Seconde conférence sur le handicap: le faire semblant?

La seconde conférence sur le handicap vient de se tenir, à Paris, le 8 juin. On y a entendu les interventions du Président de la république, de Mme Bachelot, ministre des solidarités et de Mme Montchamp, secrétaire d’état aux mêmes solidarités.

La seconde conférence sur le handicap vient de se tenir, à Paris, le 8 juin. On y a entendu les interventions du Président de la république, de Mme Bachelot, ministre des solidarités et de Mme Montchamp, secrétaire d’état aux mêmes solidarités.

Politique d’intégration scolaire oblige, était également présent le ministre de l’éducation nationale Mr Luc Chatel ;

L’auditoire est principalement composé des acteurs essentiels du secteur c’est à dire les représentants des associations impliqués dans le domaine du handicap (associations de parents, d’usagers, gestionnaires d’établissement, associations de professionnels etc ..)

 

On en retiendra, en ce qui concerne les enfants :

 

- l’accent unanimement mis sur la nécessité d’étendre l’intégration scolaire, revendication princeps des associations de parents d’enfants handicapés, et qui constitue un pilier de la loi de 2005.

- l’exigence d’articuler, de façon réellement fonctionnelle, les dispositifs de soin (représentés notamment par les institutions medico sociales) et les équipes pédagogiques de l’école.

- Et l’appel insistant aux associations, souvent promoteurs et gestionnaires des établissements medico sociaux, pour la mise en œuvre de cette politique.

 

Au cela de la polémique sur le bilan (le nombre d’enfants réellement scolarisés est, très probablement surévalué, tout comme l’est l’importance du recrutement des auxiliaires de vie scolaire -AVS- et l’étendue de leur formation), un constat l’emporte : il reste beaucoup à faire !

 

Mais alors, dans ce cas, pourquoi mettre en cause l’existant, surtout quand il fonctionne de façon adaptée depuis longtemps et qu’il fut même pionnier en la matière !

 

Les CMPP se trouvent au centre même de cette problématique.

Structure de proximité, le plus souvent associatives, ils dispensent les soins indispensables, et sont d’un accès facile pour tous, grâce à la prise en charge financière intégrale par les caisses d’assurance maladie.

Mieux leur fonctionnement ambulatoire, n’entravant guère l’insertion à l’école, cadre parfaitement dans les préoccupations des parents et des pouvoirs publics.

 

Enfin, la moitié d’entre eux disposent de personnels issus de l’Education Nationale ( psychologues scolaires, rééducateurs, directeurs pédagogiques).

Ceux-ci, de par leur formation spécialisée, assurent l’aide aux jeunes patients et grâce à leur connaissance du milieu scolaire sont une interface précieuse entre soin et pédagogie.

 

Or, c’est justement cette catégorie, dont le travail est au centre même de la politique d’intégration qui se trouve mise en question par la politique de suppression de postes enclenchée par le ministère de l’Education Nationale dans nos établissements, depuis maintenant plus de trois ans.

 

Les CMPP sont tout à fait partis prenante, tant par nature que par conviction, de la volonté d’ouverture de l’école de tous à tous.

Ils peuvent être un maillon précieux pour y contribuer.

 

Encore faudrait il qu’on ne les prive pas des moyens les plus pertinents pour cette mission !

Cf la pétition des CMPP : http://nonalacasse.des.cmpp.free.fr

 

Dr Richard Horowitz

Président de la FD CMPP

 

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