Chassez le naturel...

La société évolue, notre société évolue. Nier cette évolution, ou se baser seulement sur les deux cent dernières années comme référence absolue, c’est montrer un vain immobilisme. Non, ce ne sera plus « comme avant ».

Pourquoi, ce ne sera plus « comme avant » ?


Parce que plusieurs milliards de personnes, d’êtres humains, se sont arrêtés de travailler « comme avant », l’espace de quelques mois successifs.
Le coronavirus Covid C19 vient de réaliser ce qu’aucun gouvernement, aucun leader politique, aucun homme n’a jamais pu mettre en oeuvre.
Il a mis en mode pause et réflexion, la quasi totalité des femmes et des hommes de ce monde.
Il a permis, de manière autoritaire, de contraindre toutes et tous à une forme de réflexion individuelle et collective, qui s’approche de la méditation, d’une méditation darwinienne .


Qu’est-ce que cette méditation darwinienne ?


Méditer, c’est faire une pause, s’évader, échapper à son environnement immédiat, pour accéder à une dimension spirituelle supérieure.
Cette dimension spirituelle permet à notre esprit de naviguer librement, sans les contraintes et les tourments du monde réel qui appartiennent au quotidien.

Notre esprit ainsi libéré, devient capable de procéder à la plus juste analyse de chacun des aspects de notre vie, de l’intime jusqu’au professionnel. Cette possibilité d’une méditation « longue durée » imposée par le coronavirus Covid C19, a donné naissance à une forme historiquement unique de méditation, la méditation darwinienne.

Dès le dix-neuvième siècle, Charles Darwin a émis l’hypothèse de l’évolution des êtres vivants, et de leur adaptation à un environnement en modification permanente.,Selon Darwin, cette évolution permet aux seules espèces capables d’adaptation, de survivre aux divers changements.
La théorie de Charles Darwin concerne toutes les espèces vivantes, et en particulier l’homme qui se situe en haut de la pyramide de l’évolution.
La méditation darwinienne, c’est en fait la pause méditative de longue durée que nous vivons actuellement, pendant laquelle se produit un phénomène totalement unique dans l’évolution de l’homme qui est la réflexion collective et simultanée de milliards de femmes et d’hommes, qui doit conduire à une évolution souhaitée conjointement et unanimement par toutes et tous.

Les femmes et les hommes ont individuellement et collectivement pris le temps de méditer et de réfléchir à ce que devait être la salvatrice et bienfaisante révolution post Covid C19.

 

Un tout petit exemple à l’échelle de la pharmacie et de la France


Les femmes et les hommes sont-ils à ce point différents entre la France, les USA et l’Asie, que les réglementations en matière de santé et de pharmacie doivent être radicalement différentes d’un pays à l’autre ?

Certainement pas, et pourtant dans les faits, ces différences sont là pour témoigner du passéisme des uns et de la modernité éclairée des autres.
Dans sa pharmacie à Nice ou bien à Paris, le pharmacien français est tenu par la réglementation nationale et par l’Ordre des pharmaciens, de ne jamais déroger à l’obligation qui lui est faite de ne pas disposer en libre-service des médicaments anti-douleurs aussi banalement usités que du paracétamol ou de l’ibuprofène.

Si ce même pharmacien déroge à cette règle, et pire encore décide de maintenir cette présentation en libre-service de paracétamol ou bien d’ibuprofène, il sera radié de l’Ordre des pharmaciens et interdit d’exercer sa profession, même si par ailleurs il est un excellent professionnel de santé. Pendant ce temps, son homologue pharmacien de New-York ou de Los Angeles, exposera et présentera librement et légalement les mêmes médicaments dans sa pharmacie, afin que sa clientèle puisse se servir sans pour autant risquer sa vie par un quelconque empoisonnement ou intoxication.

La réglementation française en matière de pharmacies et de médicaments repose sur des lois dont certaines frôlent le siècle d’existence et sont totalement inadaptées aux usages actuels, alors que la réglementation US est dans ce même domaine beaucoup plus adaptée et à l’écoute des femmes et des hommes du vingt et unième siècle. Il est aujourd’hui interdit aux citoyens français de commander leurs médicaments sur internet, même à leurs pharmaciens habituels, dans la pharmacie qui pourtant les connait. Le citoyen US bénéficie de plusieurs modes de commande de ses médicaments, sur le site internet de sa pharmacie ou bien dans la pharmacie physique.

Faut-il sans cesse accroître le système législatif, le rendre plus lourd, plus pesant et encore plus inadapté, jusqu’à restreindre toute liberté aux femmes et aux hommes ? Ce petit exemple qu’est la pharmacie en France n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des évolutions et adaptations post Covid 19, qui sont souhaitables et nécessaires pour rendre leur liberté à toutes et à tous.


Le virtuel est aujourd’hui au chevet du réel


Voyager professionnellement, par nécessité, c’est aussi contribuer à détériorer notre fragile éco-système, c’est participer activement à la pollution de notre environnement. Dématérialiser les contacts professionnels, les rencontres, les voyages, les salons, les meetings et autres congrès, c’est maintenant possible. Eviter de se déplacer en voiture ou en avion, pour se rendre à des événements professionnels qui se seraient tenus à des milliers de kilomètres, c’est non seulement possible mais ça existe déjà, c’est le présent et c’est l’avenir.
Les virtual shows, virtual meetings, c’est le monde virtuel qui vient en aide au monde réel, en permettant au travail d’être qualitativement effectué, tout en abaissant significativement les coûts de fonctionnement et en réduisant quasiment totalement tout impact environnemental négatif.

Non, toutes les habitudes et vieux modes de fonctionnement ne vont pas réapparaître spontanément après cette fantastique période de méditation darwinienne.

Oui, il y aura un avant et un après coronavirus Covid C19.
Tout ne sera plus « comme avant », cela est valable notamment sur certains points essentiels comme la protection de notre environnement, c’est tant mieux.

Cette unique pause qui a permis à la méditation darwinienne de voir le jour, c’est aussi une formidable opportunité de faire mentir le proverbe qui dit « chassez le naturel, il revient au galop ». Non, ni au galop, ni au trot, nous ne voulons plus de ce « naturel ».

La nature, l’homme darwinien s’adapte pour survivre et, il va en faire la démonstration.

Chassez le naturel, il s’adaptera et il reviendra meilleur.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.