Pour un soutien anticolonial aux exilé.e.s à Paris 8

Nous, immigré.e.s, descendant.e.s d’immigré.e.s, étudiant.e.s racisé.e.s, français.e.s comme étranger.e.s, antiracistes politiques, appelons les nôtres à rejoindre l’occupation du bâtiment A de l’Université Paris 8 à Saint-Denis aux côtés des exilé.e.s.

Depuis le 30 janvier 2018, un groupe de personnes exilées sans-papier et des personnes solidaires occupent une partie du bâtiment A de l’université Paris 8 à Saint-Denis.

Depuis le début de l’occupation, diverses phases de négociations ont été menées avec la présidence et le corps enseignant afin de faire entendre et de donner suite à leurs revendications : papiers, logement, poursuite ou accès à l’éducation, arrêt immédiat des déportations, fin des refus au Dispositif d’Evaluation des Mineurs Isolés Étrangers (DEMIE), liberté de circuler et de s’installer. En dépit des discours prétendument rassurants de la part de la présidence, l’intervention de la police possible à tout instant pour les expulser signifierait le retour à la rue des occupant.e.s exilé.e.s ou un placement en Centre de Rétention Administrative (CRA).

Lire le communiqué écrit par les exilé.e.s ici.

Cette occupation s’ancre dans un mouvement global de luttes contre les politiques migratoires répressives françaises et européennes et dans la continuité des occupations d’universités à Grenoble, Nantes et Lyon. Les trajectoires migratoires des exilé.e.s, ainsi que leur présence en France ne sont pas anodines et se comprennent dans l’histoire longue du colonialisme.

Nous faisons le constat de notre présence minoritaire parmi les occupant.e.s en soutien aux exilé.e.s. Cette absence nous a été reprochée à différents moments par ces dernier.e.s. Nous tentons d’apporter des éléments d’explication politique dans une démarche autocritique.

Victimes du racisme structurel, nous ne faisons pas face de la même manière que les exilé.e.s à la violence de l’Etat français. Prendre part à cette occupation avec les exilé.e.s de Paris 8 nous pousse à nous confronter à nos privilèges. En effet, bien que racisé.e.s, nous sommes en situation régulière, nous maîtrisons le français, etc. Nos luttes passées nous ont permis d’accéder à un certain confort matériel et légal, si précaire soit-il (déchéance de la nationalité, meurtres policiers, etc).

Paradoxalement, ce que nous avons réussi à arracher à l’Etat français nous a éloigné.e.s de celles et ceux qui sur la route, dans la rue, les prisons, ou les camps vivent aujourd’hui le racisme d’Etat avec la plus grande intensité : les exilé.e.s.

Nous n’aspirons pas à devenir une aristocratie racisée sur le dos des damnés de la terre.

La manière dont nous sommes traité.e.s en tant que racisé.e.s en France est directement liée aux politiques coloniales et néocoloniales de l’Etat français. Il est important d'élargir notre action politique au-delà des problématiques propres au contexte hexagonal pour dépasser l’eurocentrisme de nos mouvements. Nous sommes convaincu.e.s que nos combats n’aboutiront pas sans qu’un terme ne soit mis aux politiques coloniales de la France qui se manifestent concrètement dans le refus d’accorder le droit de séjour et l’égalité des droits aux exilé.e.s. La classification des différents types de migrations est une conséquence directe de la colonisation française.

Les personnes perçues comme étant originaires des anciennes colonies seront davantage considérées, quel que soit leur statut légal, comme étrangères et comme des parasites venant profiter de l’aide sociale française.

Notre antiracisme est une fidélité à l’histoire et aux luttes de nos parents qui ont traversé des parcours similaires et se sont confrontés à cette violence d’Etat. Ce sont nos mères qui ont habité dans les cités de transit, nos pères qui vécurent dans les bidonvilles, nos familles qui furent parquées dans les foyers SONACOTRA. Nous nous opposons aux déportations car nous héritons aussi de l’esclavage. Nous nous souvenons du BUMIDOM et de l’histoire des enfants de la Creuse.

Si nous nous revendiquons de l’antiracisme politique, nous ne pouvons pas séparer notre analyse et nos combats de ceux des exilé.e.s. Le faire serait non seulement une faute stratégique mais aussi une contradiction politique.

Notre absence dans ces luttes et mouvements d’occupation laisse le champ libre à des acteur.ices politiques qui, même si bien intentionné.e.s, tendent à reproduire des pratiques de type humanitaire. Se faisant, iels font preuve d’un paternalisme aux relents coloniaux.

Loin de considérer les migrant.e.s comme des sujets passifs, nous affirmons, nous qui assistons à leurs débats, qu’ils et elles doivent être reconnu.e.s comme sujets politiques capables d’une organisation autonome.

Devant l’hégémonie de cette logique humanitaire sur le terrain de la solidarité aux exilée.s, la solution pourrait être un repli justifié par le fait que ces espaces n’adhèrent pas à la grille de lecture antiraciste dont nous nous revendiquons. Cela dit, nous sommes convaincu.e.s et nous remarquons au quotidien que notre absence à Paris 8 comme ailleurs nourrit le paternalisme que nous condamnons.

La radicalité politique que revendiquent nos groupes antiracistes ne peut s’expérimenter et  s’affirmer que par une présence sur le terrain, elle ne saurait justifier notre absence.

Inconditionnellement, nous apportons notre soutien aux revendications des exilé.e.s et nous nous opposons à toute forme de paternalisme, qu’il provienne de nos rangs ou d’autres courants politiques.

Convaincu.e.s de la nécessité politique et stratégique de notre présence ici aux côtés des exilé.e.s occupant.e.s, nous appelons les nôtres à investir ces mouvements, à mobiliser leurs réseaux, et  à nous rejoindre physiquement au bâtiment A de l’université Paris 8.

Parce que la lutte contre les violences policières qui ciblent les habitant.e.s des quartiers populaires ne saurait être séparée de la lutte contre la violence systématique qu’exerce la police à l’encontre des exilé.e.s,

Parce qu’à Calais, Vintimille, Porte de la Chapelle, Porte de la Villette, la police chasse, tue, blesse et mutile,

Parce que lors des déportations, des démantèlements de camps à Paris et ailleurs, c’est cette même police coloniale aux ordres du pouvoir raciste qui use de techniques développées pendant l’Empire colonial et dans les quartiers populaires,

Nous sommes ici à notre place.

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من أجل دعم مناهض للاستعمار لمنفيي باريس 8 

نحن، المهاجرات\ون، أحفاد المهاجرات\ين، الطلاب دو أصول أجنبية الفرنسيون و الأجانب، المناهضون للسياسة العنصرية، ندعو للانضمام إلينا في عملية احتلال المبنى بالجامعة باريس 8 بسان دونيس جنبا إلى جنب مع المنفيين. 

منذ يوم 30 يناير 2018، قامت مجموعة من المنفيين، غير المتحصلين على وثائق إقامة رسمية، صحبة أفراد مساندين باحتلال الفضاء المتمثل بالبناء "أ" بجامعة باريس 8 بسان دونيس.

منذ بداية هذه العملية، أُجريت مفاوضات على عدة مراحل مع المسؤولين/ات و العاملين/ات بالجهاز التعليمي من أجل الاستماع إلى احتجاجات المعتصمين/ات و الإجابة على مطالبهم/هن : أوراق رسمية، مساكن، تمكين من مواصلة أو استهلال مسيراتهم/هن الدراسية، إيقاف التّرحيل بصفة فورية و مستعجلة، التوقف عن رفض نظام تقييم القاصرين المعزولين الأجانب، حرية التنقل و الاستقرار. بالرغم من خطابات المسؤولين التي تزعم طمأنة المحتجين المحتجّّات، فإن التدخل الممكن للشرطة في أية لحظة لطردهم/هن، سيعني تلقائيا عودة هؤلاء المعتصمين/ات المنفيين/ات إلى الشارع، أو إلى مركز اعتقال إداري.

اقرأ البيان الصحفي لمنفيي باريس 8 هنا

احتلال الفضاء ينخرط ضمن حركة احتجاجية عامة تحارب سياسات التهجير القمعية الفرنسية و الأوروبية، مواصلا بذلك حركات إحتلال الجامعات بڨرنوبل، نانت و ليون. لا يمكن وصف مسارات و تحركات المهاجرين/ات و المنفيين/ات و حضورهم في فرنسا، بالضئيلة، بل هي امتداد لتاريخ طويل من الاستعمار.

من الجدير بالذكر أننا نلاحظ وجود أقليّة من المحتلين لدعم المنفيين/ات. و قد تعرضنا إلى اللوم منهم في عدّة أوقات على هذا الغياب. ونحن نحاول تقديم عناصر لتفسير السياسي باتباع نهج من النقد الذاتي.

و باعتبارنا ضحايا لعنصرية هيكلية، فنحن لا نواجه عنف الدولة الفرنسية بنفس طريقة المنفيين/ات. إن المشاركة في هذا الاحتلال مع المنفيين/ات من باريس 8 تدفعنا إلى مواجهة امتيازاتنا. في الواقع، على الرغم من العنصرية، فإننا نبقى في وضع قانوني، بالإضافة إلى أننا نجيد التواصل باللغة الفرنسية، الخ. وقد أعطتنا نضالاتنا الماضية إمكانية الوصول إلى شيء من الرفاهية المادية و القانونية، مهما كانت محفوفة بالمخاطر (الحرمان من الجنسية، وقتل الشرطة، وما إلى ذلك…)

ومن المفارقات أن ما نجحنا في انتزاعه من الدولة الفرنسية قد أبقانا بعيدا عن أولئك الذين على الطريق أو في الشوارع أو السجون أو المخيمات، يعانون اليوم من عنصرية الدولة بحدّة كبيرة: المنفيين/ات.

نحن لا نطمح إلى أن نصبح أرستقراطيّة عنصريّة على ظهور معذَّبي الأرض.

إنّ الطريقة التي نعامَل بها باعتبارنا معرّضين/ات للعنصرية في فرنسا هي تعبير صارخ للسياسات الاستعمارية و النيوكولونيالية للدولة الفرنسية. و عليه، فمن الضروري توسيع تحرّكنا السياسي إلى ما هو أبعد من القضايا المنحصرة في السياق الفرنسي للتغلب على المركزية الأوروبية لحركاتنا. إنّنا مقتنعون/ات  أن نضالاتنا  لن تصل إلى هدفها إلّا بوضع نهاية للسياسة الاستعمارية بفرنسا، و التي تظهر و بشكل فاضح في رفض إعطاء المنفيين/ات الحق في الإقامة و المساواة في الحقوق. تصنيف الهجرة ضمن أنواع مختلفة هو نتيجة مباشرة للاستعمار الفرنسي.

و عليه فإن المنحدرين/ات من دول تصنف كمستعمرات سابقة، و مهما كانت وضعيتهم القانونية،  سيتم آعتبارهم أجانب بل و طفيليّين/ات قادمين/ات للتمعّش من الإعانات الاجتماعيّة الفرنسية.

إن مكافحتنا ضدّ العنصريّة هي إخلاص لتاريخ وصراع آبائنا الذين مروا بطرق مماثلة و واجهوا عنف الدولة ذاته. كانت أمهاتنا يعشن في مدن العبور و آباؤنا يعيشون في الأحياء الفقيرة. عائلاتنا كانت متوقفة في منازل سوناكوترا (SONACOTRA) . ونحن نعارض عمليات الترحيل لأننا نرث أيضاتاريخ العبودية. نتذكر بوميدوم (BUMIDOM) وقصة أطفال كروز(Creuse).

وإذا كنا نطالب بمكافحة العنصرية السياسية، فلا يمكننا فصل تحليلنا ونضالاتنا عن المنفيين/ات. القيام بذلك لن يكون فقط خطأ استراتيجيا بل أيضا تناقضا سياسيا.

غيابنا عن هذه الصراعات و حركات الاحتلال يترك المجال مفتوحا للجهات السياسية الفاعلة التي، حتى لو كانت حسنة النية، تميل إلى إعادة إنتاج الممارسات من النوع الإنساني. بذلك، يظهرن/ون أبوية مع تلميحات إستعمارية.

وبعيدا عن اعتبار المهاجرين/ات مواطنين/ات كامنين/ات. نحن الذين/اللواتي يحضرن/ون مناقشاتهم/هن، أنه يجب الاعتراف بهم/بهن كفاعلين/ات سياسيين قادرينأت على تنظيم مستقل.

وفي مواجهة هيمنة هذا المنطق الإنساني في مجال التضامن مع المنفيين، يمكن أن يكون الحل انطواء تبرره حقيقة أن هذه الأماكن لا تلتزم بشبكة التحليل المناهضة ضد العنصرية التي ندعو إليها. و نحن مقتنعون/ات ونلاحظ على أساس يومي أن غيابنا عن باريس 8 كما في أماكن أخرى يغذي الأبوية التي ندينها.

إن التطرف السياسي الذي تطالب به جماعاتنا المناهضة ضد العنصرية لا يمكن إلا أن يختبر ويؤكد إلا بوجوده على الميدان؛ ولا يمكن أن يبرر غيابنا.

وبدعم غير مشروط، نؤيد مطالب المنفيين ونعارض أي شكل من أشكال الأبوية، سواء من صفوفنا أو من التيارات السياسية الأخرى.

واقتناعنا بالضرورة السياسية والاستراتيجية لوجودنا هنا جنبا إلى جنب مع المنفيين المحتلين للمبنى إ، ندعو مجموعاتنا إلى استثمار هذه الحركات، وتعبئة شبكاتهم، والانضمام إلينا جسديا في المبنى إ من جامعة باريس8.

ولأن مكافحة عنف الشرطة الذي يستهدف سكان الأحياء الشعبية لا يمكن فصلها عن مكافحة العنف المنهجي من قبل الشرطة ضد المنفيين،

لأنه في كاليه، فينتيميجليا، بورت دو لا شابيل، بورت دي لا فيليت، الشرطة تطارد، تقتل، تجرح وتشوه،

لأنه أثناء عمليات الترحيل وتفكيك المخيمات في باريس وأماكن أخرى، فإن هذه الشرطة الاستعمارية هي نفسها التي تتلقو أوامر من القوة العنصرية التي تستخدم تقنيات متطورة خلال الإمبراطورية الاستعمارية وفي المناطق الشعبية،

نحن هنا في مكاننا.

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For an anti-colonial support to the exiles in Paris 8 

We, immigrants, descendants of immigrants, racialised students, both French and foreigners, and antiracists, call on others to join the occupation at the building A Paris 8 university in St Denis in solidarity with the exiles.

Since the 30th of January, a group of undocumented exiles and their supports have been occupying part of the building A at Paris 8 university in St Denis.

Since the beginning of this occupation, many negotiations have taken place with the administration, in order to state the occupants’ demands and take some measures to see them through: papers, housing, education, an immediate end to all deportations, the end of the refusal to implement the DEMIE (evaluation for minors), freedom of movement and the right to choose where to live. Despite falsely benevolent and reassuring speeches from the administration, the intervention of the police and the migrants’ eviction remain a real threat. For the exiles this would mean having to return to the streets, or to a detention center.

Here you can read the communiqué of the exiles of Paris.

This occupation takes its roots in the global movement of struggle against repressive French and European policies against migrants; it is in keeping with several other occupations of French universities (Grenoble, Nantes and Lyon). The exiles’ migratory trajectories, as well as their presence in France are in no way a coincidence: they are direct consequences of a long history of colonialism. 

We acknowledge that we are a minority within the wider group supporting exiled people. We have been called out on this absence on several occasions by the exiles themselves. This text is an effort to offer some elements of political analysis and to address these remarks in a self-critical perspective.

Although we ourselves suffer from structural racism, our experience as victims of the violence produced and perpetuated by the French state differs from that of the exiles. Taking part in this occupation with the exiles of Paris 8 has forced us to confront our privileges. Indeed, though racialized, our situation in France is legal, and we speak French. Our past struggles have allowed us to access material and legal comfort, however precarious this comfort might be (e.g. deprivation of nationality, police violence, even police murder, etc.).

What we have managed to wrest from the French state has paradoxically alienated us from the exiles who, be they on the streets, in prisons, or in camps, suffer first hand and most violently from state racism.

We refuse to become a racialized aristocracy off the back of the wretched of the earth. 

The way we are treated as racialized subjects in France is directly linked to the colonial and neocolonial politics of the French state. It is crucial that our political action be extended beyond issues specific of the French context in order to break from the eurocentrism of our movements. We are convinced that our fight cannot be successful until we bring an end to French colonial politics which are best exemplified by the refusal to grant equal rights and the right to stay to exiles. The classification of different types of migration is a direct consequence of French colonization. 

Those perceived to be from former colonies, whatever their legal status, are more likely to be considered as foreigners and as parasites, there to scrounge French social benefits.

We want our antiracism to be faithful to the history and struggles of our parents who had to face similar situations and suffered from the same state violence. It was our mothers who lived in temporary housing projects, our fathers who lived in slums, our families who were confined in the SONACOTRA housing projects. We oppose all deportations because we are also inherit from slavery. We remember the BUMIDOM and the story of the children of the Creuse.

If we claim and stand by our political antiracism, nor our analysis nor our fights can be separated from those of the exiles. It would be a strategic mistake and a political contradiction.

Our absence from these struggles and occupation movements makes space for political actors who, though well-intentioned, tend to reproduce humanitarian practices and behaviors which attest to a paternalism that whiffs of colonialism. 

Far from considering migrants as passive subjects, as we witness their debates we assert that they must be recognized as political subjects  fully able to organize autonomously and decide for themselves. 

Given the hegemony of this humanitarian logic among the activists in solidarity with the exiles, one justifiable solution could be to avoid these spaces since they don’t share nor practice the antiracism that we demand. Nonetheless, we notice that our absence allows for the perpetuation of the very paternalism we condemn.

The political radicalism that our antiracist groups demand cannot justify our absence; it can only be met and asserted through our actual presence on the field.

We support the demands of the exiles unconditionally and we are opposed to all forms of paternalism, whether it comes from within our ranks or from other political affiliations. 

Convinced of the political and strategical necessity of our presence here by the side of the exiles and occupants, we reach out to our communities and ask them to support this movement, to mobilize their networks, and to join us physically in the building A of the university of Paris 8. 

Because the fight against police violence —  which specifically targets people from  underprivileged suburbs —  cannot be separated from the fight against systematic violence exercised by the police against the exiles. 

Because in Calais, Vintimille, Porte de la Chapelle, Porte de la Villette, the police hunts, kills, injures and mutilates,

Because during deportations, dismantlements of the camps in Paris and elsewhere, it is the same colonial police obeying to the same racist power which perpetuates the practices experimented under the colonial Empire and practiced in the underprivileged suburbs. 

We belong here.

 

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