La retraite négligée par les candidats, sauf par Mélenchon

Pour une forte majorité de Français, la question des retraites est insuffisamment abordée par les candidats à la présidentielle ! Excepté par Jean-Luc Mélenchon, le leader du Front de gauche, favorable à la retraite à 60 ans.

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Selon le dernier sondage IPSOS-LOGICA pour Le Monde , 73% des Français considèrent que l'on ne parle pas assez des retraites. Parmi les rares candidats à en parler, Jean-Luc Mélenchon s’est clairement engagé à rétablir l’âge légal de départ à 60 ans.

Hollande reste flou sur la retraite à 60 ans

Ce faisant, le leader du Front de Gauche reste un des rares candidats à répondre à l’une des préoccupations majeures des Français, au moment où d’autres, qui avaient pourtant promis de le faire, avant de se parjurer, tel François Hollande, persistent dans le flou sur la question !

De fait, Hollande ou Bayrou demeurent enfermés dans la pensée libérale dominante, qui consacre la loi de la jungle tueuse d’hommes, comme système d’organisation des sociétés humaines.

Même si François Bayrou prône la retraite par points, un régime à la carte supposé permettre la liberté de choix de l’âge de départ, son principe s’écarte de la retraite répartition, dont la philosophie est de gommer les disparités et inégalités en instaurant la solidarité intergénérationnelle entre actifs et non-actifs !

Retraite à 60 ans : Sarkozy, Hollande et Bayrou sur la même ligne libérale

Un système que le Conseil National de la Résistance a mis en place à la Libération, alors que la France était exsangue et qui, malgré cela, a parfaitement fonctionné, contribuant à une amélioration sans précédent de l’espérance de vie et des conditions d’existence de plusieurs générations. Lesquelles, entre 1945 et 1980, ont ainsi pu profiter d’un repos et de loisirs auxquels ils n’auraient, sans ce progrès social, jamais pu accéder.

De surcroît, le temps libre dégagé a permis à l’industrie touristique de se développer considérablement, créant des millions d’emplois sur plusieurs décennies.

Hollande et Bayrou raisonnent trop en comptables, pas assez en politiques. Ils ne se différencient pas vraiment des promoteurs de la régression sociale, au premier rang desquels l’enragé Sarkozy, qui ne fait que favoriser ses amis assureurs privés, dont son propre frère Guillaume, patron d’une société privée, spécialisé dans les produits d’assurance retraite par capitalisation !

Pourquoi ce silence à propos de la retraite ?

Pourquoi, alors que le sondage d’Ipsos le révèle sans ambigüité, Hollande, Bayrou sont si discrets à propos de l’une des préoccupations majeures des 50 millions d’électeurs français ? Pour ne pas affoler le système libéral auquel ils ont fait allégeance et ne pas contrarier les intérêts privés !

Pourtant, toutes générations confondues, les Français attendent des réponses conformes à leurs aspirations ! Et pas seulement les plus concernés que sont les Français issus du baby-boom, âgés de 50 à 60 ans, qui sont immédiatement pénalisés par les lois iniques de novembre 2010, voulues par Sarkozy et son psychorigide Premier ministre François Fillon.

C’est à ce dernier, dans la continuité de Juppé, en 1993, que les assurés sociaux doivent la démolition méticuleuse de la retraite par répartition à partir de 2003, avec la complicité de François Chérèque. Heureusement, en 2010, le patron de la CFDT a pris conscience de son erreur grossière et du piège dans lequel l’extrême-droite ump sarkozyste l’avait fait tomber !

Jean-Luc Mélenchon pour la retraite à 60 ans tout de suite

Ce silence ne concerne pas Jean-Luc Mélenchon, promoteur de la 6ème république, lequel s’est engagé sans ambigüité à rétablir l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans :

« Je suis pour la retraite à 60 ans à taux plein et sans décote. Ce n’est pas parce que l’on vit plus vieux que l’on doit travailler plus longtemps. C’est une aberration. Si on vit plus vieux, c’est parce que l’on travaille moins. » TF1, « Parole directe », 20-02-2011

Sa proposition : Rétablir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, soit 75 % du salaire de référence. La pénibilité de certaines professions sera prise en compte et donnera droit à des départs anticipés. Les retraites des salariés ne pourront être inférieures au SMIC.

 

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