Des chèques à vie ?
Chèque déjeuner, chèque vacances, chèque énergie, chèque carburant, chèque loisir ; et pourquoi pas ticket de pain, de beurre et puis de lait ? Ma parole mais c’est la guerre ! Nous vivons en période de restriction mais de quelle guerre s’agit-il ? De celle contre la pauvreté, on dirait fort.
Se peut-il que notre vie soit à ce point dépendante de ce chapelet d’aides en nature, nouveaux produits de pauvreté, hérités d'un régime féodal aux allures de métayage ; payés en lait, en jambon et en œufs de poule, assistés et dépendants que nous sommes, notre salaire nous revient maintenant sous forme de primes et pour les dépenses qui nous sont allouées. Nous vivons d’expédients, des dons de la Républicaine charité.
Quand même en être arrivé là ! Pour que de façon aussi insidieuse qu’indolore les plus indigents d'entre nous fassent allégeance à l’Etat pour se chauffer, déjeuner, s’éclairer. Comme L’Entreprise celui-ci s’assure de notre fidélité qui s’appelle aussi dépendance.
Ces chèques « d’alimentation » seraient-ils la contrepartie non versées de notre salaire, le gage de notre servilité et de notre soumission car ces « avantages » ne sont pas de plein droit ; à la discrétion du bailleur, ils constituent « La Caution ». Un genre de dépôt de garantie qu’il peut à tout moment suspendre.
Préférer l’Assistance au salaire, c’est cela qui prime. maintenir les salaires au seuil de la révolte, c’est la variable d’ajustement de la politique Nationale ; en cas de « bololo » c’est sur la prime que l’acteur économique va agir, le complément de vie, c’est lui qui l’a.
Foi d’animal, le travail ne fait plus recette, avec lui on ne peut plus gagner sa vie ; mais alors de qui gagne-t-on la vie ? Voilà donc qu’au beurre nous préférons l’argent du beurre, l’argent pour les vacances au chèque vacances, le déjeuner plutôt que le chèque déjeuner, l’argent du carburant au chèque carburant. Qu’on restitue donc au salaire l'équivalent des aides qui lui ont été soustraites et redistribuées en tickets de toutes natures. Il n’y a pas d’emplois aidés, les tickets ne se mangent pas.
Et je ne peux m'empêcher de penser à "Marie-Toinette" , pas pour la guillotine mais pour ses viennoiseries : 'ils n'ont plus de pain ? disait-elle, "qu'ils mangent des croissants !" , "ils ne peuvent plus rouler à l'essence ? qu'ils roulent à l’électricité" ! nos grands sages ont-ils aussi perdu la tête ? L’essence est aux gilets jaunes de la révolution industrielle ce que le pain fût aux "sans culotte" à la révolution Française, un produit très inflammable...
Robin Dubois