Ailleurs l'herbe est toujours plus verte ! Du Nouvel Observateur à Edouard Martin.

Si je savais comment retourner dans le blog du Nouvel Observateur sans que soit perdu définitivement les 1500 billets que j'avais en mémoire dans mon ancien blog « Nouvelles persaneries » publiés sous le pseudonyme d’Usbek, j’y  retournerais tout de suite. J’en ai été discrètement viré en 2010 pour un article paru le 8 août 2009. J’y faisais grief à un baron de la Sarkozie, René Ricol, « médiateur du crédit », pour un usage aussi excessif qu’impropre du mot « errement » ; il jugeait ce terme plus distingué que le si commun « erreur », mais il en ignorait clairement le véritable sens. Il avait donc alors, à mon insu, déposé une plainte en « diffamation à l’égard d’un porteur d’un mandat public » ; je n’avais évidemment pas été informé et il avait lancé sur ma piste (alors que mon identité et mon adresse courriel étaient parfaitement connues bien entendu, du Nouvel Observateur) la brigade financière de Paris dans un très clair abus d’autorité ; ce n’en était que le premier acte puisque j’ai été ensuite mis en examen puis jugé sans avoir jamais été entendu par la justice de notre si belle démocratie.

Naturellement, le directeur du NO, Denis Olivennes, était aussi concerné par l’affaire, ce qui rendait sans doute les choses délicates vu les relations, aussi étroites qu’inattendues, de ce dernier avec Madame Sarkozy ! On s’est donc alors employé au NO à me censurer plus ou moins, pour me conduire à « me soumettre ou à me démettre » ; j’ai évidemment choisi le second terme de l’alternative ! La justice avance à pas compté, ce qui a eu l’avantage de permettre un changement de régime et conduit, quatre ans plus tard, à débouter, d’ailleurs en terme sévères à mes yeux, la plainte en diffamation de R. Ricol qui se rêvait en ministre de Sarkozy ; il était redevenu un simple expert-comptable chez lequel on peut sans doute pardonner plus facilement d’ignorer le sens du mot « errement ».

Hélas, il semble que le fonctionnement du « blog des internautes » du NO  ait changé et si l'on veut bien sans doute m'y accepter, ce serait pour un nouveau blog ; ce changement me ferait perdre toute la « mémoire » du précédent que j’avais tenu pendant quatre ans et où j'avais des contacts et des échanges bien plus intéressants que ceux que j’ai à Mediapart où, si l'on ne fait pas parti de la « secte » et si l'on traite pas de façon étroite de la politique la plus immédiate, on n’a à peu près aucun échange avec qui que ce soit.

Je n'en veux pour preuve que le débat qui a été ouvert autour des propos de Monsieur Edouard Martin, l'ancien (très, très ancien…) syndicaliste, désormais inattendu candidat aux Européennes et même leader de la liste du PS honni pour l’Est la France (C. Trautmann ayant été, elle, proprement virée de la course aux prébendes réservée aux has-beens du PS !). C'est la preuve que n’intéressent, dans le Club ou Mediapart, que les aspects les plus médiocres et les plus sordides de la vie politique française, puisque les propos effarants d’effronterie tenus par cet individu, qui ne méritent que le mépris, ont attiré à ce jour près de 500 commentaires (488 très exactement au moment où j’ai consulté MDP) pour un texte au titre clairement antiphrastique « Je ne suis pas un produit marketing ! »

Sauf votre respect, Monsieur Martin ne nous prenez pas pour des cons avec tant d’impudence ! Vous n'êtes rien d'autre qu'un produit marketing, assez mauvais et dépourvu de crédibilité d’ailleurs, dont le seul mérite est d’afficher clairement son prix. L'opération « député européen »va vous permettre de multiplier votre salaire, que vous avez perdu ou être en voie de perdre, par dix. Comme la plupart des électeurs ignorent sans doute les règles de ce scrutin, ils ne sauront sans doute même pas qu’ils peuvent vous éliminer de la liste et vous punir ainsi de vous être vendu si ignomineusement à un parti pour lequel vous n’aviez pas eu de mots assez durs !

Le parti socialiste, sans bourse délier, espère trouver là une publicité dont il est bien éloigné en ce moment et glaner des voix à gauche ! Monsieur Martin a en effet occupé les écrans pendant des mois (plutôt bel homme dans le genre baraqué, viril et le langage à peine populacier propre à séduire l’électorat féminin plus que la parité), s'étant opposé à Sarko comme à Hollande et à leurs rodomontades à propos de Florange. L'amour soudain que lui porte Solférino n'a rien d'étonnant, puisque les retournements de vestes et les palinodies y sont l'exercice quotidien de tous les éléphants,  nous comme en avons encore récemment vu des exemples multiples !

 Quant à Edouard Martin, en affirmant sans rire à la télévision (il était encore récemment au Grand Journal de Canal+) ne pas être « un produit marketing », il a démontré qu'il était tout à fait apte à exercer les fonctions politiques juteuses qu’il vise.

 Certains commentaires ineptes, parus dans MDP, jugent remarquable de voir un ouvrier devenir député européen ! Le problème n'est assurément pas là ; on ne pourrait que se féliciter de cette soudaine promotion si elle s'était opérée dans des circonstances différentes ! Je ne sais quel commentateur suggère que le sort de Monsieur Martin aurait dû être de devenir, non pas député européen, mais Secrétaire général de la CFDT. Je ne sais pas si ce commentateur est innocent ou perfide ! La comparaison est toutefois clairement opportune, parce que, si l'on en juge par les précédentes carrières et les retraites dorées sur tranche de Madame Nicole Notat puis de Monsieur François Chérèque ensuite, Edouard Martin a effectivement tous les caractères qui ont permis, au terme de leurs mandats syndicaux, des promotions aussi rapides voir brillantes aux deux précédents Secrétaires généraux de la CFDT.

 Je vais aller prendre mon café du matin et j'ai donc pas envie de prolonger outre mesure ce billet, car je pense qu’on l'aura compris, Edouard Martin et toutes ces affaires me donnent envie de vomir ! 

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