Et c’est de la crédibilité de l’Etat dont il s’agit…
Contraint qu’il est par le Cerbère de respecter ses valeurs financières, pour équilibrer ses comptes avec les méthodes qui lui sont “propres”, l’Etat voyou, cherche partout de l’argent ;
Au grand jour, s’en prenant à leurs petites retraites, il fait le sac des grand-mères, les allocs” des chômeurs, la pension des invalides, la tirelire de tout petits écureuils qui apprennent à leurs dépens qu’il vaut mieux manger tout de suite ses noisettes ou bien aller les cacher ailleurs .
Au motif que son besoin d’argent est exigible de suite et que son Trésor est Public, le Pouvoir invente le citoyen, « amendable ». Changeant les règles du jeu à chaque instant, il organise son infraction, en fonction de ses besoins pour dit-il, modifier ses comportements.
C’est le sens des battues qu’il mène, embusqué au tournant des routes, tapi dans les délais, et les détails de la réglementation.
Dans l’anonymat, une nouvelle génération de robots fonctionnarisés, et de E-administrateurs posent sur nos parcours d’invisibles collets pour le secret plaisir que leur Ministère tire d’aller relever ses pièges et de solder le compte de tous ceux qui seront tombés dedans.
En réalité rien ne change pour le “François” toujours taillable et corvéable à merci, de nouveaux impôts se lèvent, et tous les jours, il dit “oui”. Le citoyen met la main au pot et l''Etat, la poule.
En manque de liquidités, celui-ci devient dangereux, Loin d’assurer sa protection,il traque le citoyen ; Amendable par défaut, il ne tient qu’à lui de se mettre en règle. Comble de la perversité, il nous délègue sa fonction de contrôle. Alors nous compostons, nous validons, démentons en permanence que nous sommes d’invétérés fraudeurs ; s’en dispenser retournerait de la préméditation. Il fait son trésor de la guerre et des gardiens de la paix, de nouveaux percepteurs, car c’est au nom de la sécurité qu’aujourd’hui, il verbalise. La répression s’avère une des dernières niches financières juteuses. Il n’y a plus de limites.
Comme celle du tabac, la délinquance automobile a un prix ; liée à la production de danger, l’infraction est plus légitime et facile à faire admettre… ça marche. Qui s’opposerait à sauver des vies ?
Aujourd’hui la police n’est plus en charge de la sécurité du citoyen mais plutôt de son insécurité ; partout, il peut être inquiété : contrôleurs d’incivilités, caméras surveillantes, voitures banalisées, robots inhabités mais pas aveugles, interlocuteurs absents, policiers cagoulés, tellement ils se ressemblent, on ne saurait dire aujourd’hui qui sont les gendarmes ni qui sont les voleurs. La sécurité a bien un prix et l'infraction manque de contact : jamais procès n’auront été moins verbaux. Si le législateur n’a plus de visage, qui donc fait la loi et quelles sont donc ces guerres qu’on ne mène que caché ?
Il y a très longtemps, les écoles mettaient sur les trottoirs avec leurs petits drapeaux tout ce qu’elles pouvaient compter d’enfants pour accueillir les officiels souverains, c’était « avant » ; aujourd’hui, ils ne veulent plus voir personne ; ils ne descendent plus les grands boulevards, ils les contournent ; les périphériques sont faits pour ça et pour leurrer ceux qui voudraient malgré tout leur dire bonjour, certains voyageraient même nuitamment, à bord de voitures dans laquelle ils ne seraient pas. Ils se retrouveraient , dit-on, par les airs, dans des endroits où personne n’irait les saluer, sur des isthmes, des îles ou dans les montagnes pour y parler avec les grands, de choses que les petits n’ont pas à connaître… on sait juste qu’ils sont bien arrivés .
Alors, je me dis que pour être devenus aussi sauvages, ils ont bien dû perdre le sens du commun, et pour avoir si peur comme ça, de rencontrer quelqu’un, je me demande quand même, ce qu’ils ont bien pu faire de très grave.
Robin Dubois