Maintenant ou jamais ?

Comme le dit Greta Thunberg, « la maison brule » . Comme le dit Nicolas Hulot, l’enjeu de l’avenir de la planète se joue maintenant, pas dans quelques années, il y a urgence.

Pourquoi faut-il qu’un éminent médecin, le Pr Didier Raoult, qui pourtant oeuvre pour la santé et donc le bien-être de toutes et de tous, soit néanmoins sceptique sur le problème vital du réchauffement climatique ? Peut-être, et même certainement, n’a-t’il pas eu à sa disposition toutes les données scientifiques en matière d’environnement, qui lui auraient permis de poser un diagnostic environnemental de qualité indiscutable ?

L'Homme Universel n'existe plus 

L’Homme Universel, tel que la Renaissance l’envisageait, n’existe pas ou bien n’existe plus. Il n’est plus aujourd’hui concevable qu’une personne, aussi érudite et cultivée soit-elle, maîtrise la connaissance dans tous les domaines en particulier en matière scientifique. Aussi est-il nécessaire d’écouter attentivement tous les scientifiques, et d’essayer de manière raisonnée de synthétiser les résultats de leurs nombreuses études.

Cette synthèse, ainsi que les décisions et les choix fondamentaux qui en découlent, doivent être faits par celles et ceux qui nous gouvernent, cela sans aucune couleur politique. De la capacité de nos gouvernants à prendre leurs responsabilités, dépend la vie et la survie de nos enfants et petits enfants.

Soyons clairs, ce n’est pas le médecin de ville ou bien le pharmacien d’officine dans sa pharmacie de Nice ou de Marseille, qui a le pouvoir de décider des outils et techniques qui vont permettre de lutter contre le réchauffement climatique. Par contre, la bonne volonté est bien présente chez tous ceux-là qui n’attendent que les directives des instances sociétales, pour se mettre à l’oeuvre pour le bien de tous.


C’est maintenant ou jamais


Aujourd’hui, toute la société, toutes les sociétés dans les divers pays et continents sont mobilisées pour lutter contre le danger actuel qui est la pandémie due au virus Covid 19. Autant de bonnes volontés, autant de moyens financiers soudainement déployés, autant de coordination et de coopération entre les états, ceci est bien la preuve qu’il est aujourd’hui possible, lorsque l’objectif à atteindre est clairement défini, d’unir ses forces et de tout mettre en oeuvre pour obtenir le résultat souhaité par tous, c’est à dire l’éradication de la pandémie mondiale.

Tous les pays n’ont de manière évidente, pas les mêmes capacités et technologies disponibles pour faire face à cet adversaire invisible. Les vieilles nations ainsi que le nouveau monde qui jusqu’alors ne manquaient pas d’une certaine suffisance pour se prononcer avec aise sur tous les sujets, que ce soit en matière de santé, d’agriculture, d’économie ou bien d’environnement, sont aujourd’hui bien dépourvus et très en retard par rapport aux pays d’Asie, lorsqu’il s’agit d’appliquer avec méthode des mesures scientifiques efficaces de lutte contre la pandémie actuelle.

Comme le précise le Pr Didier Raoult, dix ans de retard sont à déplorer entre la France, qui pourtant possède une infrastructure sérieuse en matière de santé, et la Chine, la Corée du Sud ou bien Taiwan dont les capacités à traiter efficacement une pandémie virale du type de celle que nous subissons, sont incomparablement supérieures.

La politique timide dite "des petits pas"

Quand les nations doivent faire, des années à l’avance, des choix qui sauveront plus tard des milliers ou des millions de vies, que ces choix doivent être faits en matière d’infrastructures de santé, ou bien en matière d’avenir environnemental, il ne faut plus pratiquer la politique timide dite « des petits pas ».

Les « petits pas » ne sont pas plus efficaces que les énièmes compromis, car lorsque seulement la moitié du travail requis est fait, le résultat final est à peu près nul. Un chirurgien n’opère pas à moitié son patient, il l’opère à 100%, condition sine qua non pour obtenir le résultat souhaité. Les gouvernements de toutes les nations vont-ils continuer à parer uniquement au plus pressé, en ne faisant face qu’à l’urgence du jour ? Ou bien, vont-ils enfin également mettre tout en oeuvre pour lutter contre l’urgence qui est le réchauffement climatique ?

 

Le plus grand nombre des occupants de notre planète est très certainement aujourd’hui prêt à suivre des directives éco-environnementales des nations, dès lors que l’objectif commun est la survie de l’humanité. Pourquoi ne pas étendre la mobilisation mondiale actuelle qui concerne l’éradication de la pandémie virale, à « l’éradication » et la vraie prise en charge du réchauffement climatique dont les perspectives sur la santé humaine sont bien pires encore ?


C’est donc, maintenant ou jamais.

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