TRUMP, MOINS UNE CATASTROPHE QU'UNE ULTIME LECON.

 

Lorsque sur le chemin de Damas les événements désarçonnèrent Saul, le pourfendeur juif des partisans du nazaréen, il tomba de ses yeux de grosses écailles. Rien, par contre, sinon larmes et gémissements, ne tombe des yeux de nos politiques et communicants lorsque le soleil Trump les met à terre. Ils n'en restent pas moins aveugles. Pas question de conversion, ils expliquent et se lamentent.« L'imprévisible s'est produit ». Les pauvres mal éclairés n'ont pas bien réagi. Eux n'y sont pour rien.

Tous ces commentaires font que j'en arriverais presque à me réjouir de la victoire de Trump. Ce n'est pas le triomphe de gribouille, c'est la sortie normale d'un système qui a confisqué la souveraineté du peuple.

Ils n'ont plus aucun souvenir que, dès les primaires, ceux de son parti ont mis sous le boisseau l'homme qui savait désigner la lèpre de nos sociétés, un Bernie Sanders trop bien parti. Élu il eût mis fin, aux privilèges dont tous s'accommodent avec profit. Mieux valait quelqu'un du système. Totalement ignorants des dégâts, ils ont osé proposer au peuple meurtri de continuer comme si de rien n'était. Ils ne croyaient pas sortir Trump du chapeau. L'épouvantail destiné à rabattre le gibier vers eux a séduit, faute d'autre choix. L'oiseau est venu nicher sur les bras du mannequin, la seule alternative à la configuration actuelle. Ils n'ont pas encore osé dire à Sanders de "cesser ses enfantillages", il leur manque un Cambadélis !

Non, il n'y a pas de souveraineté du peuple sans une école forte et démocratique, sans une presse libre et diversifiée, sans des constitutions qui donnent au peuple le contrôle éclairé, sans des sondages qui soient de vraies photos plutôt que des injonctions à bien voter.  Arriver par des primaires à éliminer ce qui pourrait ouvrir des alternatives au libéralisme commun, discréditer de manière grossière et non rationnelle   ce qui pourrait ouvrir des alternatives au libéralisme commun, éviter par tous les moyens que le peuple dit souverain puisse avoir une connaissance sereine de ce qui pourrait ouvrir des alternatives au libéralisme commun, débouche un jour sur des duels finals qui sortent blanc bonnet ou bonnet blanc sauf si, le peuple plus qu'excédé et réduit à trancher par impulsions plus que par la raison dont on l'a privé, fait ce qu'il a fait ici. Puisse le chœur des pleureuses comprendre la gravité non de cette situation prévisible mais de l'aveuglement mortifère à transformer ces élections en jeux de personnes.

Il est clair que si nous continuons dans cette politique du libéralisme prospère, des peuples ruinés et de la démocratie bafouée nous allons, comme toujours, à une fin de crise par la guerre, avec ou sans fascisme préalable. il ne faut pas se lamenter ni trouver le peuple idiot. Qui l'a rendu tel pas défaut systématique d'information ? Il faut tirer les leçons, les peuples ne supporteront plus longtemps ces régimes. « Quand des aveugles guident d'autres aveugles, tous finissent dans le ruisseau. »

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