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Billet de blog 23 mai 2016

Moi et mon agent B37

Fiction potentielle d'un futur proche dont le décor se dessine dans les stades.

Robin Roca
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Enfin je me réveille après avoir mis tant de temps à trouver mon sommeil.

C'est enfin le jour du match, celui que mon père appelait en son temps le «classico».

Ce soir c'est l'OM contre le PSGentreprise.

Je prépare mes affaires pour partir au stade sans oublier mon beau maillot.

Après quelques heures à chanter dans le bus avec mes amis supporteurs, nous arrivâmes au stade.

Nous étions tous bouillants, prêts à donner notre âme pour que nos cris transportent les joueurs.

L'accès aux tribunes fermées était long et très surveillé.

Plusieurs étapes de fouilles et autres inspections, je suis alors renvoyé au poste du stade pour aller chercher mon CRS particulier.

C'est le tarif lorsqu'on est fiché SF (supporteur fanatique).

Les autoritées préfèrent réagir ainsi.

Maintenant ils les formes pour ça.

Avec le temps, mon CRS était souvent le même, c'était B37.

Je crois qu'il s'appelle Marc mais il n'aime pas que je l'appelle autrement que par son matricule, trop de proximités pourrait nuire à son professionnalisme d'après lui. 

Moi j'ai toujours dit, quitte à être collés deux heures, au moins vivre le spectacle ensemble.

Mais B37 était distant, prêt à bondir, la main sur sa bombe à gaz. 

Il écoutait les ordres et parfois, il me toucher l'épaule en regardant ailleurs.

Avec l'alcool, je riais à chaque fois, son humour étant toujours très bref, la lourderie n'avait pas le temps d'arriver.

Je me souviens de la fois où nous avions égalisé contre le Real de Madrid en coupe, de joie, j'ai sauté dans ses bras, lui m'a jeté au sol en geulant.

J'ai eu de la chance, normalement lorsqu'on saute sur son agent personnel, on est gazé.

Je crois que je l'aime bien ce cher B37!

Lui et moi nous suivons depuis des années, je me souviendrais toujours du coup de matraque que j'ai pris quand je suis monté sur se pilonne à Paris, que nous avions ri!

Beaucoup de mes amis ont des agents beaucoup moins sympa que le mien!

Il arrive même qu'après m'avoir mis en garde a vu, il me ramène ensuite à la maison sans trop déchirer mes habits, c'est cool de sa part quand même.

Je me souviens de cette journée du mois d'aout, il faisait tellement chaud, le soleil tapait sur le béton des gradins, pas une brise.

B37 sous son armure suffoquait, coulant à pleines gouttes.

Au bout d'un moment il ferme un œil puis s'écroule.

Inquiet je me précipite en criant, ce qui alerta d'autres agents qui me jetèrent plus loin pensant que j'avais agressé mon surveillant.

Après seulement 24 heures au poste, c'est mon cher B37 qui me libéra.

Fou de joie, je brise le protocole d'interactions et lui saute dans les bras!

J'ai pris une beigne.

 Bon sang, j'étais heureux de savoir qu'il allait mieux... 

Lui aussi en avait marre de voir un match dans ces conditions.

Il savait au fond de lui qu'il était utilisé de mauvaise façon.

Attention.

Un État qui déploie de façon croissante dans le temps des unités d'intervention exceptionnelle habitue le citoyen à cette présence.

La présence inconsciente et répétée peut entrainer une généralisation d'elle-même. Le contexte crée le cadre.

Une situation exeptionnelle ne peut se régler seulement sur le plan répressif.

Répressions et réactions ne sont un idéal pour personne.

L'idéal est hors de celà.

Il serait temps de passer à la réflexion plus profonde de nos faits de société pour enfin tendre à un avenir moins négatif.

Un sujet ne se traite pas qu'en surface.

Les idées doivent s'ancrer dans un futur plutôt que de sans cesse être de simples réactions.

De demi-mesure l'on récolte demi-résultat.

Ω

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