Tariq Ramadan : Emmanuel Marsigny dans "C à vous" ; racisme à rebours !

Emmanuel Marsigny dans "C à vous" : racisme à rebours !

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Un épisode supplémentaire et tout particulièrement savoureux de l'affaire Tariq Ramadan sur la Cinq le 15 mars 2008 dans l'émission « C à vous » d'Anne-Elisabeth Lemoine. 

L'annonce de l'émission, annonce que je n'ai vue qu'après coup était déjà significative dans sa formulation « Me Emmanuel Marsigny, son avocat ,[ de T. Ramadan] a accepté de s'exprimer pour la première fois. ». Emmanuel Marsigny a de toute évidence bien fait « d'accepter l'invitation » car aussi bien Anne-Elisabeth Lemoine que les deux « journalistes » chargés de l'assister dans cette redoutable tâche, Messieurs Cohen et Switek ont retrouvé en la circonstance les habitudes bien françaises du « journalisme-sic » (formule dont usait autrefois le Canard enchaîné). On sentait en effet les trois intervenants de l'émission, chargés d'interroger Emmanuel Marsigny, quasi mutiques devant le nouveau venu dont on comprenait bien pourquoi et à quelles fins on l'avait fait succéder au précédent défenseur de Tariq Ramadan même si les circonstances affirmées de ce remplacement demeurent quelque peu obscures (voir sur ce point les conflits qui opposent certains médias français comme L'Express et Le Monde.).

Jusqu'à une date récente en effet, Tariq Ramadan avait pour défenseur Yassine Bouzrou, dont le patronyme sonnait curieusement dans cette affaire surtout si l'on admet l'insinuation fort répandue selon laquelle le prévenu est victime d'un complot anti-musulman. Fort heureusement, c'est désormais Emmanuel Marsigny qui est chargé de sa défense, essentiellement sur le plan médiatique pour le moment ;  il l’a fait fort heureusement très vite et avec talent, avec sa première apparition sur nos écrans, à l'invitation de la Cinq. Et ce n'était pas pour rien, je vous l'assure car le même format de l'émission était exceptionnel : plus de 22 minutes ce qui n'est pas dans les habitudes de cette émission ! 

Désordre savant d'une chevelure qui commence à se clairsemer tout en gardant une coupe et un brushing poétiques, rasage de près d'un visage, à la fois mâle et délicat, agréablement régulier quoique proche d'une cinquantaine sérieuse, comment poser à Emmanuel Marsigny des questions qui risqueraient de l'embarrasser. ? 

A.E. Lemoine, sans doute vite tombée sous le charme, y renoncera très vite, Patrick Cohen, devant une attitude à la Marchais ("Vous avez vos questions ; j'ai mes réponses !") se résoudra très vite à n’en plus poser ; quant à Maxime Switek, réduit d’emblée à la portion congrue par ses collègues et surtout la verbosité toujours adjacente de Monsieur Marsigny, il choisira finalement de se taire ou à peu près. 

Était-ce à la suite d'un accord préalable, Monsieur Marsigny ne condescendant assurément à se risquer dans ce modeste média que sous réserve que la totale maîtrise de la conversation lui soit laissée et que les questions gênantes soient hors de propos, il a, à sa guise, daubé sur les prétendus mensonges des diverses victimes, toutes assurément douteuses et peu crédibles ... sinon stipendiées. Rappelons que, si trois ou quatre plaintes avaient été déposées, sans parler des multiples témoignages, d'hommes et de femmes, sur les comportements habituels de Monsieur Tariq Ramadan, Monsieur Emmanuel Marsigny n’a pas manqué, pour finir, de marquer qu'il avait reçu des centaines de témoignages de femmes absolument ravies de leurs rencontres et de leurs contacts avec le prévenu. 

Rien à dire à tout cela… Parfaitement prévisible une fois qu'on a vu comment se déroula l'entretien. La seule question qui pourtant était à poser à Monsieur Marsigny et qui ne l'a pas été été car ce point CRUCIAL n’a pas été évoqué la suivante sur laquelle les responsables de l'émission feraient bien de réfléchir. 

Pourquoi l’innocent Tariq Ramadan s’est-il senti obligé de s’inventer un alibi bidon pour le viol de Lyon ? Monsieur Tariq a prétendu être arrivé de Londres à Lyon en fin de journée (produisant à l'appui de ce fait une réservation d'avion qui bien entendu n'a pas la moindre valeur puisque rien n'empêche de faire une réservation sur un vol sans voyager sur ce vol), alors que de multiples preuves existent sur le fait qu'il était, la veille du viole en cause en Espagne et qu'il est arrivé d’Espagne (et non de Londres) par Iberia à Lyon, non pas le soir comme il le soutient mais en fin de matinée et des amis qui l’attendaient l'ont conduit à Lyon en milieu de journée.

Cet alibi bidon forgé à dessein pour prouver son innocence est donc la preuve même de sa culpabilité !  Son mensonge établit qu'il était bien sur place à Lyon au moment des faits qui lui sont reprochés ! N’est-ce pas la meilleure forme de confirmation de la validité du témoignage de la victime et de la volonté perverse de dissimuler et de falsifier les faits de la part du coupable présumé ?

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