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Billet de blog 2 juin 2016

De fil en pensées

Au gré des soirs et des humeurs. Écho de notre temps contre recul des années, j’énonce ce qui anime mon esprit.

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Il y a des choses qu'aucune volonté ne peut modifier. Lorsque plusieurs forces de transition sont en action et qu'elles s'inscrivent dans le même élan, la raison voudrait que l'on se prépare à faire face aux différents virages. Le néo-capitalisme alimenté par l'avidité de l'Homme entraine depuis des décennies plusieurs mouvements transitoires. Guerres et flux démographiques, mondialisation exacerbée, esclavage économique, assassinat environnemental, ultratechnologie et j'en passe.
Beaucoup en arrivent au même constat d'un monde malade. Cette maladie est fabriquée par l'Homme, cependant, nous en sommes aussi la solution. Différents moyens sont mis en avant pour réagir à ses différents problèmes mais aucun ne traitent ces problèmes dans l'ensemble, bien que ces problèmes proviennent de la même source: notre mode de vie et de réflexion en général, propre à l'être humain depuis des millénaires. Autrefois la survie se gagnait, aujourd'hui on gagne le droit de l'acheter.

Loin de dire que le monde était mieux avant, il est radicalement différent dans le rapport que nous entretenons à la vie, si ce n'est ce détail immuable: la domination. L'illusion est devenue l'actrice la plus active de nos vies. Heureusement pour nous, nos folies ont aussi un prix, une dette que nous devons à notre foyer commun; la Terre. Plus grave que cela, c'est un avertissement. La mise en garde contre notre décadence explosive, contre notre irrespect aveugle, contre notre "moi" expansif. L'Homme ne recherche pas Dieu pour être protégé, au fond il souhaite lui aussi en être un. Et les autres ? ceux qui aspirent à un autre chemin doivent en payer le prix car ce monde-là s'impose à nous. Dès la naissance, divers chemins sont proposés ou imposés et jusqu'à la mort, nos vies s'inscrivent sur un dessin commun, l'impôt de l'existence, la redevance permanente. La majorité nourrit une minorité au détriment de toute morale.

La maladie de l'argent sous-entend plusieurs points: la possession et le pouvoir, la décroissance de ces points entraine un manque par dépendance. Que ce soit à faible où a grande dose, les hommes portent aussi en eux cet instinct fabriqué de toute pièce. C'est ce monde qui crée cette envie prégnante car l'argent devient la condition de la vie, il la prolonge et l'améliore. L'argent a aussi ce visage d'un absolu relatif comme Dieu peut avoir à sa manière. Fort d'avoir déjà un "moi" surdimensionné, nous avons créé le "moi numérique", cette mise en abyme de la virtualité de notre existence. Bien sûr, une conscience de soi est nécessaire cependant, lorsqu'elle se transforme en amour quasi exclusif, peut naitre un danger. L'appétit constant, dans le monde actuel, provoque forcément la prise de nourriture chez l'autre, tout le monde connaît la formule: "l'argent appelle l'argent". Lorsque cet appétit s'enracine comme une réflexe alors née une nouvelle façon de vivre. Cette pensée peut trouver écho dans bon nombre d'écrits et a différentes époques. Mais cet écho n'a pas été encore assez fort pour enrayer une maladie qui nous fait courir à notre perte

La Terre n'attendra pas qu'on la détruise. C'est elle qui a la fin sera présente. L'Homme a un défi qui trouve sa racine dans la survie la plus primaire, celui de s'inscrire le plus longtemps possible dans cet univers. En l'état actuel, ce défi va être perdu et une autre partie recommencera peut-être mais sans nous. Le rapport au temps est incorrect pour la plupart, la question n'est pas de savoir combien de temps mais comment faire. Nous dépendons du monde et non l'inverse. Or, nous sommes élevés pour dépendre (en excluant l'affectif) d'autres Hommes et c'est toute la matrice sous-jacente du fonctionnement de nos modes de vie qui enrobe nos existences. Cette ombre innée couvre presque l'ensemble des Hommes, de la vie en général et de notre espace puisque tous en sont victimes et même, au-delà de notre planète. 
La vie en société telle que nous la partageons est régie par une multitude de mécanismes interdépendants. Chaque étape de nos âges s'inscrit dans une sorte de protocole adapté. Cette machine est souvent portée par les nouveautés du temps. Au fil des siècles, cette machine s'est complexifiée à mesure que l'Homme progresse dans divers savoirs dont il use chaque jour. Nos cultures se sont transformée, l'art arbore des millions de visages.

Cependant, la prégnance de la nature sur notre être mêlée à une cupidité exagérée fait que la soif du pouvoir en général et généralisée fait subsister une masse d'inégalités entre nous. Pire que cela, de graves injustices et des crimes. Imaginez attendre avec les autres, goute à goute, des heures pour voir votre verre se remplir d'eau, une seule fois. Non loin de vous, un homme seul amassant des bouteilles entières par minute ! L'eau, bien commun, universel, nécessaire à la vie, des millions de personnes en sont privés depuis des décennies sans qu'il ne soit fait le nécessaire. Tout à côté, en plein désert, des fontaines géantes jaillissent entre les buildings et la mégalomanie alors que la mort se propage dans les sables venteux. L'eau n´est malheureusement qu'un seul exemple.Tellement de choses sont à soulever, à mettre en lumière.

L'histoire n'est plus source de leçon mais un divertissement, simple bagage intellectuel. L'économie est devenu le noyau déscisionnaire qui oriente le progrès général, la rentabilité orientant la recherche et surpassant la découverte. Tout est devenu marchandise à valeur variable, de l'air frais se vend en tube dans des régions d'Asie. Cette machine folle oblige ses acteurs à toujours être performant sur les marchés au risque de disparaitre. L'argent crée même de l'argent sous forme virtuelle, l'Homme lui, n'apparaît qu'en arrière-plan. C'est comme une immense étendue de route, parcourue par de nombreuses voitures lancées à vive allure sans jamais freiner, un peu comme une poursuite dans un Mad Max. C'est une formule assez entendue mais qui résume bien notre ère: l'argent fait tourner le monde.

Ω

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