Tariq Ramadan : pour une justice IMAN-ente

Tariq Ramadan : Pour une justice IMAN-ente

 

Dans le poème du Père Hugo dont nous croyons que le titre est "Waterloo" (vous vous souvenez « Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine… ») et qui se nomme en fait « L'expiation » ; tout le texte est construit  autour de l'arrivée sur le champ de bataille d'une troupe d'appoint qui hélas n'est finalement pas amenée par Grouchy (le Français) mais par Blucher (le Prussien)! Comme le dit alors le poète : « L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme ! ».

Il en est de même pour les affaires de ce pauvre Tariq Ramadan ! Tous ses espoirs reposaient sur l'arrivée d'un nouvel avocat, remplaçant le précédent, faute de médiatisation de l'affaire , à ses yeux comme à ceux du bon peuple français auprès de qui il était suspect vu son allure et son patronyme !  Le nouvel avocat, quinquagénaire poivre et sel parfaitement caucasien voire parisien, convenait de toute évidence mieux,  mais il ne pouvait hélas ni prévoir ni prévenir les catastrophes qui s'accumulèrent alors, d'abord avec le faux alibi puis surtout  avec l'arrivée de nouvelles plaignantes porteuses de preuves irréfutables ou réputées telles, dont la fameuse "tache de sperme" sur « la petite robe noire », funeste "ejaculatio praecox"  sans doute !

Le faux alibi aérien, les allégations suspectes de maladies diverses et même le passage de l'ambulance à la petite voiture d'infirme ne firent illusion qu'un moment et ne résistèrent pas longtemps au vent des expertises ! Les troupes de sectateurs et de fidèles commencèrent à se clairsemer, les dons à se raréfier et les soutiens médiatiques à se réduire, hors de quelques feuillets d'obédience musulmane évidente ; le zèle se ralentit au fur et à mesure que la foi musulmane de Tariq semblait de plus en plus vacillante pour ne pas dire éteinte, en dépit de ses multiples et vertueuses affirmations ! 

On est ici tenté de reprendre un verre de « L'expiation » (je laisse ici l'interprétation et l'orthographe, fautives mais drôles, de mon logiciel de dictée Dragon, toujours facétieux sans le vouloir ; il  a compris et note le mot « un vers » par « un verre »... ce qui, en la circonstance, serait assurément celui du condamné avant l'exécution). 

« La femme, [ au lieu de la Garde ] espoir suprême et suprême pensée ». Car,  comme la Garde impériale était à Waterloo, "l'espoir suprême" de Napoléon, sa femme est sans doute, pour Tariq Ramadan, toujours emprisonné et de plus en plus isolé, « l'espoir suprême ». C'est donc, pour finir, à elle qu'on a fait appel, tant pour appuyer par son témoignage personnel les argumentaires de ses avocats que pour apporter sur le personnage et ses frasques une vue qu'on ne peut guère soupçonner de complaisance vu leur nature extraconjugale  !

Madame Iman Ramadan, puisqu'il faut bien l'appeler par son nom, est une Bretonne chrétienne qui s'est convertie à l'Islam par amour pour Tariq Ramadan qui lui a, dans la suite, fait quatre enfants mais qui, selon plusieurs de ses victimes, se présentait comme célibataire ou divorcé, sans qu'on sache exactement quel état civil il affectait face à Allah ! 

Bon gré, mal gré, Iman, dont le foulard cache peut-être les cornes naissantes (quoique, depuis le temps !), fait preuve d'un esprit large et apporte un soutien inattendu à son époux :  « Mon mari est un homme, [nul n'en doute et surtout pas ses victimes ] il n'est pas un ange [on a discuté à propos de leurs ailes ; pour le reste de leur anatomie on n'en parle pas !], il n'est pas parfait. Il peut commettre des fautes. Notre famille le soutient pour un crime qu'il n'a pas commis. Le reste, c'est entre lui et Dieu, et entre lui et sa famille. Les choses privées se gèrent dans le privé et ce qui est public ne peut être géré qu'en écoutant les principaux intéressés. Et pour finir, il n'appartient qu'à Dieu de juger les hommes et leurs actes ».

On ne saurait avoir l'esprit plus large!

Même les 27 000 € que Tariq Ramadan a versés à l'une de ses maîtresses d'un moment pour la faire taire, car non seulement elle avait écrit  le récit de leurs frasques mais elle en avait accumulé les preuves, n'ont pas entamé la fidélité inconditionnelle de cette épouse qui supporte avec autant de constance des infidélités de son mari que les prélèvements qu'il doit faire dans la bourse du ménage pour mieux vider les siennes ! 

Quoiqu'elle soit désormais presque la seule à le faire, Iman Ramadan montre donc un soutien sans faille à son époux et continue de dénoncer un « lynchage médiatique» dont il se dit victime. « Mon mari est accusé de viols qu'il n'a pas commis et qu'il nie depuis le début. Notre devoir d'être humain est de prendre la défense de celui qui est accusé à tort et injustement traité ». Elle a toutefois soin de ne pas préciser le nombre des plaintes contre son mari car depuis les débuts de l'affaire ce nombre des victimes, avec ou sans plaintes, n'a cessé de croître.

Sans mettre un instant sans doute l'imagination et le talent de Maître Marsigny, je ne suis pas sûr qu'il ait songé à justifier les viols et violences de son client par l'argument qui vient pourtant aussitôt à l'esprit lorsqu'on voit le portrait de Madame Iman Ramadan qui accompagne désormais certaines de ses déclarations en faveur de son mari.

On se prend à regretter que ne soit pas dans son cas invoquée la formule qu'on a pu lire ailleurs : « Voilée ou violée ». En ce qui la concerne, être complètement "voilée" est assurément au contraire, pour elle, le plus sûr moyen de risquer d'être violée; en effet, à visage découvert, ce risque  est pratiquement exclu. À voir Iman, on comprend que Tariq saute sur tout ce qui passe et sa physionomie peu avantageuse  explique peut-être aussi,(a posteriori si j'ose dire), le caractère quelque peu déviant des mœurs sexuelles de Monsieur Ramadan que mentionnent la plupart des victimes de ses entreprises.

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