La soupe aux choux de René Fallet

Retour sur ma lecture de la soupe aux choux, un roman de René Fallet

Jaligny ressemble à des tas et des tas de villages : un raz-de-marée a tout emporté. Ils ont appelé ça les Glorieuses. Les jeunes sont partis essaimer en usine, nicher dans les achélèmes, faire les trois huit dans le neuf quatre pour se payer une deux chevaux. Seuls quelques inadaptés, des Bourbonnais pure souche «mi-rouges mi-blancs», sont restés végéter sur place. C'est le cas de deux vieux paysans, le « Bombé » et le « Glaude », qui résident dans des fermes voisines au hameau des Gourdiflots. Ils vivent à l'écart du progrès, en quasi autarcie, profitant d'un art de vivre « à la française ». Ils boivent avec excès, fument du vieux tabac gris et se permettent des distractions toutes rabelaisiennes. Vous connaissez la suite… Un visiteur d'outre galaxie gare sa soucoupe dans le pré du Glaude. Il vient tout droit d'Oxo, un astéroïde qui symbolise notre belle modernité : les excès ne sont pas tolérés, les aliments n'ont pas de goût, les femmes s'autofécondent, le plaisir n'existe pas, tout est régi par un aéropage technocratique. Les moeurs de Gourdiflots sont une révélation pour les Oxiens qui comptent bien s'en inspirer. le film est très proche du roman, les dialogues sont parfois repris au mot près. Et pourtant, j'ai le sentiment que le texte s'essouffle moins que son adaptation, d'autant plus que l'auteur y livre une satire des moeurs villageoises. C'est drôle, haut en couleur, irrévérencieux et c'est surtout plus profond que ça en a l'air. Je reprends ce slogan à mon compte "du pain, du vin et des copains !".

 

 

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