AUX JEUNES DE CE PAYS ET DES AUTRES : AU SECOURS !

Le terrorisme intégriste et l'extrême droite se donnent la main pour prospérer en creusant les divisions, les particularismes, les antagonismes. Certains politiques leur emboîtent le pas, d'autres sont impuissants. Si d'autres voies ne s'ouvrent pas, les temps prochains risquent d'être très difficiles... Sisco pourrait n'avoir été qu'une première escarmouche....

 

AUX JEUNES DE CE PAYS ET DES AUTRES : AU SECOURS !

 Depuis deux ans, presque 250 personnes ont été assassinées en France et une cinquantaine en Belgique par une trentaine de terroristes se réclamant de Daesh. C’est énorme, révoltant.

Mais ne serait-ce que pour ne pas sombrer dans la psychose dans laquelle on voudrait faire basculer l’opinion, il faut tout de même se souvenir que chacun a, chaque année, presque 20 fois plus de probabilités de mourir dans un accident de la route que dans un attentat ou que les morts se comptent par dizaines ou centaines de milliers au Moyen-Orient et en Afrique. Le seul attentat du 3 juillet 2016 à Bagdad a fait 324 morts. Même si ce n’est ni une consolation ni une excuse, ne pas oublier que si ça peut être très dur ici, c’est souvent encore bien pire ailleurs et les grandes puissances, dont la France, n’y sont souvent pas pour rien.

La situation est grave. Mais sans doute bien moins que ce qu’elle sera bientôt si rien n’est fait d’autre que ce que proposent le gouvernement actuel et ceux qui aspirent à le remplacer. Il faut que la jeunesse s’en mêle, l’écrasante majorité des jeunes, quels que soient leurs origines, leur sexe, leur milieu, leur nationalité, leur religion ou leur absence de religion. Sans exagérer, le risque est réel que la société se morcelle encore plus qu’elle ne l’est, que les déchirures se multiplient et que des affrontements violents se produisent entre les groupes sociaux, les « communautés » qu’on aura réussi à dresser les unes contre les autres pour le plus grand profit des intégristes islamistes mais aussi des intégristes lepénistes. La rixe de Sisco pourrait n’avoir été qu’une première escarmouche !

Exploitant des mécontentements souvent légitimes –pauvreté, oppression, mépris social--, ces intégrismes, d’ailleurs relayés par une partie des responsables politiques, entretiennent le racisme des uns, le sentiment d’exclusion des autres. Le nombre d’actes racistes à l’encontre de musulmans ou supposés tels a explosé : + 235% entre 2014 et 2015. Lepénistes et islamistes se font la courte échelle même si, pour l’heure, ce sont les seconds qui sont à l’offensive quand les premiers n’ont même pas besoin de parler pour engranger.

L’intégrisme islamiste, en réalité un mouvement politique extrémiste, camoufle derrière un discours religieux frelaté son projet d’installer sa tyrannie sur le monde musulman… pour commencer. En spéculant sur l’oppression que subissent les Palestiniens, en captant le désespoir et la colère générés par l’accaparement des richesses par des cliques dictatoriales au Maghreb, au Moyen Orient et en Afrique. En jouant sur le profond malaise d’une partie de la population, à commencer par les jeunes d’origine immigrée des quartiers populaires en Europe, particulièrement en France.

Les attentats sont soigneusement ciblés pour faire un maximum de victimes et soulever effroi et indignation : Charlie-Hebdo, un magasin Hyper-casher, le stade de France, des terrasses de café, le Bataclan, des policiers à leur domicile, la promenade des Anglais, un prêtre dans son église. Daesh n’espère évidemment pas vaincre militairement le gouvernement français à qui il ne demande d’ailleurs rien de précis. Son objectif réel est de dresser une partie de la population française contre les « musulmans », français ou étrangers, croyants ou pas, pour que, victimes d’un racisme exacerbé, ils se radicalisent à leur tour et rejoignent l’Etat islamique.

Bien que les conséquences immédiates soient moins tragiques, l’affaire dite de la rixe de Sisco est révélatrice de ce qui risque de se produire à l’avenir, à une tout autre échelle. Une altercation sur une plage de Corse entraîne une bagarre générale entre quatre familles de Bastia d’origine marocaine et plusieurs dizaines de villageois. Bilan cinq blessés à l’hôpital, trois voitures incendiées et des centaines de personnes dans les rues de Bastia criant « On est chez nous ! ». On n’est pas loin des ratonnades évoquées avec nostalgie par une certaine extrême-droite.


Exploitant cette affaire –où d’ailleurs personne ne portait le burkini--, une trentaine de maires ont pris des arrêtés interdisant ces tenues. Derrière les prétextes de la laïcité, de l’hygiène, du féminisme et de l’ordre public, c’est bel et bien la volonté de stigmatiser les « musulmans » qui s’exprime. Résultat, une libération de la parole raciste d’un côté, un sentiment de stigmatisation accru de l’autre et, alors que la plupart des plages n’avaient jamais vu de burkini, ses ventes ont, paraît-il, explosé ! Il est, hélas, peu probable que la décision du Conseil d’état condamnant les arrêtés anti-burkini mette un terme à cette polémique grotesque. Attentats à répétition, rixe de Sisco, affaire du burkini… Tout baigne pour Daesh et Le Pen !

Pratiquant la danse du ventre pour séduire les électeurs racistes, les dirigeants de droite se font en quelque sorte les porte-paroles du Front national. Un festival : restrictions sur le droit du sol, suppression du regroupement familial, extension de la déchéance de nationalité, placement en centres de rétention sans jugement et sans limitation de durée des fichés S (20 000 personnes…), sanctions pénales pour consultation de site djihadistes, mise hors la loi du salafisme, fermeture de mosquées, expulsion d’imams, contrôle d’identité préalable à l’inscription sur les réseaux sociaux, tests de dépistage de radicalisation dans les collèges et les lycées, interdiction de diffusion du nom et des photos des terroristes et bien sûr, loi et révision constitutionnelle pour interdire le burkini. Un galimatias (non exhaustif !) de mesures bien incapables de dissuader des terroristes prêts à mourir en massacrant mais dont la reprise par quasiment tous les candidats de droite ne peut que renforcer chez les électeurs le sentiment que le FN le disait avant et mieux. Plutôt l’original que la copie ! Symétriquement, le seul énoncé de ces mesures aboutit à stigmatiser ceux qu’elles proposent d’espionner, de sanctionner, d’expulser, d’incarcérer sans décision de justice : les « musulmans », faisant d’eux des suspects à perpétuité. Exactement ce que recherchent les intégristes islamistes et lepénistes.

Le gouvernement ne fait pas mieux. Certes, président, premier ministre, ministres se précipitent sur les lieux après chaque attentat, prennent en toute circonstance un air martial pour assurer que « Nous sommes en guerre » et promettent des moyens supplémentaires et des droits nouveaux (renseignements, perquisitions, assignations à résidence) pour la police, l’état d’urgence ad vitam aeternam, etc… A en croire le gouvernement, cela aurait permis d’éviter certains attentats. Peut-être, mais, à l’évidence, pas tous ! Car, contrairement à ce qu’il assure, la solution ne peut pas être purement militaire ou policière. Non, bien sûr, qu’il ne faille pas enquêter sur les réseaux terroristes et les empêcher d’agir autant que faire se peut. Mais, comme les faits en témoignent et comme certains responsables policiers en conviennent, il est impossible de surveiller tout le monde tout le temps, en particulier dans les cas de radicalisation rapide, solitaire et/ou secrète. L’action de la police est indispensable, mais elle ne peut pas à elle seule résoudre le problème. Même chose pour ce qui concerne la lutte contre la radicalisation. Il faut bien sûr la mener, tenter d’arracher les individus concernés à l’impasse criminelle dans laquelle ils s’engagent –et un certain nombre de responsables musulmans dont la mère d’une des victimes de Mohamed Merah fait un travail admirable. Mais plusieurs exemples témoignent des limites de la pratique : tel jeune libéré apparemment déradicalisé repart en Syrie quelques semaines plus tard, le jeune assassin du prêtre Jacques Hamel avait semblé suffisamment déradicalisé pour être libéré et placé sous bracelet électronique. A noter, au chapitre des incohérences, que les prisons où sont enfermés les radicalisés et ceux qui ne le sont pas encore, sont l’un des principaux lieux d’endoctrinement.      

Dans une lettre ouverte publiée par Libération le 3 août 2016, l’écrivain Edouard Louis et le philosophe Geoffroy de Lagasnerie interpelaient le premier ministre : « Manuel Valls, vous n’avez rien fait contre le terrorisme ». Relevant que la réponse du gouvernement se place exclusivement sur le terrain policier, ils insistaient sur l’absolue nécessité de s’attaquer aussi aux raisons qui conduisent des jeunes, pour la plupart élevés et scolarisés en France (quelques-uns en Belgique), le plus souvent nés en France et de nationalité française à basculer dans l’intégrisme et le terrorisme. « A chaque fois que la biographie d’un des auteurs d’une attaque est publiée, nous y lisons les mots « prison », « misère » (pas seulement économique), « racisme », « homophobie », « violences exercées sur les femmes », « chômage », « exclusion scolaire », « relégation urbaine », « précarité », etc » constataient-ils. Concluant à juste titre « Vous n’avez rien fait contre le terrorisme. Car rien n’a été entrepris contre les causes de la violence politique et sociale, contre les structures qui l’engendrent, contre les conditions de vie qui font naître chez un individu le désir de destruction. »

Piqué au vif, Valls répliquait dès le lendemain dans le même journal « Nous faisons tout contre le terrorisme » vantant --pour changer !-- les actions de son gouvernement en matière de renseignement, de répression et de déradicalisation mais s’efforçant également de glorifier l’action sociale du gouvernement. Difficile de résister au plaisir de le citer : « Qui peut sérieusement soutenir que le gouvernement détourne les yeux face aux inégalités sociales, au chômage, à l’exclusion, aux discriminations, à la situation dans nos quartiers ? » On croirait entendre un ministre de gauche ! Quelques chiffres pour relayer l’enthousiasme de M. Valls : un million de chômeurs de plus depuis l’élection de Hollande, entre 5 et 8 millions de pauvres, un million de salariés qui gagnent à peine 800 €, presque 4 millions de mal logés, autant de bénéficiaires de l’aide alimentaire, trois millions d’enfants sous le seuil de pauvreté, encore et toujours des discriminations à l’embauche et le désespoir de pans entiers de la population, dans les quartiers mais pas seulement. A l’inverse, le montant des 500 plus grosses fortunes de France est passé de 390 milliards d’€ en 2014 à 460 en 2015, presque 18% d’augmentation… Autant que le SMIC ?  Et, pour le symbole, le coiffeur du président à 10 000 € par mois.

« Alors que nous avons refondé l’école de la République, pour que l’égalité des chances ne soit plus une promesse se heurtant au mur des réalités. » s’auto-félicite M. Valls. Egalité des chances ? 85% d’élèves boursiers dans certains lycées, moins de 5% dans d’autres. « Ce qu’on attend de l’école, c’est qu’elle corrige les inégalités. On ne lui demande pas de les reproduire et encore moins de les amplifier ! » déclare au Monde du 25 août 2016 Yann Algan, professeur à Sciences Po et spécialiste de l’éducation.

 « Alors que nous faisons tout pour casser les logiques de ségrégation, pour ne rien laisser passer en matière de racisme, d’antisémitisme, d’homophobie. Pour que chacun se sente pleinement citoyen, partage une même envie de construire l’avenir ensemble. » se gargarise le premier ministre. Il est trop modeste pour détailler mais il pense sans doute à la promesse reniée du récépissé de contrôle d’identité, au renoncement au droit de vote des étrangers aux élections locales, à la déchéance de nationalité pour ceux qui, même nés en France, ont la double nationalité et, plus récemment, pour finir en beauté, à son soutien réitéré aux maires qui prennent des arrêtés interdisant le burkini et à la modestie qu’il exige des musulmans. Et un peu moins d’arrogance creuse du catalan imbu de lui-même, jamais ?

Au-delà des formules grandiloquentes dont se paye le premier ministre, les faits sont là. Les inégalités s’accroissent entre riches toujours plus riches et pauvres toujours plus nombreux, plus précaires, plus marginalisés, plus méprisés. Et, parmi eux, tous ceux qui se sentent en plus discriminés à cause de leur religion, celle qu’ils pratiquent ou celle qu’on leur prête, de la consonance de leur nom ou de leur prénom, du teint de leur peau… ou du quartier qu’ils habitent. Loin de « tout faire » pour leur tendre la main, mettre en œuvre avec eux des solutions, combattre les préjugés, répéter que chacun est ici chez lui, de plein droit et autant que les autres, la droite joue une vilaine musique aux sous-entendus racistes… reprise mezzo voce par le chef du gouvernement de François Hollande. Oui, Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie ont cent fois raison : François Hollande et Manuel Valls n’ont rien fait de ce qu’il aurait fallu contre le terrorisme. Pire même, en menant une politique économique favorable aux riches, en renonçant aux mesures qui auraient été des mains tendues (récépissé de contrôle d’identité, droit de vote aux élections locales), en bataillant stupidement pour la déchéance de nationalité, en soutenant les maires anti-burkini et en demandant de la discrétion aux musulmans, ils contribuent – peut-être involontairement mais la nullité politique n’est pas une circonstance atténuante— à marginaliser des pans entiers de la société, particulièrement la jeunesse des quartiers en difficulté, terreau à partir duquel des personnalités fragiles peuvent se faire endoctriner et, pour quelques-unes, basculer  dans le terrorisme. 

La situation est explosive. Il faut calmer le jeu disent certains. Certes, mais comment ? Prier pour que ne se produise pas de nouvel attentat, pour que cesse la canicule, que la saison des bains de mer prenne fin sans qu’aucun incident façon Sisco en pire n’ait lieu ?

Ce n’est évidemment pas assez. Il faut trouver les moyens de sortir de la situation économique, sociale, politique qui fait qu’une partie de la population trouve un exutoire dans le racisme et qu’en regard, une autre partie, victime des mêmes maux et du racisme en plus, se retranche dans le repli communautaire et pour quelques égarés se tourne vers le terrorisme.

On l’a vu, les politiques –du moins beaucoup d’entre eux, ceux qui donnent le ton, à droite et au gouvernement— ne sont pas à la hauteur. Leur préoccupation essentielle est de surfer sur la vague, n’importe quelle vague, pourvu qu’elle leur offre le seul bénéfice recherché : le pouvoir, sa conquête, sa conservation ou sa reconquête. Il n’y pas grand-chose à attendre de la plupart d’entre eux. De plus en plus de gens en sont convaincus… le risque étant qu’écœurés, ils soient nombreux à se tourner vers le pire !

La solution, si elle existe, est en grande partie chez les jeunes. La grosse majorité d’entre eux, des deux sexes, de toutes origines, nationalité, religion ou absence de religion et tous les milieux.

Oui, même les enfants des couches favorisées. Parce qu’eux aussi paieront cher si ça tourne mal. D’abord en risquant d’être victimes d’attentats, au stade de France, au Bataclan, sur une terrasse de café, sur la Promenade des Anglais ou ailleurs. Mais aussi et surtout parce que le monde qui s’annonce s’ils laissent faire sera bouffé par le racisme, encagé par des lois liberticides, des contrôles de police et un espionnage généralisés destinés à maintenir un ordre social inique sous le prétexte de « combattre le terrorisme ». Etre la génération qui a laissé s’établir l’autoritarisme ou pire, et, pourquoi pas, l’apartheid, ne peut être un idéal pour personne même quand on n’est pas matériellement dans la situation la pire.

 

Les jeunes des quartiers populaires auraient tout à perdre à se laisser enrôler chez les intégristes de l’un ou l’autre bord. Même Français « de souche », les jeunes des quartiers populaires auraient bien tort d’espérer quoi que ce soit de l’extrême-droite sinon des discours de haine à l’encontre de leurs copains du quartier et peut-être quelques promesses illusoires sur la « préférence nationale ». Pour le reste, ils resteraient des racailles, des délinquants potentiels et des chômeurs professionnels aux yeux de l’aristocratie du FN, genre Philippot ou héritières Le Pen.

Quant aux autres, en particulier ceux dits musulmans, ils auraient encore plus tort de se laisser prendre aux discours, vidéos, prêches des intégristes islamiques. Outre les risques qu’ils prendraient pour eux même et pour les autres, ils contribueraient à faire exploser les quartiers. Sisco puissance n. C’est justement dans les cités populaires, là où vivent beaucoup d’immigrés et de descendants d’immigrés à côté, évidemment, de beaucoup de « céfrans » que la machine infernale enclenchée par les extrémistes islamistes et nationalistes provoquerait le plus de dégâts, y compris physiques sans, évidemment, résoudre la moindre difficulté sociale. 

Loin de se laisser dresser les uns contre les autres, il faut au contraire que les jeunes –les autres aussi, naturellement, mais les jeunes surtout-- se rassemblent pour exiger que les conditions de l’exclusion de certains d’entre eux disparaissent. Pas avec un nième plan banlieue, la réfection de quelques cages d’escalier et la visite d’un ministre avec trente caméras. Mais une vraie révolte de la jeunesse contre le monde qu’on leur prépare.

Avec, mais ce ne sont que des exemples, des objectifs simples et ambitieux : la mixité sociale à l’école pour commencer. Un minimum de 30 % d’enfants de catégories pauvres dans les classes de quartiers privilégiés et une même proportion d’enfants des classes moyennes ou supérieures dans les établissements des quartiers populaires. Avec des bus pour transporter les élèves d’un quartier à un autre. L’idée n’est pas très originale : c’est ce qui s’est fait aux USA après les émeutes des noirs américains pour sortir leurs enfants des ghettos dans lesquels ils étaient enfermés.

Idem pour la mixité dans l’habitat. Pas plus de 60% et pas moins 40% de riches et de pauvres dans tout quartier. Autrement dit, pendant toute une période, seuls des revenus modestes peuvent s’installer à Neuilly tandis que seuls des plus riches peuvent s’établir à La Courneuve. Impossible ? Non, si des logements sociaux sont installés à Neuilly et des logements de standing construits à La Courneuve en même temps qu’y sont développés des transports, des équipements, etc… Ça s’appelle la gentrification contrôlée !

Des objectifs difficiles à atteindre. Qu’il faudra imposer par des manifestations, des grèves, des actions à inventer. Il n’est question, ici, ni de définir un programme ni des moyens de le mettre en œuvre. Mais d’insister sur l’urgence de prendre les choses en main. Des Nuits debout ? Oui, mais pas forcément la nuit et surtout partout dans les quartiers populaires, dans les cités, dans les villes de banlieue, rassemblant des habitants des centres-villes et des quartiers périphériques pour combattre le racisme, l’intégrisme et ce qui les provoque et les entretient, la misère matérielle et morale.

 

Richard Moyon

 

 

Le bon Dieu n’y est pour rien !

 Qu’on soit croyant ou pas, aucun Dieu n’a rien à voir dans ces crimes de malades mentaux agissant dans une société malade.

 Un père et une mère assassinés sous les yeux de leur enfant de 3 ans… pour faire plaisir au bon Dieu ?

 Un prêtre de 86 ans héroïquement égorgé dans son église par deux garçons de 19 ans. Un bel exploit dont Dieu devrait être fier ?

Père brutal, mari violent, alcoolique, hétérosexuel débridé et homosexuel mal assumé, il écrabouille 86 personnes au 19 tonnes dont 10 enfants et une trentaine de musulmans… Une offrande à Dieu ?

Honnêtement, si le bon Dieu, c’est ça, autant demander l’asile chez Satan !

  

Entrer dans l’Histoire, peut-être… mais celle de la psychiatrie

 Même quand les auteurs d’attentats prétendent avoir des motivations religieuses ou politiques, leurs actes relèvent pour une bonne part de la psychiatrie.

 Le suicide théâtralisé au travers d’un meurtre de masse d’une personnalité qui se sent en échec, méprisée socialement, est un phénomène connu en psychiatrie. Les tueries régulières à l’arme à feu dans les écoles et les universités américaines l’illustrent tragiquement comme, dans un autre genre, le crash dans les Alpes par son copilote de l’avion de la Germanwings et de ses 150 occupants. Il avait annoncé à sa compagne, quelques temps auparavant, qu’il allait commettre un acte qui le ferait connaître du monde entier. S’il ne s’était pas appelé Andréas Lubitz, mais avait porté un nom musulman, il ne fait aucun doute que le terrorisme islamiste aurait été incriminé.

 Lubitz n’a pas tenté de donner un sens à son acte mais quatre ans auparavant, en juillet 2011, un autre malade mental, Anders Behring Breivik, Norvégien d’extrême droite, l’avait fait. Il avait déposé une bombe à Oslo devant le siège du gouvernement, faisant 8 morts, et quelques heures plus tard, massacré à l’arme à feu 69 jeunes du parti Travailliste dans l’ile de Utoya où ils tenaient une réunion.

Tous les « héros » des attentats de ces deux dernières années se considéraient comme nuls socialement, le plus souvent en situation d’échec, pour beaucoup ayant fait de la prison, chômeurs ou survivant de petits boulots. Leurs gestes sont des formes délirantes de revanche sociale et une tentative monstrueuse de laisser leur trace dans l’histoire.

 Sauf que c’est maintenant probablement raté : il y a trop de monde au portillon. On se souvient – avec horreur—du nom de Lubitz et sans doute de celui des frères Kouachi et de Coulibaly parce qu’ils ont été « novateurs ». Mais qui se souvient du nom du débile qui pour attaquer une église à Villejuif a assassiné une fille de 30 ans pour lui voler sa voiture avant de se tirer maladroitement une balle dans la jambe… et d’appeler le SAMU parce que bobo la cuisse ?

 

 

 

 

 

 

 

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