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Billet de blog 7 nov. 2018

Augmentation du TICPE : l'envers du décors

Cas d'école du double discours politicien. L'augmentation du TICPE : l'affichage écologique pour masquer le risque budgétaire

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Allons, allons ! Qui croit que ce gouvernement s'est réveillé un matin d'Octobre en se disant : "Tiens, je sens la fibre écologiste monter en moi. Il faut faire quelque chose !" Il s'agit bien sûr d'une fumisterie politicienne visant à faire passer la pilule en montant les français les uns contre les autres (ceux qui n'ont pas le choix face à ceux qui l'ont et qui ont une conscience écologique). Pratique car l'électorat macronien soit est un citadin en trottinette ou transport en commun, soit se fout de la part de carburant dans son budget.

La séquence de comm' est donc parfaite. Mais si ce n'est pas pour l'écologie, d'où vient cette volonté d'augmentation de la TICPE ?

Rassurons tout le monde, Macron n'a pas changé, c'est un problème de budget.


En effet, une bien mauvaise nouvelle est arrivée fin septembre : la trajectoire budgétaire est dans les choux ! Les dépenses de l'Etat continue d'augmenter (pour qui ? ;) ) tandis que les recettes fiscales sont en chute libre. La surprise du gouvernement est là : l'argent ne rentre pas ! Si quelqu'un au gouvernement avait prêté attention aux théories économiques de ces 80 dernières années (ça fait vieux monde, hein ?), il aurait pu expliquer à ses collègues l'impact d'une politique d'austérité. A défaut, voilà le gouvernement contraint :

  • d'augmenter ces recettes fiscales rapidement pour sauver les meubles
  • de prier pour une croissance suffisante qui masquera le déficit car les médias ne parlent que de déficit/PIB.

L'enjeu est de taille : si lors de sa 1ère année complète, la macronie envoie le budget de l'Etat dans le mur après avoir vanter son efficacité et sa gestion dite "en bon père de famille", ils n'ont pas fini de passer pour des cons (Rrrrho, je vous entends les mauvaises langues !). Oui mais voilà, quelle taxe augmenter ? Prenons les sources des recettes fiscales une par une par ordre d'importance et voyons ce que l'on peut en faire (c'est sans doute la démarche qu'à appliquer le gouvernement) :

La TVA : une taxe qui touche tout le monde. Les élections européennes sont au printemps prochain et ça ne sent déjà pas très bon pour LREM. Sans compter la difficulté de la mise en place et l'impact sur les entreprises. Donc non.

L'impôt sur le revenu : en pleine réforme de l'impôt à la source, le gouvernement sait qu'il va devoir faire avec l'impact psychologique des français qui verront leur fiche de paie diminué. S'ils en profitent pour monter l'IR, cela va faire du bruit.

L'impôt sur les sociétés : l'objectif de Macron est de le diminuer. Il passerait pour un gland s'il le réaugmentait. Et puis c'est un président pro-business, il soigne donc cet électorat. Pas touche.

La TICPE : Aaaah ! On arrive à une taxe intéressante. Elle est en baisse depuis des années (sauf 2016). En effet, les français consomment en moyenne de moins en moins de carburant (oups, les éléments de langages sur l'incitation écologique tombent à l'eau...), et comme ils en consomment moins, les rentrées fiscales sont en baisse aussi (environ 15% de moins qu'en 2011). Et comme dit plus haut, ça affecte préférentiellement les gens qui ne votent pas Macron. Voilà qui est parfait !

En conclusion, ce petit billet est là pour montrer deux choses. La première concernait le double discours politique (cause affichée / cause réelle) qui est extrêmement fréquent et qui doit systématiquement nous interroger. La deuxième concerne l'incompétence économique du gouvernement actuel et la panique qui s'en suit aujourd'hui alors que les indicateurs budgétaires sont dans le rouge.

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