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Billet de blog 16 octobre 2014

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Femmes en « boîte » ou un « joli mouvement de menton »!

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Le « joli mouvement de menton » (celui de Maurice Barrès) fut longtemps l’une des plaisanteries favorites du Canard enchaîné ! Sans doute encouragée par la promotion de Monsieur Emmanuel Macron à Bercy, Laurence Parisot, qui ne manque pas d'air, a fait connaître (peut-être comme le grand Maurice, « avec un joli mouvement de menton »), sinon qu'elle se portait candidate, du moins qu'elle ne refuserait pas une proposition hollandaise de direction d'EDF en lieu et place de Monsieur Proglio dont la fin prochaine était évidente aux yeux de tous. Faut tout de même pas pousser en dépit des accolades de Manolo au MEFEF ! Envisageait-elle la chose de façon sérieuse ? J'ai tout de même peine à le croire mais en l'occurrence cette suggestion s'inscrirait, tout à fait, dans le courant de la promotion des femmes à la tête de nos grandes entreprises et compenserait un peu l'éviction d'Anne Lauvergeon de la direction d’Areva, sans doute sur la suggestion malveillante de ce même Monsieur Proglio, puni par où il avait péché. Mon Dragon, clairement lui aussi à la solde du grand capital, avait nommé ce dernier Monsieur Proprio ce qui fait peu de cas d’EDF!

« Joli mouvement de menton » ? Ne devrais-je pas plutôt écrire « joli mouvement de Menthon », en faisant allusion, non point à Maurice Barrès, mais à la charmante Sophie de Menthon, figure chère à nos médias, certes avec une légère préférence pour RMC-BFM, la chaîne du capital, mais avec ce matin un pied à Europe1 où elle a fait son numéro habituel. Un mot sur le PAF et « les malheurs de Sophie » : en janvier 2013, le CSA a mis RMC en demeure de sanctionner cette pauvre Sophie (quoiqu’elle ne fut pas la seule en cause !) pour des « propos injurieux, misogynes, attentatoires à la dignité de la personne et à connotation raciste » tenus au cours d’une émission à laquelle participait, entre autres, Sophie de Menthon. À cette occasion, on  avait causé de l’indemnité reçue par Nafissatou Diallo à la suite de l’affaire DSK. Les commentaires et propos de Sophie de Menthon en particulier avaient alors créé une polémique, celle-ci jugeant bien payé le service rendu ! Sophie de Menthon avait ensuite déclaré : « Je m’excuse [on ne « s’excuse pas soi-même, chère Sophie mais on demande à être excusée] sincèrement d’avoir pu blesser des femmes par ce raccourci qui a laissé penser que j’exprimais un point de vue méprisant aux antipodes des valeurs que je défends depuis 30 ans de militantisme en faveur de la place des femmes dans la société ». 

Bref, laissons ce point ! La blondeur charmeuse et sémillante de Sophie est  plus payante à la télévision qu'à la radio bien entendu, même si, sur les ondes, elle conserve sont parler délicieusement affecté mais qui peut aussi parfois se faire populaire et par là racoleur. Elle joue en effet dans ce registre à l'aide de deux outils qui sont toujours les mêmes et qui constituent des emprunts à ce qu'elle imagine, à tort bien sûr,  être le langage populaire, alors que son lexique, si réduit qu’il soit, est décalé de deux ou trois décennies. 

Pour faire peuple en effet, elle ne dispose guère que deux mots dans son registre très majoritairement bourgeois, qui sont le verbe « bosser » (= travailler) mais surtout pour désigner une entreprise le mot « boîte » qu'elle affectionne particulièrement et dont elle use de façon exclusive pour désigner ses propres entreprises dont la nature précise m'échappe un peu puisqu'elle les définit essentiellement par le recours à « l'éthique », ce qui me paraît un peu contradictoire avec le business et le capitalisme qui ne brillent en général par cette caractéristique. 

Tout cela me paraît une forme de reflet et de reprise de son histoire personnelle. Cette charmante personne m'a toujours amusé, ne serait-ce que parce que, divorcée de Monsieur René de Menthon depuis plusieurs décennies, elle a choisi de garder ce précieux et élégant patronyme conjugal qu'elle préfère sans doute au vulgarissime Turpin qui est son nom de jeune fille. Sophie de Menthon, ça vous a tout de même une autre gueule que Sophie Turpin, alliant de façon tellement pittoresque et heureuse le prénom de l'héroïne de la Comtesse de Ségur et les charmes escarpés et agrestes du lac d'Annecy dont les montagnes ornent aussi son site (Bis repetita placent !). 

Pour sa carrière et cette si inattendue « éthique », je me borne par prudence à reproduire Wikipedia : « Elle est titulaire d'une licence d'anglais.

Elle a fondé en 1976 la société de télémarketing Multilignes Conseil, devenue plus tard Sophie de Menthon Conseil, puis rachetée par le groupe Teleperformance. Elle est aujourd'hui présidente de la Société de management des entreprises (SDME), un cabinet d'audit et de conseil aux entreprises qu'elle a créé en 2004.

Elle s'investit au sein du mouvement Entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance (Ethic [la clé du mystère !]), qu'elle préside depuis 1995. Elle a ainsi lancé la Fête des entreprises sous le slogan « J'aime ma boîte » qui a pour vocation de fédérer salariés et entrepreneurs le même jour, en partageant des moments de convivialité.

Également membre du comité éthique du Medef, elle en démissionne le 9 avril 20093, se sentant « en décalage » avec le mouvement patronal, et entendant marquer son « désaccord fondamental » avec la réflexion menée par Laurence Parisot sur l'encadrement des rémunérations des patrons ». Le 13 avril 2010, elle se déclare candidate à la présidence du Medef au micro d'Europe 1, mais le 26 avril 2010, renonce à sa candidature.

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