Ménard à Béziers : Gouverner par la peur plutôt que par la raison

À Béziers, les forces de la peur sont à l’œuvre. Là comme ailleurs, il convient de s’y opposer car ce sentiment est toujours néfaste quand il s’agit d’en faire une politique.

Rejetant 40 migrants accueillis par la Cimade de sa commune, Robert Ménard, maire marino-lepéniste de Béziers, a choisi d’exprimer sa xénophobie (littéralement : sa peur de l’étranger) par voie d’affiches, en utilisant les codes anxiogènes de la propagande fasciste : faire peur et désigner un bouc-émissaire. Élu local irresponsable, il fait tout sauf garantir la paix civile, ce qui est une de ses fonctions essentielles en tant que maire.

En gouvernant par la peur plutôt que par la raison, il devient l’agent insensé d’une radicalisation tout aussi dangereuse que le fondamentalisme islamiste qu’il prétend endiguer car il échauffe les esprits d’une population qui, même et surtout par ce qu’elle l’a élu, aurait besoin d’un grand pédagogue pour lui rappeler qu’elle est le produit d’un mélange d’autochtones, certes, mais aussi d’exilés provenant des pays méditerranéens voisins, chassés de chez eux par la misère, la guerre civile ou la dictature. Le fondateur de Reporters Sans Frontières montre aussi comment on passe du rouge au brun quand on sombre dans un délire paranoïaque.

À Béziers, les forces de la peur sont à l’œuvre. Là comme ailleurs, il convient de s’y opposer car ce sentiment est toujours néfaste quand il s’agit d’en faire une politique.

Richard Amalvy

 

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