Un avenir à penser

 Organisé par le Secrétariat international permanent « Droits de l’Homme et gouvernements locaux », le Forum mondial des droits de l’Homme se tient à Nantes, du 22 au 25 mai 2013. Cette rencontre internationale se propose de revisiter le concept de développement humain à travers les droits de l’Homme. L’occasion d’inviter les acteurs de la société civile et élus locaux à en débattre.

Pour l’ouverture du FMDH, un hommage à été rendu à Stéphane Hessel en présence de sa femme. Pour l’ouverture du FMDH, un hommage à été rendu à Stéphane Hessel en présence de sa femme.

 

Organisé par le Secrétariat international permanent « Droits de l’Homme et gouvernements locaux », le Forum mondial des droits de l’Homme se tient à Nantes, du 22 au 25 mai 2013. Cette rencontre internationale se propose de revisiter le concept de développement humain à travers les droits de l’Homme. L’occasion d’inviter les acteurs de la société civile et élus locaux à en débattre.

Article de Mohamed el Amine Mahieddine

 

« Développement durable – Droits de l’homme : même combat ? » Telle est la question majeure du 5ème Forum mondial des droits de l’Homme qui s’est ouvert mercredi 22 mai à Nantes, récemment désignée capitale verte européenne. Une centaine de nationalités représentées et près de 4 700 organisations sont attendues au Centre des Congrès jusqu’au 25 mai dans la cité des Ducs, tout un symbole pour cette ville au passé esclavagiste.

Cette nouvelle édition débute au milieu d’un climat politique et social houleux dans la région. « Comment peut-on parler des droits de l’Homme alors que l’on n’écoute pas la population locale qui est majoritairement contre la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes, si cher projet au Premier ministre et ancien maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, affirme une militante manifestant devant le Centre des Congrès. Il faut aussi que les Français sachent que l’État, actionnaire majoritaire du groupe GDF Suez, participe à la construction du barrage de Belo Monte au Brésil, engloutissant au passage le territoire de tribus indiennes et entrainant le déplacement de plus 25 000 indigènes, drôle de droits de l’homme ! » s’indigne-t-elle.

A l’intérieur, dans un climat plus serein, la cérémonie d’ouverture marque le début des travaux où élus locaux, acteurs sociaux, responsables associatifs ont pu apporter un soutien symbolique à la lutte du peuple syrien contre la tyrannie de Bachar El Assad. En partenariat avec Une vague blanche pour la Syrie, les quelques 400 présents ont été invités par Geneviève Garrigos, présidente de la section française d’Amnesty International à brandir un panneau « STOP » pour manifester leur indignation.

Un vibrant hommage posthume à Stéphane Hessel, diplomate et militant politique français, a également été rendu en présence de sa femme. « Si mon mari était encore vivant, il aurait assurément été présent, il était d’ailleurs présent aux forums 2006 et 2008 », affirme-t-elle.

Dans une salle à moitié pleine, les nombreuses interventions en tribune suscitent intérêts et commentaires. « J’espère élargir mes connaissances sur ces questions essentielles et leurs applications dans le monde. J’enseigne le droit de l’environnement donc ce qui m’intéresse c’est l’union entre la protection de l’environnement et les droits de l’Homme et réutiliser ces informations dans mes cours », raconte Carolina, enseignante à la faculté de droit de Prague en République Tchèque.

Alors que les débats se prolonge, nombreux sont les badauds à quitter l’amphithéâtre. « Il y a trop de blabla. On voit bien les limites entre le discours et la réalité du terrain mais cela permet de se faire une idée sur ce que disent les grands pontes, affirme Véronique, retraitée nantaise qui insiste sur le caractère trop institutionnel du débat. Ce ne sont que des mots », rajoute-t-elle.

« Il faut toucher du doigt ce que cela représente et constater de la grande diversité de points de vue et d’échanges, avance Antoine, en visite au forum. Il poursuit : Les pouvoirs publics ne sont pas insensibles à ce qui se dit ici, même si aucune décision ne se prend au terme des débats. »

Pour des réalités concrètes et palpables sur le terrain, l’échange d’idée doit permettre aux valeurs universelles de prendre corps localement.

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