Un titre, un titre, un titre...je ne trouve pas de titre. Sans titre, ça ira.

Ce que je vais dire va peut-être vous sembler terriblement naïf, mais tant pis, je prend le risque.

Les roms, gitans, gens du voyage, quelle que soit leur dénomitation, sont des personnes. Des personnes avec un vécu, des aspirations, des rêves, des espoirs, une volonté, un but, un passé, des failles, des déchirures, des humeurs...

En somme, ils sont tous très exactement comme nous. Comme moi, comme toi qui me lis, même comme ceux qui leur vouent une haine sans bornes.

Alors où se joue la différence? Où se situe le point de rupture qui voudrait que nous soyons - nous, Français - plus humains aux yeux du pouvoir exécutif qu'eux, Français également pour la plupart, mais même?

Parce que je veux bien croire que toute cette application - à la base - pour les montrer du doigt et les désigner comme les coupables parfaits de tous les maux de la société et cet acharnement - ensuite - à les faire dégager comme des chiens galeux fassent partie d'un plan politique visant à déporter les futurs débats pour les présidentielles sur le seul terrain de l'insécurité (bon piège à socialistes), mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il y a quelque chose de plus profond au coeur de tout cela, quelque chose qui toucherait à une idéologie que je pensais évanouie par le temps et figée dans les livres d'histoires.

Si on prend le cas Besson et qu'on fouille dans ses entrailles, on se rend compte qu'il ne répond pas à une idéologie quelconque. En effet, j'envisage mal comment quelqu'un pourrait nourrir des idéaux, les ancrer en lui comme la plus forte des convictions et retourner sa veste dès que l'occasion se présente.

A mes yeux, Besson est un opportuniste, un arriviste, doublé d'un traitre. A ce titre il ne mérite ni intérêt, ni aucune sorte de légitimité ou crédibilité. Pourtant, il est à la tête du seul ministère dont la nature est purement idéologique.

Le ministère de l'immigration peut, comme tous les autres, n'être qu'un ministère de gestion. On gère l'économie, on gère l'industrie, on gère l'environnement et on peut aussi gérer l'immigration. Au cas par cas, sans traitement de masse et dans le respect du droit international, cela va de soi.

Mais peut-on gérer l'identité nationale? Est-ce quelque chose que l'on peut quantifier, adapter aux autres sphères économiques, scolaires, industrielles et j'en passe, de la société? Peut-on négocier avec les syndicats et les différents "partenaires sociaux" pour gérer l'identité nationale?

Je n'en ai pas l'impression...

On a donc un ministre vaguement convaincu à la tête d'un ministère à vocation idéologiste. A part rentrer dans les petits papiers d'un chef hautement idéologue, quel est l'autre intérêt pour Besson de suivre cette ligne de conduite fascisante?

Franchement, je ne vois pas.

Quant à Hortefeux, c'est beaucoup plus simple. Il est aussi, voire plus idéologue que son patron, probablement raciste et probablement nostalgique de la grande époque des chemises noires et des petits arrangements entre amis d'outre Rhin.

Du coup il n'y a aucune raison de s'étonner de le voir suivre ce genre de politique, pour lui c'est comme aller pisser. Un besoin naturel.

Mais que reprochent alors ces gens là aux roms?

C'est ça qui m'échappe.

Parce que dès qu'il s'agit de vanter la beauté de la musique Tzigane, des arts liés au cirque et le génie de ces musiciens hors norme à la culture si riche et particulière, ils s'accordent tous à le faire.

Mais ce sont des parasites, des voleurs, des criminels en puissance, incultes et ignorants, sales et méchants.

Hortefeux a déclaré qu'à Paris, 1 délit sur 5 était imputé à un rom. Ben...pour moi ça veut aussi dire que 4 délits sur 5 ne sont pas le fait des roms...

Et tant que j'y pense, tout ça est basé sur Paris, mais en France - vous savez la France d'au delà du périph' - ça se passe comment? Ils ont des chiffres, encore des chiffres, rien que des chiffres?

Bon, pour en revenir à ma première question, il est possible que la chose la plus dérangeante chez les roms soit leur nomadisme. C'est vrai quoi, c'est quand même incroyable qu'au XXIème siècle il y ait encore des gens usant ce mode de vie archaïque qu'est le nomadisme. Seul vaut le matérialisme que nous offre sur un plateau d'argent le capitalisme. Le reste, c'est du moyen-âge, de la gueuserie crasse et baveuse.

Peut-être sont-ils comme les virus? Une sorte d'organisme volatile qui s'établit à un endroit pour en piller les ressources et repart une fois la chose faite vers un autre corps à pourrir.

Des virus en Mercedes.

En plus ça ne paye pas d'impôts. Ça ne travaille pas pour nos retraites, ne remplit pas les caisses de l'Etat et se permet de squatter des terrains qui feraient d'excellents parkings.

Alors en effet, quand on s'enfonce ce genre de poncif au fond de son petit crâne, on est en faveur de leur déportation.

Déportation : La déportation est l'action de chasser quelqu'un, plus souvent un groupe de personnes, de son territoire ou de son pays, en le maintenant en captivité ou non.

Pas de captivité et 300€ par tête de pipe, elle est pas belle la vie?

Ils y en a qui en arrivent à leur reprocher d'accepter l'argent. C'est dingue.

Vous vous faites dégager d'un pays pour retourner dans un autre où vous n'avez ni avenir ni attache. On vous propose de repartir avec un peu de thunes ou que dalle. Vous faites quoi?

Sincèrement, tout cela me dépasse très largement.

Je suis très jeune, blanc comme un linge, français de "souche", instruit, diplômé et cultivé et je n'arrive pas à comprendre comment des hommes censés être plus sages, plus instruits, plus diplômés et plus cultivés que moi peuvent s'en prendre comme ça à des personnes, des individus, des passés, des aspirations qui ne leur ont jamais rien fait sinon échapper à cette assimilation à française qu'on appelle hypocritement de l'intégration.

Alors c'est ça leur crime? La différence?

A quelques centaines de mètres de chez moi, à la lisière de la ville, il y a un petit camp de roms. Je passe souvent devant en voiture et je redoute le jour où il sera purgé ou juste quitté par ses occupants.

Parce que dès que je passe devant, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'ils sont pauvres (pas de Mercedes, juste des caravanes rouillées), mais ils sont libres...

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