Canal + : « Jusqu’où descendront-ils ? »

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J'aurais pu vous le placer en latin, en citant Cicéron avec un  « Quo non descendant ? » ; ça revient au même et ma cuistrerie me ferait encore plus mal voir ! J'aurais pu aussi mettre, en titre, une suite à un précédent blog : « Canal+, Canal moins, Canal zéro » ! Plus dure sera sans doute la chute et pas seulement dans les audiences, même en appelant au secours les Deschiens ! Je crains fort de sombrer dans le gouffre sans fond de la nullité canalienne.

 

En ces temps de famine audiovisuelle festive, j'ai eu, je l’avoue, la faiblesse de me laisser aller à regarder une ou deux de ces innombrables rediffusions ou bests offs (qui sont plutôt des « worsts offs » !) où l’on bat le rappel des De Caunes, Garcia, Coluche et des Nuls! Comment peut-on avoir l'idée saugrenue de rediffuser des émissions anciennes qui illustrent, mieux que quoi que ce soit, la décadence de cette chaîne et ce qu'est devenu actuellement Canal+ qui en est réduit aux pires expédients par manque total d'imagination et d'humour ?

 

Je ne parlerai même pas de cette pauvre Maïzena, dont la jaunisse chronique et la pathologique hilarité donnent à penser qu'elle va disparaître rapidement des écrans, mais pour être remplacée par qui? Le « Ce Soir Show » des deux semaines passées était si lamentable qu'on ne peut même pas imaginer un instant qu'il survive aux vacances médiatiques et scolaires qui vont désormais de pair. À moins qu’il n’existe un Canal kabyle (ce qui serait précieux en de tels lieux que menace la sécheresse), que Thomas Touroude retourne donc à ses ballons qu’il n’aurait jamais dû quitter, si charmeur qu’il s’imagine. Les seuls qui parviennent, un peu, à tirer leur épingle du jeu sont le Gorafi et, de moins en moins, Cyril Eldin.

 

Le « Gorafi », (dont le nom est tiré d’une lecture dyslexique du titre du Figaro), n’est toutefois, comme souvent qu’une simple copie d’un modèle américain ; ce site parodique d'information a en effet été créé en mai 2012, durant la campagne présidentielle française, à l’imitation pure et simple de The Onion, (« L'Oignon ») média d'informations parodiques, créé en 1988 par Tim Keck et Christopher Johnson (à l'université du Wisconsin). Cyril Eldin, après des débuts prometteurs, ne se renouvelle plus guère. Il en est réduit désormais à nous présenter, tous les deux jours, les mêmes interviews des mêmes hommes politiques qui, à peine drôles la deuxième fois, sont tout à fait insupportables la troisième ! Si j’ose dire, on s’est tapé je ne sais combien de fois Rachida Dati !

 

Il a donc fallu se rabattre sur l’arme absolue des périodes de vacances, les inévitables rediffusions, mais, dans le présent cas, la plupart de ces « redifs » dataient d'une vingtaine d'années et l'on parvenait tout juste à y reconnaître les principaux intervenants. On a même cru bon de faire plusieurs émissions de ce genre et donc des redifs de redifs ! Je crains même d'en avoir vu certaines trois fois, plus par nostalgie ou hasard que par plaisir ou intérêt.

 

C'était franchement insupportable ; non seulement, on pouvait mesurer l'abîme qui séparait les productions du Canal+ de cette époque de celles qu'on nous inflige actuellement, mais on parvient même ainsi même à nous gâcher le souvenir agréable que nous pouvions en avoir. C'est sans doute sur les conseils d'un psychologue subtil qu’on est allé jusqu’à glisser subrepticement, parmi les vieilleries des grandes époques de Canal+, une ou deux émissions actuelles ou presque dont un numéro assez plaisant de Stéphane de Groot à qui servait de voisine et de victime ahurie Nabilla ; cette dernière, une fois ses vastes mamelles posées sur la table, avait pour fonction de nous dérider par ses incompréhensions ahuries (vraies ou feintes) sans y parvenir en dépit, des exemples d’hilarité (un bon rieur en fait rire dix !) donnés par Eldin et surtout Maïzena, dont c’est la seule vraie spécialité ou la pathologie majeure !

 

Parmi les redifs d’émissions relativement récentes car on ne nous rien épargné, le Petit Journal de Y. Barthès avait en outre les siennes propres ; un moment tout à fait remarquable, pour illustrer à la fois la nature, le niveau des produits nouveaux et si je puis dire leur caractère majeur, car nous avons eu droit chaque jour à une production dramatique du Petit Journal : l'une des plus réussies était consacrée au « pet » et retraçait une semaine de production sur le sujet, sous forme dramatisée, de ses deux plus éminents et inévitables collaborateurs, Eric et Quentin . Je vous épargne le détail … comme on nous épargné les odeurs que la télévision ne permet pas encore hélas de diffuser, ce que celui regrettaient manifestement nos deux auteurs. Ce sera pour la prochaine fois…sur Canal bien sûr !

 

Comment tout cela finira-t-il ? On doit sans doute attendre, pour lundi 4 janvier 2016 qui devrait marquer la rentrée des classes et les programmes modifiés, un coup de balai général, à condition toutefois qu'on ait trouvé quelque chose à mettre à la place du pitoyable « Ce soir Show », ce qui ne paraît pas évident vu le caractère lamentable des esquisses de solutions. Rien de bon ne s'annonce non plus du côté du Petit Journal où le règne sans partage de Y. Barthès donne à penser qu'il doit disposer, auprès de la direction de la chaîne d'appuis inavouables dont témoigne peut-être le ballet incessant de ses minets, de toute évidence de plus en plus nombreux et envahissants !

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