Témoignage d'une citoyenne au coeur de la diplomatie humanitaire

Je m'appelle Julia, j'ai 31 ans, après quatre ans d'expériences en entreprise, bardée d'un diplôme en licence de biolgie moléculaire et un master en commerce international, j'ai entrepris de reprendre un master 2 en droit humanitaire et sécurité internationale cette année. En juin, je me suis vu proposer d'assister un de mes professeurs à Genève dans le microscosme de la Genève internationale, au coeur de la gouvernance internationale et de la diplomatie pour relever tout ce qui concerne le droit humanitaire.

J'ai pu assister au nouveau libellé du concept stratégique de l'OTAN dans une école prestigieuse suisse par le Colonel Stavidris, et j'ai pu m'apercevoir que l'armée américaine et l'Otan, fonctionnent dans leur soft power avec le développement d'ONG liée au pouvoir US: Aga Khan, Global partnership for Afghanistan, MedAir, US AID...ONG présentes dans le concept de partenariat de l'Otan. Le soft power est aussi humanitaire : dans la logistique, dans l'information, dans la communication. L'OTAN veut créer la sécurité avec les militaires US par une participation accrue des ONG présentes en Afghanistan et Irak, comme le CICR, le HCR, et autres branches de l'ONU. Je me suis aussi aperçue que les principales donateurs de ces ONG sont en partie financer grâce aux Etats Unies. Quelle légitimité d'action sur le terrain en terme de neutralité?

J'ai aussi été auditeur de conférences de professeurs éminents anglosaxons d'Oxford et européens à échelle diplomatique internationale. Le concept idéologique : la nostalgie de la perte du Western Power, des concepts conservateurs qui m'ont paru effrayant et édifiant d'un déclin des idées, du facteur humain chez ces élites intellectuels.

Et finalement le choc a été le plus édifiant au Conseil des droits de l'Homme à l'ONU. Le droit et les procédures du Conseil des droits de l'Homme utilisé par les Etats représentés par les diplomates m'est apparu totalement instrumentalisé, inefficace et très opaque.

Plusieurs victimes d'un fléau méconnu en France qui est le traffic humain, la servitude forcée d'individus qui sont vendus d'un pays à l'autre dans des réseaux, où se mélangent pouvoir, politique, prostitution.. Cette victime de 30 ans, dont je n'ai pu écouter le témoignage jusqu'au bout tellement j'ai été bouleversé et choqué, qui interpellait l'ONU sur son inefficacité, où elle décrivait l'ONU comme un système technocratique à faire des statistiques, à mettre en oeuvre des programmes inefficaces, où le système de corruption est mondial et dont les Etats, les politiques sont complices de ce système.

Aujourd'hui, je reviens en France et prend toute la mesure de cette expérience témoin au sein de l'élite de la gouvernance mondiale: constat : seuls les intérêts financiers priment.Seule l'action de la société civile peut détourner ces intellectuels, ces élites Etatiques, diplomatiques à penser les sociétés pour nous. Il est important de réfléchir collectivement, s'indigner, proposer, réfléchir, collectivement pour servir de contre poids et bouleverser l'ordre idéologique de ces idéologies.

 

 

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