Tariq Ramadan : le feuilleton continue

Tariq Ramadan : le feuilleton continue

 

Le feuilleton , désormais médico-politique, manifestement animé par Tariq Ramadan lui-même, se poursuit et se renouvelle de jour en jour. On a joué d'abord sur la corde pathétique, Tariq Ramadan, qui passe son temps à courir le monde, se plaignant soudain de douleurs aux jambes ; il affectait ainsi d’être atteint d’une sclérose en plaques y joignant, pour faire bonne mesure, une autre maladie, à ce jour non identifiée ; j'avais suggéré pour ce mal l'hypothèse du priapisme, ce qui serait,  pour ses abus sexuels, une fort opportune circonstance atténuante ; de ce fait, il était arrivé chez le juge d'instruction en ambulance. À tirer des larmes à un crocodile ou même à un seau à charbon !

Un médecin de la prison de Fleury-Mérogis ( à sa demande ou à celle de ses avocats sans doute),  avait jugé en effet,  son état de santé « incompatible avec la détention », par un certificat du 13 février 2018. Toutefois l’expertise médicale, demandée alors par la Cour d’appel avait conclu, le 19 février 2018,  au contraire, que l'état de Monsieur Ramadan n’était « pas incompatible » avec son incarcération. M. Ramadan avait été hospitalisé le 16 février et l'argument médical n'ayant pas permis la libération souhaitée, il lui a fallu trouver autre chose.

Tariq Ramadan, mis en examen pour viols et placé en détention provisoire depuis le 2 février 2018,  conteste toutefois, comme vous le savez,  les accusations portées contre lui par deux femmes qui se déclarent ses victimes. Il devait donc se présenter devant les trois juges d'instruction le jeudi 22 février 2018, mais, suite à l'échec de la tentative de libération médicale, il a refusé de se rendre à cette audience. La Cour d’appel de Paris a donc décidé, jeudi 22 février, de maintenir en détention Tariq Ramadan.

Toutefois, en même temps qu’avait lieu cette tentative de libération médicale, une campagne de soutien idéologico-politique a été organisée par des proches ou des amis de Tariq Ramadan avec quelques soutiens politiques, sur les réseaux sociaux et dans la presse (y compris dans Mediapart … ce qui est un peu étonnant).

Kamel Kabtane et Azzedine Gaci,  recteurs des mosquées de Lyon et de Villeurbanne, ont demandé la « libération immédiate » de « l’islamologue » (ce qui donne à penser que ces recteurs n'ont qu'une idée lointaine de la véritable islamologie), Tariq Ramadan étant victime, selon eux, « d’un lynchage médiatico-politique ». On exigeait sa « libération immédiate («au regard de son état de santé alarmant ») » ; l'argument ne tient plus guère après examen médical objectif on l’a vu !

Tout cela était aussi réclamé dans une tribune, publiée et répétée dans Mediapart. Elle était signée par une soixantaine de personnalités, parmi lesquelles la « militante antiraciste » Sihame Assbague, la « porte-parole du Parti des indigènes de la République » Houria Bouteldja, le François Burgat de l’IREMAM , l’éditeur François Gèze, le journaliste Alain Gresh («  le rédacteur en chef du Monde diplomatique, sans doute l'ami le plus fidèle et le plus précieux de Ramadan » précise Wikipedia ) et l’ancien directeur du CCIF Marwan Muhammad.

Les signataires accusent la justice d’appliquer à Tariq Ramadan « un traitement judiciaire d’exception » et appellent au « respect des droits fondamentaux d’une personne, indépendamment de ses origines, de sa religion et de ses opinions politiques ».

Cette position est toutefois loin de faire l'unanimité même dans des milieux qu'on pourrait imaginer a priori favorables, sur le plan des principes à Tariq Ramadan (même si on ne  distingue pas toujours clairement les siens ... à géométrie hautement variable !).

 

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