Condamnés à s'aimer! l'Algérie et la France, retour vers le futur.

Moi , pied noir, je souffre chaque jour de n’avoir pas de terre pour me reposer éternellement. Et je voudrais pouvoir choisir un espace de terre d’Algérie qui m’appartiendrait. Ce qui est impossible de part la législation algérienne. Mes parents sont nés en Algérie et enterrés en France ; mes grands-parents sont inhumés en terre de Tlemcen ou alentours. Je n’arrive pas à localiser leurs tombes.

 

Condamnés à s’aimer

l'Algérie et la France , retour vers le futur

Moi , pied noir, je souffre chaque jour de n’avoir pas de terre pour me reposer éternellement. Et je voudrais pouvoir choisir un espace de terre d’Algérie qui m’appartiendrait. Ce qui est impossible de part la législation algérienne. Mes parents sont nés en Algérie et enterrés  en France ; mes grands-parents sont inhumés en terre  de Tlemcen ou alentours. Je n’arrive pas à localiser leurs tombes.

Ma patrie , la France souffre d’une langueur et d’une désespérance bien qu’elle dispose d’une capacité de création et d’imagination et d’une  générosité d’accueil  étonnante.

Mais la France se meurt de se pencher  sur son passé. Mon pays, l’Algérie , riche pour 50 ans désespère de s’organiser, de former ses élites, de faire travailler sa jeunesse.

Or l’Algérie pourrait être le fer de lance de la Méditerranée voire plus .

Laissons aux historiens le soin de mesurer le poids de l’histoire et de donner un jour aux politiques  les pistes de réflexions pour que vivent les hommes ensemble.

Chaque jour je téléphone à Oran , Bougie, Alger, etc. ; j’aide de nombreux amis à faire valoir leur droit à venir sur le sol de France, cette terre de l’excellence et des solidarités.

Relisons Albert Camus : Il y a deux Camus très différents quant à l'Algérie. L'un est politique. La thèse est simple et connue : l'Algérie française est une réalité, elle est souhaitable, mais il faudrait l'humaniser, donner la   pleine citoyenneté française aux algériens, et abolir les privilèges :      tous les algériens égaux en droit. Camus pense (se référer à son dernier    texte, inachevé, "Le premier homme") que la colonisation française a   trouvé un pays sans une habitation, sans un lopin de terre cultivé, dans    un espace nu et désert. Ces colons sont des socialistes réprimés dans la       France de 1848, ils viennent fonder une utopie, l'Algérie arabe et   française, messagers de l'universalité des Lumières de la Révolution    française. Acte d'accusation : pas de trace d'une éventuelle culture    berbère, d'une spécificité de l'Islam, d'une épaisseur historique.

Les articles de Combat traduisent un repli progressif sur une ligne de défense de plus en plus "franco-centriste". Il y déplore que l'attitude    fascisante des colons, favorables à Vichy, ait entraîné cette    radicalisation des mouvements d'émancipations autochtones. Lorsque la   guerre éclate, puis qu'il la sent perdue pour la cause d'une Algérie   française, il en vient à stigmatiser le nationalisme algérien : le rêve   d'un Esprit Saint égalitaire descendant sur le colon esclavagiste avait  fait long feu...

"Relire Camus et autour de Camus avant et après d'autres voix algériennes, d'autres voix d'Algérie : c'est cela aussi reconstruire une mémoire, car de leur étouffement provisoirement sans doute quelques-unes des impasses du présent." (C.Chaulet-Achout). Mais laissons les exégètes tracer les voies du passé et nous, construisons celles du futur. Unissons ces deux terres à peine séparées par notre mer, mais liées par tant d’histoires, de morts, de vies et de besoins d’amour.

Que le ciel soit avec nous, inch Allah! Mais aidons le, car Dieu a besoin des hommes.

Je garde dans mon cœur, planté comme une echarde,
Le mal de ce pays lointain où je suis né...
Au soleil éclatant de Méditerranée,
II est là quand le soir ma nostalgie s'attarde
A remonter le temps au fil des souvenirs,
Du tout petit enfant en mal de devenir

Marc Antoine Cianfarani                   

Je n’aime que ma patrie ; je ne crains que les dieux ; je n’espère que la vertu » (Montesquieu)

L'évolution de tout le bassin méditerranéen depuis 50 ans semble aboutir à une désintégration des nations ; seules l'Italie, la France, la Turquie et l'Algérie et le Maroc semblent montrer une forme de stabilité  mais souvent des économies précaires.

Nous sommes un bassin d'un monde ancien, sans beaucoup d espoir de redevenir un univers exemplaire.

 

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