Christian Saint-Etienne est un des économistes libéraux très médiatisés. J’ai eu la curiosité d’aller sur son blog et d’y écrire plusieurs contributions.
Après avoir lu un article de Christian Saint-Etienne, titré « Pourquoi réformer ? », paru le 3 mars 2008, le hasard a voulu que le 24 janvier 2011 je relise cet article. J’y ai constaté, qu’entre-temps, CSE s’est autocensuré. Et que le texte supprimé n’est pas anodin.
Je relate donc, ci-après, l’échange qui s’en est ensuivi entre Christian Saint-Etienne et moi-même, c’est croustillant :
Le lundi, janvier 24 2011, 00:22 par Robert Mascarell
Monsieur Saint-Etienne, je n’en crois pas mes yeux. En me baladant par hasard sur votre site, j’ai fait une découverte extraordinaire, qui en dit long sur votre mentalité.
Le 3 mars 2008, vous avez écrit un article titré « Pourquoi réformer ? ».
Vous écriviez entre autres : « Ces réformes (en France -RM) doivent être absolument mises en œuvre dans les dix-huit mois qui viennent, dernière fenêtre de tir pouvant obéir à la raison dans le cadre d’un dialogue social intégrant l’urgence de l’ajustement, avant le grand krach économique et social qui nous menace. C’EST D'AUTANT PLUS NECESSAIRE, QU'EN DEPIT D'UN PREMIER SEMESTRE 2008 QUI VA NOUS APPORTER BEAUCOUP DE MAUVAISES NOUVELLES, LE DOUBLEMENT EN CINQ ANS DE LA CLASSE MOYENNE MONDIALE LAISSE PRESAGER UNE FORTE REPRISE (dans le monde -RM) COMMENCANT À L’AUTOMNE 2008 ET SE DEPLOYANT EN 2009. »
Cette dernière phrase, que j'ai mise en majuscule, vous l’avez purement et simplement effacée. Vous vous êtes autocensuré.
Incroyable ! Mais compréhensible, tant y apparaissent vos piètres qualités d’analyste.
Comment me suis-je aperçu de votre manipulation honteuse ? Ce jour, j’ai tout simplement relu cet article.
Il se trouve, que le 12 février 2009, après vous avoir entendu débattre avec Emmanuel Todd, sur France Inter, lors de l’émission « 7/10 », présentée à l’époque par Nicolas Demorand, j’ai été tellement indigné par votre comportement que je vous ai écrit la lettre qui suit. Malheureusement, je n’ai pas réussi à la mettre sur votre blog, probablement à cause de ma maladresse.
Ce que voyant, je l’ai mise le 13 février 2009, sur le lien suivant :http://www.protectionnisme.eu/Emman...
Vous pouvez encore lire cette lettre à cette adresse. Elle s’y trouve après la reproduction vidéo du fameux débat face à E. Todd.
Mais pour édifier vos blogueurs, je reproduis la lettre que je vous avais destinée le 12 février 2009 et qui conserve toute son actualité :
« Le 12 février 2009, j'ai suivi, sur le site franceinter.fr, votre débat face à Monsieur Emmanuel Todd. Je vous y ai vu tellement en fureur que je me suis dit que vous manquiez singulièrement d'assurance. Pourquoi ? me suis-je demandé.
M'est alors venue l'idée d'aller sur votre site pour y lire ce que vous aviez écrit ces dernières années. Je suis loin d'avoir tout lu, mais très vite je suis tombé sur de véritables perles, qui m'en ont beaucoup appris sur la qualité de vos analyses prospectives.
Pour illustrer mon propos, je soumets à votre sagacité cette citation, tirée de votre article intitulé "Pourquoi réformer ?" : "Ces réformes (en France -RM) doivent être absolument mises en œuvre dans les dix-huit mois qui viennent, dernière fenêtre de tir pouvant obéir à la raison dans le cadre d’un dialogue social intégrant l’urgence de l’ajustement, avant le grand krach économique et social qui nous menace. C’est d’autant plus nécessaire, qu’en dépit d’un premier semestre 2008 qui va nous apporter beaucoup de mauvaises nouvelles, le doublement en cinq ans de la classe moyenne mondiale laisse présager une forte reprise (dans le monde -RM) commençant à l’automne 2008 et se déployant en 2009."
J'ajoute que vous avez écrit cet article, alors que la crise des subprimes a commencé à faire sentir ses effets en juillet 2007, et que depuis bien avant encore, on peut lire sur le site europe2020.org, que le système capitaliste est engagé dans une crise systémique globale, ayant pour épicentre les Etats-Unis. Pays dans lequel vous avez vécu six ans.
A la lumière de cette citation édifiante, je comprends mieux pourquoi Monsieur Todd a prôné, au cours de ce débat, la suppression du Conseil d'analyse économique, dont vous êtes membre. Après tout, cela irait dans le sens de ce que vous théorisez, l'allègement des dépenses publiques.
Je ne doute pas que vous saurez oublier vos intérêts personnels, pour mettre vos actes en accord avec vos paroles. »
13. Le lundi, janvier 24 2011, 11:35 par Robert Mascarell
Vous avez répondu par courriel à mon interpellation relative à l’autocensure d’une phrase de votre texte écrit en mars 2008, titré : « Pourquoi réformer ? », ce qui suit :
« Non seulement cette phrase, écrite avant Lehman, ne change rien à l'analyse mais les émergents ayant échappé à la crise, la nécessité de réformer est plus forte que jamais. Vous êtes décidément aussi aveugle qu'agressif. » (Christian Saint-Etienne).
Par souci de transparence, je vous ai répondu sur votre boîte mail de la manière suivante :
« Il est vrai qu’en matière d’agressivité vous êtes un parangon de vertu. J’invite tous vos lecteurs et auditeurs à aller sur le lien suivant :
http://www.protectionnisme.eu/Emman...
Ils vous y verront dans un état de zénitude absolue.
J’en viens au fond maintenant. Si cette phrase, que vous avez retirée de votre texte titré « Pourquoi réformer ? », écrit en mars 2008, ne change rien à votre analyse, pourquoi l’avez-vous enlevée ? Pour raccourcir votre texte déjà très court ? Ne nous prenez pas pour des naïfs.
Vous me faites penser à Michèle Alliot-Marie, qui se contorsionne pour ne pas reconnaître qu’elle a bel et bien proposé à Ben Ali de lui envoyer nos policiers pour aider celui-ci à maintenir son ordre contre le peuple.
Sachez que j’informe Emmanuel Todd de vos qualités de caviardeur de vos propres textes. »
Quant à votre réaffirmation de la nécessité de réformer plus que jamais, en particulier parce que les émergents ont échappé à la crise, elle masque à peine votre souhait que la condition des peuples des pays développés soit alignée sur celle des peuples des pays pauvres.