Observer les pratiques policières et judiciaires : le cas de Lyon

Deux récents rapports analysent la situation lyonnaise en terme de répression judiciaire et de maintien de l’ordre.

Le premier rapport paru en novembre 2019, intitulé “ Un an de répression judiciaire du mouvement des Gilets jaunes “, est une enquête sur la répression judiciaire du mouvement des Gilets jaunes à travers les audiences du tribunal correctionnel de Lyon de décembre 2018 à novembre 2019. Dernier avatar d’une violence d’État de plus en plus étendue, ce traitement judiciaire éclaire le système répressif dans son ensemble : une justice d’abattage et brutale, résultant du choix fréquent de la procédure de comparution immédiate, mais également une justice partiale, et pour tout dire une justice politique, suivant servilement les directives gouvernementales. Au terme de cette enquête, comment ne pas se demander si ce n’est pas Emmanuel Macron qui préside le tribunal correctionnel de Lyon ?

Le second rapport paru en janvier 2020 a pour titre " Étouffer, intimider, criminaliser : une politique intentionnelle de maintien du désordre ". À travers l’analyse des données disponibles (presse, témoignages reçus, procédures judiciaires, puis à partir de décembre 2019 observations directes), ce rapport dresse un état des lieux de la répression physique des manifestations par la police au cours de l’année 2019 à Lyon. En une année, les autorités n’ont eu de cesse de harceler physiquement les manifestants pour mieux les intimider, et de multiplier les troubles pour mieux criminaliser et discréditer le mouvement social. Au passage, elles sont restées obsédées par la sanctuarisation des activités commerciales de l’hyper centre de Lyon, avec un effet largement contreproductif. Bien loin du « maintien de l’ordre » sans cesse allégué pour justifier l’énormité et l’accroissement du dispositif policier, c’est un véritable maintien et développement du désordre qu’a décidé la préfecture. Au total, et peut-être parfois à leur corps défendant, les policiers et gendarmes déployés ont été autant de petits soldats d’un gouvernement décidé à mater la contestation sociale plutôt que de garantir une liberté fondamentale en laissant les citoyens s’exprimer, voire de modifier sa politique.

Ces violences ne constituent donc pas des « bavures » ou autres « dérapages », mais bien le résultat d’une politique intentionnelle menée par le gouvernement pour anéantir toute contestation. Il est temps pour les citoyens d’en prendre la mesure et de s’organiser en conséquence. Aussi, afin d’alimenter son travail d’analyse et d’alerte, le Comité de liaison contre les violences policières de Lyon appelle les victimes de violences à témoigner à l’adresse surveillonsles@riseup.net. Les noms et coordonnées resteront confidentiels, et les faits seront recensés, anonymisés et publiés.

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