IL EST GRAND TEMPS DE CRIER ENCORE AU LOUP !

Agitation des media et tournis, l'oestre du troupeau.

 

S'il lui en était resté, le berger Guilhem s'en serait mordu les doigts d'avoir si longtemps crié au loup pour tromper les villageois. Lorsque le loup se présenta, Guilhem eut beau crier, personne n'y crut. Guilhem en périt.

A la longue, on ne prend pas impunément les villageois pour des imbéciles. Et pourtant, ils continuent et de plus belle, faisant feu de tout bois. C'est qu'ils sont dans la panique, les amis du statu-quo qui voient le champion choisi et promu par eux peiner face à l'épouvantail nourri par eux à grands frais. Non pas qu'il soit en danger réel mais parce qu’il ne peut atteindre le plébiscite concocté d'avance.

Ils continuent à prendre les gens pour les imbéciles qu'ils travaillent à forger depuis des décennies et ne comprennent pas que leurs boulets indigestes ne passent plus aussi bien ! Ils vont jusqu'à criminaliser celui qui seul a fait reculer l'épouvantail dans les faits, celui qui a affronté la bête en face à face pendant qu'ils lui faisaient des croche-pieds, celui qui a cherché des voix sur le terrain de l'épouvantail et en a trouvé tandis qu'ils continuaient à dire « ejusdem farinae », celui qui était pour l'interdiction de ce parti pendant qu'ils le dédiabolisaient et lui ouvraient leurs vitrines.

Ils nous ont pris pour des imbéciles pendant une campagne où la presse, de mensonges en calomnies, a plus agi que les candidats en occultant la logique et la cohérence de programmes par eux réduits, même et surtout le plus construit, à de simples slogans publicitaires ou répulsifs, sans analyse. Ils ont voulu le statu-quo, ils ont nié le besoin de changement, ils ont créé un parti de synthèse qu'ils disent jeune alors qu'il réunit toutes les chutes de tissu des autres. Ils croient sauver l'Europe, ils contribuent à son lent et régulier suicide.

Le problème persiste, il n'a pas eu la solution pacifique qui aurait permis de casser la dérive sans dégâts majeurs. Criez donc au loup, il est effectivement dans la bergerie, et ce n'est pas vous qui l'en ferez sortir qui avez grand ouvert la porte. Malgré vous s'éveille l'intelligence du peuple mais que produira-t-elle ?

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