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Billet de blog 14 août 2015

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Fini, les bébés !

Grande marche animalière. les routes seront bloquées.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

  Quelque part, j’ai lu que l’espèce animale serait en voie de disparition et c’est bien normal que comme nous, elle proteste.

 A en croire une délégation de castors qui avait fait un barrage sur la route, les petits animaux ne pourraient plus se reproduire dans la nature au motif qu’il n’y fait plus jamais nuit, qu’il n’ont plus de haies pour s’y cacher, qu’ils y sont éclairés comme en plein jour, que beaucoup d’entre eux meurent chaque année en traversant, que le bruit ne s’arrêterait jamais, que ce n’est pas parce qu’ils vivent dehors qu’ils n’ont pas droit au logement.

Tout le monde était là, les cigognes bouchaient les cheminées des trucks, les vaches se chargeaient de la chaussée, les ânes avaient prêté leur dos pour la déformer et les hirondelles refusaient de faire le printemps, une vraie foire ! Foi d’animal, ils prétendent que leur lieu de vie rétrécit et que leur liberté itou, qu’ils n’ont plus d’endroits où aller, qu’ils ont peur tout le temps, qu’ils ne veulent plus copuler, en fait.

Ils préfèrent congeler leurs oeufs dans leur terrier, pour plus tard quand ils pourront sortir. 

Pauvre mammifères que nous sommes. Assourdis par les sirènes des "veilleurs" qui nous disent qu’il « est minuit, braves gens », et de dormir en paix. Aveuglés par les girophares de l'actualité du soir, nous ne pouvons plus vivre qu’aux urgences.

 Il y a l’alerte attentat, l’alerte Pollen, l’alerte info, l’alerte tempête, celle de niveau rouge, la orange, et puis celle qui nous dit à quoi nous avons réchappé aujourd’hui qu'on ne savait même pas ; Et quand il n’y en a pas, c’est bien pire que tout, c’est que plus personne ne veille à ce qui se trame demain. Nous sommes addicts aux alertes.

 Entre le frelon asiatique, les méduses, de l’été, la prévention du cancer du colon et la mammographie en hiver, chaque saison nous accompagne de son cortège de sortilèges et nous hospitalise avant d’être malades ; nous passons le présent à conjurer demain,

Demain nous fait peur, trouverons-nous un fourré où passer la nuit, même blanche et quelque chose à grignoter avant d’être écrasé sur notre route ?

  Moi, je sais bien pourquoi les petits animaux ne veulent plus se reproduire.

  Robin Dubois

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