L âge de la magie

Nous avons toujours été dans l 'âge de la magie .

Un je ne sais quoi qui perdure et qui perdurera. 

Depuis toujours.

Notre transcendance immanentiste est notre composition la plus fondamentale.

  Malgré l'essai de conciliation entre la réflexion humaine et  les données des sciences appliquées. 

Le refoulement de l idée de finitude  accentue la position des faiseurs de rêves, des magiciens. Le baton de pluie a  remplacé le mythe du progrès. Les rebouteux, les donneurs de leçons, les prophètes de tout poil, les économistes de la dernière heure. Ils sont tous là. A donner les onguents nécessaires à une maladie d'essence congénitale. 

On nous parle de conquête ininterrompue des sciences sur le réel, mais lieu d'une  bataille soubassement nécrosée.  Le fossé s 'est creusé, l'eau croupie l'a remplie. Le réel et le malade. Nous sommes les malades du réel, de cette nature incompréhensible. Moi, je , toi, il. décomposition cioranique d'un essai d'analyse voué a l 'échec. Le franco-roumain se retourne dans sa tombe. 

Ce fossé est devenu un gouffre,; plus nous comprenons, plus nous devenons ignorant. C 'est peut être un retour éternel  . Un aller-retour entre le savoir et l ignorance. Unes sorte d'ondulation captée par les méga-ordinateurs. L'homme,   sempiternel étranger d'une nature redevenue Gaia sous les mots-Dieu de Lovelock. Nature et culture, deux frères jumeaux. Qu'est ce qui relève du naturel ?, qu'est ce qui relève du culturel ? Le batôn de pluie est alors nécessaire. Les onguents sont attendus pour comprendre. 

Magiciens, magiciens. Ils sont tous lâ, et je les attends. J'ouvre ma porte. Une sorte d'auberge espagnole remplie de grecs et de phtisiques, d'exaltés du moi. Celui du centre est le plus beau, le plus grand, le plus intelligent. Ses habits d 'apparats scintillent dans l'obscurité de mes neurones. Il m'impressionne. Moi, le simplet, l'idiot, l'homme du peuple. Il me touche et déja, la chaleur de sa peau éclaire la pièce d'une obscure clarté. Il me dit : " L'univers, le réel , tel que l 'homme l'appréhende , est rabaissé au rang de phénomène kantien. 

 

J'acquiesce mais je ne comprends pas. J'ai besoin de magie. 

 

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