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Billet de blog 1 sept. 2016

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Macronmegas,

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Macronmegas,

Ayant conservé pour mon blog parallèle de l’Obs (« Nouvelles persaneries ») mon pseudonyme d’Usbek, j'ai été tenté, pour rester dans le registre des Lumières et devant la quasi impossibilité d'éviter un billet sur Emmanuel Macron, de céder à la tentation de l'intituler « Macronmegas » ; Voltaire et Micromegas ne sont pas si loin de Montesquieu et des Lettres persanes et cette affaire offre toutes les dimensions d'un conte politique ou philosophique.

Il n'y manquait pour en fournir la conclusion que les « les éléments de langage » du discours convenu contre l'ex-ministre de l'économie qu'a fournis hier Jean-Christophe Cambadélis, Premier Secrétaire du PS et que nous a livrés, dans le Figaro, Marie Visot.

« Camba » n'est pas toujours adroit ; ainsi écrit-il que François Hollande doit être candidat « Quoi qu'il en coûte », formule qui n'a pas dû plaire à notre Président normal. Ce dernier a sans doute préféré voir Jean-Christophe qualifier la démission d'Emmanuel Macron de « Kinder surprise pour convenance personnelle », formule dont je pénètre mal le sens ! En tout cas, il a attaqué en ces termes Emmanuel Macron qui a démissionné juste au moment où « le pays a besoin de l'investissement de ceux qui ont la charge de redresser la France». Et surtout, il lui a fait grief de l’avoir fait «avec une déloyauté extrême vis-à-vis du Président de la République qui lui avait donné sa confiance. Il le fait enfin en participant de la décomposition politique à l'œuvre » .

«Voilà le discours à tenir » a jugé bon de préciser le PS pour conclure à l‘intention de ceux qui ne l’auraient pas compris.

De Micromegas à « Macronmegas », il n'y a qu'un pas (de géant à vrai dire !) puisque dans le conte philosophique de Voltaire, on trouve dans la vision et les propos du géant de Sirius « sur toutes les sottises de ce petit globe », un résumé assez saisissant et exact de notre vie politique.

Non sans raison, (et moins encore, non sans exemples et précédents) François Hollande s'estime ainsi « trahi avec méthode » par Emmanuel Macron, ce qui, de toute évidence signe la préméditation ! Si le président est bien évidemment « choqué » (sans pourtant en être « étonné » vu son expérience), il pourrait fort opportunément lui resservir, passant de Voltaire à Corneille, la tirade des reproches d’Auguste à Cinna : « Tu t'en souviens, Cinna, tant d’heurs et tant de gloire / Ne peuvent s'échapper ainsi de ta mémoire… ! »). Mais Macron aura lui-même tant d’  amis » prêts et prompts à s'opposer à son projet de candidature qu’il est inutile pour notre président normal de chercher à lui en susciter d'autres.

Ce qu'on a cherché à nous présenter comme un coup de tonnerre dans le ciel serein de cette fin du mois d'août 2016 était en effet depuis longtemps prévisible et même inévitable ; seuls la date et le mode opératoire faisaient débat.

Allait-on laver ce linge sale en famille et opérer dans une atmosphère lénifiante (autre citation convenable « J’embrasse mon rival mais c’est pour l’étouffer » : méthode Sapin ou déclencher la guerre : méthode Valls) ; le ministre de l'agriculture et porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, expert en la matière (c’est avec du lait qu’on fait la crème… et le beurre a des usages divers et multiples, de l’assiette au dernier tango à Paris! ), a donné le ton dans le registre du double discours ou plutôt (nuance !) du discours double. Après avoir déclaré « Quand on est au gouvernement, on travaille dans une équipe et on fait face aux difficultés », il a ajouté « Il est souvent plus facile de dire ce qu'on n'est pas mais beaucoup plus difficile de dire ce qu'on est », rappel discret du « Je ne suis pas socialiste » du prélude d’Emmanuel Macron durant l’été 2016 !, Propos aussitôt suivis toutefois d’un encourageant et définitif « Ce n'est pas ça qui peut empêcher le président d'être candidat ». Pas Le Foll la guêpe ! La formulation est plus habile que celle de Camba. François s’en souviendra, le cas échéant !

On savait et il n’est pas difficile de le deviner que, depuis plusieurs mois, les rumeurs se faisaient de plus en plus fortes à propos de la conduite et des choix d’E. Macron . En lançant son parti « En Marche ! », il s'était déjà attiré les foudres publiques de Manuel Valls et de quelques autres ministres.

Selon le magazine Challenges « François Hollande a essayé de retarder le départ de son ministre et lui a demandé de déclarer qu'il le soutiendrait pour 2017 ». Emmanuel Macron aurait refusé cette option. Initialement, E. Macron avait prévu de présenter le « diagnostic du pays » (expression pudique pour bilan !), mais l'attentat du 14 juillet par son ampleur et l'émotion qu'il avait suscitée avait quelque peu relancé la popularité de François Hollande et rendu par là un peu difficile la manifestation publique d'une ambition si strictement personnelle dans un deuil national.

Ce bouleversement de l'agenda a conduit dès lors à la « multiplication des provocations » du ministre de l'Économie, (telles que la déclaration sur le fait qu'il n’était pas socialiste) et à l'agacement croissant du Président de la République. C'est lors d'un déjeuner avec ses proches qu'Emmanuel Macron aurait d’abord annoncé sa décision. Selon Le Figaro, le ministre aurait dit « Vous le saurez vite. Je vais poser la question à François Hollande. Si je peux continuer à m'exprimer et dérouler mes idées en restant au gouvernement, je resterai. Si je dois rester silencieux, j'en tirerai les conclusions. On ne sait pas ce que Hollande va faire en 2017. Mais dans le cas de figure où il ne serait pas candidat, je ne peux pas attendre décembre ! Tout le monde se prépare à la fatalité d'une défaite élégante. Je me refuse cette fatalité !" ».

Sans aller jusqu'à répéter comme Petit Gibus dans la « Guerre des boutons » (le film est repassé récemment à la télévision mais sans rapport me semble-t-il avec la démission d’Emmanuel) : « Si j'aurais su, j'aurais pas venu ! », E. Macron regrette sans doute certains éléments de sa fulgurante carrière politique ; il mettrait même en cause, l’ingrat, la psychologie du Président de la République ! En sortant d'un entretien avec lui, selon une indiscrétion rapportée par Le Canard Enchaîné , il l’aurait qualifié de « sociopathe » !

A en croire le dictionnaire, la « sociopathie » est un « trouble de la personnalité caractérisé par le mépris des normes sociales, une difficulté à ressentir des émotions, un manque d'empathie et une grande impulsivité » ; Valérie Trierweiler, qui l’a beaucoup et longtemps pratiqué, dit de lui, dans son livre, qu'il n’a « aucun affect » et on se souvient de l'épisode des « sans dents ».

Les concurrents de Macron, amis ou ennemis, de droite comme de gauche, n'en manquent pas eux (de dents) ; il peut compter sur eux pour lui savonner la planche dans les procédures liminaires. Le problème majeur pour lui est sans doute celui du nombre de parlementaires dont il faut obtenir le soutien officiel, car il y a souvent loin de l'approbation amicale à la signature d'un formulaire écrit de soutien.

Gérard Collomb est le plus ouvertement en sa faveur et il le fait savoir abondamment. Le sénateur-maire PS de Lyon a déjà déclaré que le fondateur du mouvement « En Marche ! » pouvait compter sur lui et il ne tarit pas d'éloges sur son protégé, qu'il voit déjà à l'Elysée : « Emmanuel Macron veut bousculer les choses, on ne va pas s'ennuyer s'il devient Président de la République. Ça va bouger. ».

Mais ses plus fermes soutiens se trouvent surtout chez les grands patrons, ce que lui fournira sans doute des moyens, mais n'accroîtra pas forcément son capital de sympathie chez les électeurs !

Dans son entourage figurent ainsi Geoffroy Roux de Bézieux, (vice-président du MEDEF), Bernard Spitz ( Fédération des Assurances), Claude Bébéar (AXA), ou Marc Simoncini, (le fondateur de Meetic et de Sensee, Peter Brabeck, (Nestlé), et surtout Henry Hermand (discret milliardaire de 92 ans), ancien soutien de Mendès France puis de Rocard, discret et richissime soutien de Macron qui a même été témoin de son mariage !

En parallèle, « En Marche ! est réputé faire son chemin. En mai, le mouvement annonçait 50.000 adhérents. Aujourd'hui, il en compterait 60.000 mais on sait ce que valent de tels chiffres ! En revanche seuls 500.000 euros auraient été levés par l'équipe de Macron ; comme on dit en créole, ses milliardaires auraient-ils la poche « cangée » (« cange = amidon !) ?

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