Pour sauver l’honneur de la police

À l'adresse des policiers et gendarmes

Vous vous êtes engagés pour être au service de vos concitoyens.

Depuis 6 mois nombre d'entre vous ont été blessés par une petite minorité de manifestants violents.

Vous connaissez des conditions de travail insoutenables, vos heures supplémentaires ne vous sont ni payées ni rendues, vous manquez de moyens et souvent de formation au maintien de l’ordre, votre hiérarchie, par la pression et le harcèlement, exige de vous un comportement violent, et l’état de santé de nombre de vos collègues se dégrade radicalement par suite d’expositions prolongées et répétées aux gaz.

Il y a de bien trop nombreux suicides dans vos rangs.

Depuis 6 mois, des journalistes ont été délibérément visés et blessés. Outre une morte, un nombre jamais vu de passants et de manifestants pacifiques ont été très gravement blessés, dû à l'emploi inapproprié d'armes de guerre, à des ordres, des laissez-faire et des bavures que vous savez illégaux.

C’est votre honneur qui est en cause.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, le Conseil de l’Europe, le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, et le Parlement européen ont tous condamné l’emploi de ces armes meurtrières bannies dans tous les pays occidentaux.

Mais, plutôt que de répondre par des mesures politiques aux demandes des citoyens, l’État a choisi au plus haut niveau de répondre par une hyper violence et vous en fait l'instrument : vous êtes davantage utilisés pour protéger Emmanuel Macron et sa politique d'austérité au service des riches que pour protéger vos concitoyens.

Vous avez le monopole de la violence légitime mais devez en contrepartie être irréprochables, professionnels, et respecter scrupuleusement votre Code de déontologie qui précise les limites et exceptions à votre devoir d'obéissance.

Votre responsabilité personnelle est engagée, et surtout ce que vous avez sans doute de plus précieux, votre honneur et l’honneur des forces de l’ordre.

Des citoyens de la République

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