Effon2ment

Pendant des millénaires nous avons marché vers un progrès technique, vers plus de confort, plus de bonheur. Notre course a commencé au XIXème avec l’apparition de dopant, des transformateurs de combustibles fossiles en énergie ; depuis nous n’avons cessé d’avancer, encore et toujours plus vite. Aujourd’hui, nous savons le contrecoup que subit notre corps, nous savons que l’arrêt va être brutal.

Petit résumé des principales causes de l'effondrement. J'ai décidé de ne pas évoquer d'autres sujets importants liés à ce problème comme la pénurie d'eau douce ou la surpopulation. La rigueur scientifique ne sera pas de mise ici pour plus de clarté et de brièveté ; pour plus de précision, je vous conseille d'écouter les conférences et interview de Pablo Servigne et Jean-Marc Jancovici.

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Il suffit d’être un peu observateur pour comprendre le plus grand problème au sein de notre société : notre croissance ne peut être infini dans un monde qui est fini. C’est là que se trouve une des principales cause de l’effondrement, la croyance aveugle que nous vouons en la croissance.

Notre croissance fonctionne grâce à une augmentation constante de notre production (et par la même occasion de notre consommation). Notre monde actuel est dominé par le dogme de la croissance, la croyance commune qui entend que plus de croissance apportera plus de bonheur ; et il faut avouer que dans une vision assez stricte du terme, c’est vrai. Le progrès et la production/consommation accrue qui a suivi – crées par la mise en compétition d’acteur (dans le capitalisme libéral) – ont permis des avancées immenses (sociales, technologiques...). Il faut aussi considérer que le mode de vie occidental nous permet un confort très convenable – voir même indécent – unique dans l'histoire de l'humanité. Cependant notre confort matériel seul ne nous rend pas plus heureux, et bien au contraire notre système semble par beaucoup d’aspect contre productif pour assurer le bien-être de ces « agents économiques rationnels ».

Car nous sommes à présent des drogués, des assistés aux ressources non-renouvelable. Notre confort de vie se base sur des machines qui fonctionnent avec des combustibles fossiles et des métaux rares. Prenez n’importe quel produit de votre supermarché et tracez sa chaîne de production, vous remarquerez que des milliers de machines œuvrent à sa création. Nous dépensons de l’énergie1 en masse pour faire fonctionner notre économie ; une énergie souvent destructrice pour notre environnement. Notre consommation (par des transformateurs2) de gaz, pétrole ou charbon dégagent des émissions folles de CO2, sans compter les dangers visibles ou invisible qu’elles peuvent provoquer (pollution des nappes phréatiques, marée noire…).

Le problème c'est qu'aujourd'hui cette croyance dans la croissance – qui est aussi une croyance dans le progrès – n'est plus durable. Les technologies complexes qui permettent ces excès fonctionnent grâce à des combustibles fossiles et des terres rares3 ; cependant ses ressources risquent de devenir beaucoup plus coûteuse dans les décennies qui vont suivre:

  • Nos réserves de combustibles fossiles (celle que l'on connait actuellement) se vident de plus en plus vite, il est fort probable qu'elles seront vides à la fin du siècle. De plus, l'exploitation de nouvelles réserves de combustibles fossiles est de plus en plus onéreuse en énergie4 car de moins en moins accessible. Fini le mythe du mineur et sa pioche qui fait jaillir des geysers de pétrole, voici venu le temps des plates-formes offshore qui creusent à des centaines de mètre pour dénicher l'or noir.
  • L'extraction de terre rare devient de plus en plus difficile (donc dépensière en énergie) car – comme beaucoup d'autres ressources – il faut creuser de plus en plus profondément pour en extraire.

Un exemple du problème des technologies se retrouve dans la question du développement durable, le développement des énergies renouvelables: une éolienne, derrière la promesse d'une énergie propre, c'est l'utilisation de terres rares; c'est conséquemment un coût énergétique très élevé et un rejet de CO2 important. (Je vous renvoie à cet article sur les technologies)

Aujourd'hui, nous pouvons continuer à croire au progrès technologique, et ce serait sans tord car nous découvrons sans cesse de nouvelles réserves, des technologies plus efficientes ; ou nous pouvons voir une autre réalité en face. Notre environnement ne se développe pas aussi vite que nous. Par ailleurs la question de l'impact sur la planète ne se limite pas seulement à la question des réserves, c'est aussi un problème environnemental majeur: Dérèglement climatique, pollution (des sols, des sous-sols, de l'air et des mers), sixième extinction animale de masse... Tout nous montre que le fonctionnement de notre civilisation a affecté notre planète de manière irréversible, avec des conséquences minimes – pour l'instant – sur notre quotidien, peut-être est-ce la preuve que nous sommes déconnectés de toute réalité écologique.

Demain, nous allons devoir faire face à des conditions environnementales désastreuses; un poids pour les générations à venir, un poids qui pourrait aboutir à l'extinction du genre humain. Surproduction, surconsommation et mondialisation ont menés à l’acceptation, l’abdication de la raison face à un mode de vie qui pouvait dépasser nos rêves les plus fous. Et notre rêve continue.

1. Définition du Larousse: Grandeur caractérisant un système physique, gardant la même valeur au cours de toutes les transformations internes du système (loi de conservation) et exprimant sa capacité à modifier l'état d'autres systèmes avec lesquels il entre en interaction. (Unité SI le joule.)

2. Machine qui convertissent les combustibles fossiles en énergie ou en chaleur.

3. Définition des terres rares

4. Il faut de l'énergie pour extraire, transporter, raffiner les combustibles fossiles

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