Les croissants de Jean Luc Mélenchon

Les croissants de Jean Luc Mélenchon

 

On sait Monsieur Mélenchon nerveux et facilement irritable ;  de toute évidence, le fait de s'assimiler lui-même à la "République" comme il l'a récemment fait, avec éclat mais sans rire, lors des perquisitions de son domicile et du siège de la France insoumise : « Ma personne est sacrée, je suis la République » en ont apporté une preuve dont toute la France s'amuse encore !

Certes Jean-Luc Mélenchon pensait pouvoir dormir sur ses deux oreilles, comme il l'avait confié à Facebook le 7 janvier 2018 sous le titre glorieux : « Mes comptes de campagne présidentielle sont approuvés ».

Quelques citations de ce texte valent d'être rappelées : « L’année reprend pour nous avec une série de petits bashings qui favorisent le trafic des pompes à clics. Cette fois-ci, ce sont mes comptes de campagne présidentielle qui permettent de jeter un peu de fiel et de doutes sur moi. Pourtant, mes comptes ont été rendus à l’heure. Et ils ont été validés par la Commission, je veux le souligner. Pour cela, j’ai dû répondre par écrit à des centaines de questions qui arrivaient par paquets au fil des semaines pendant trois mois. Je dis bien des centaines. Celui qui rapporte sur mes comptes est payé pour poser des questions sans reculer devant aucun détail. Il trouve sa paye insuffisante. C’est son droit. Personne autour de moi n’est payé par la Commission pour répondre, quel que soit le temps que prend la recherche de la réponse précise demandée. 

Mes comptes ont été validés, je le répète. Mais le rapporteur de mon dossier a démissionné. [ ...] J’ai déclaré toutes mes dépenses sans exception car c’est une obligation de le faire. Le but de telles déclarations est certes le remboursement des frais jusqu’au plafond de 9 millions. Mais c’est surtout de montrer qu’on n’a pas dépassé le maximum de dépenses permises qui est fixé à 16,851 millions d'euros pour le premier tour de l'élection présidentielle.

J’ai donc déclaré absolument tout, tout jusqu’au détail, de ce que j’ai dépensé dans cette campagne, non dans l’espoir de voir tout remboursé mais pour prouver que j’ai respecté la loi. ». (Fin de citation).

Il faut dire un mot au passage ici à propos de la démission de Monsieur de Chalvron qui était le rapporteur chargé de l’examen des comptes des candidats (dont Jean-Luc Mélenchon). Il a démissionné au cours de sa mission en raison de désaccords avec le Président de la Commission des comptes de campagne qui ne concernaient pas que le seul dossier Mélenchon. Il a même précisé qu'il ne souhaitait pas s’en prendre directement à Jean-Luc Mélenchon. Il visait plutôt le fonctionnement opaque de la CNCCFP, qui tend à « ne pas forcément suivre les recommandations des rapporteurs ».

L'avocat de  S. Chikirou a néanmoins porté plainte en septembre dernier contre Monsieur  de Chalvron pour « dénonciation calomnieuse », en affirmant en outre : «Toutes les accusations portées contre Mediascop et Madame Chikirou sont fausses et sont fondées uniquement sur les élucubrations de Monsieur de Chalvron. ». Du pain bénit pour les Insoumis !

Toutefois, dans un courrier du mois de septembre, le procureur de Paris, François Molins a expliqué à l'Association de lutte contre la corruption, Anticor que "les surfacturations dénoncées [par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques] tendent à faire sérieusement suspecter l'existence de manœuvres délibérées destinées à tromper l'organe de contrôle aux fins d'obtenir des remboursements sans cause". [ Dans ce cadre, l’association Anticor avait déposé une plainte contre X – notamment pour détournement de fonds publics, abus de confiance et abus de biens sociaux – visant les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon, Marine le Pen, Emmanuel Macron et Benoît Hamon. L’association attendait donc  que la Justice dise clairement si les surfacturations ou sous-facturations sont légales. Elle souhaite ainsi avoir une réponse aux questions suivantes : 1/ Est-ce qu’un candidat a le droit de payer des prestations surfacturées, notamment à des proches ? ]  Le Procureur indique aussi avoir "diligenté une enquête préliminaire qui est toujours en cours". [ le soulignement est de moi car cet élément aurait dû alerter J.L Mélenchon qui, de ce fait, demeurait exposé à une perquisition ] D'où les perquisitions de mercredi au domicile de Jean-Luc Mélenchon et au siège de la France insoumise [ 17 octobre 2018].

Dans ces conditions, Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise demeuraient donc clairement exposés à des perquisitions « l'enquête préliminaire étant toujours en cours »;  Jean-Luc Mélenchon, tout en ayant sa conscience pour lui, à l'entendre, en ce qui concerne ses comptes de campagne, on comprend mal la fureur extravagante qui l' a saisi devant la mise en place de ces procédures, pourtant prévisibles, au point de le pousser aux comportements comme aux paroles qu'on a pu observer de sa part dans ces circonstances. Cela s'explique sans doute par un détail que certains ont relevé (comme Mediapart) mais sans lui donner toutefois l'importance qu'il revêtait alors pour Monsieur Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon, a toujours veillé au strict respect de sa vie privée et au silence sur ses amies ou, du moins sur les femmes qu'on avait pu parfois considérer comme telles, déposant systématiquement des menaces de plaintes lorsqu'il était fait état de supposition de pareilles relations avec lui, on comprend que Monsieur Mélenchon tienne beaucoup à l'image quasi angélique de son célibat.

Interrogé vendredi 19 octobre 2018, durant sa conférence de presse, sur la nature de sa relation avec Mme Sophia Chikirou, une de ses jeunes et charmantes collaboratrices, Jean-Luc Mélenchon a éludé la question : « Excellente, monsieur. » Avant d’ajouter : « Si vous voulez faire remarquer qu’elle est une femme et que je suis un homme et que, peut-être, cela pourrait entendre [sic ; sans doute pour "laisser entendre" ou "sous-entendre" ; ce léger écart de langue est peu courant chez JLM !] quelque chose, je vous rappelle quel est mon statut [d’état civil]. Vous le connaissez ? » Il a précisé lui-même qu’il était officiellement célibataire, qualifiant les questions de la presse sur ce sujet d’« insidieuses ».

 

( La suite demain).

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