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Billet de blog 9 juillet 2019

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Une grève de la faim pour refuser le non-lieu de ma plainte pour harcèlement

Monsieur Le Procureur de la République J'ai l'honneur de vous informer par la présente que j'entame ce jour une grève de la faim.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Voici la lettre que je viens d'adresser au Parquet instruisant ma plainte pour harcèlement moral en apprenant que le Procureur de la République souhaitait rendre un non-lieu.

"Monsieur le Procureur de la République,

J'ai l'honneur de vous informer par la présente que j'entame ce jour une grève de la faim.

J'exprime ainsi mon refus de voir ma plainte classée sans suite alors que je n'ai jamais pris connaissance des pièces du dossier d'instruction de celle-ci, ni au moment de mon audition du 19 octobre 2017, ni par la suite.

Mon avocat ----------------, répudié en août 2018, m'a laissé "tomber" en janvier 2018 refusant de tenir compte de la dégradation de ma situation financière dans l'évaluation de ses honoraires et ignorant surtout ma demande d'être entendue à nouveau par la juge d'instruction ----------- pour compléter ma plainte et être confrontée aux témoins clefs des agissements, dénigrements et moqueries subis.

Mon long combat juridique mené depuis 2001 pour obtenir réparation, en pleine tourmente de harcèlement et de ses conséquences dramatiques pour moi et mes proches, aura-t-il été vain ?

J'avais confiance en la Justice. J'avais confiance en mes collègues et collaborateurs pour briser enfin l'omerta qui gangrenait la structure qui nous employait. Le harcèlement et ses dérives : dénigrements et moqueries subis m'ont brisée moi et mes proches.

Ma prise en charge psychologique depuis 2016 m'a permis de commencer à me décharger de mon lourd fardeau cauchemardesque. Mais toute victime de harcèlement au travail a besoin avant tout de Justice pour guérir des attaques de son intégrité. Ce ne sont pas les psychiatres et psychologues seuls qui endigueront les dépressions et burn-out du monde du travail et guériront les salariés victimes.

C'est de Justice que nous avons besoin.

Je vais donc partir doucement avec mon suicide affirmé refusant cette société où l'honnêteté et la probité sont bafoués et le courage trop souvent absent.

Je regrette aujourd'hui de n'avoir pas su protéger ma famille de mon cauchemar professionnel.

Je n'ai plus rien à dire désormais. Je me tue.Mon douloureux témoignage écrit, ci-joint, publié récemment suffit.

Vous souhaitant bonne réception de la présente.

Je vous prie de croire, Monsieur le Procureur de la République, à l'expression de mes salutations respectueuses."

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