre et cette belle couverture !

Je remercie les éditions Delcourt et Babelio pour l'envoi de ce livre dabs le cadre d'une Masse critique.

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