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Billet de blog 16 juil. 2014

Maths XX XY

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Sur France inter, pour l’anti pénultième fois, la problématique des hommes et des femmes devant les mathématiques a été abordée.

Des études auraient été faites qui prouveraient qu’en fonctionnement normal, les résultats sont équivalents, mais dès qu’un grain de sable apparaît, les résultats des filles seraient moins bons que ceux des garçons.

La faute en reviendrait à l’inconscient des enseignants qui auraient tendance à moins interroger les filles que les garçons.

Comme d’habitude, aucune source n’est donnée.

Aucune hypothèse n’explique les affirmations et assertions des journalistes.

J’ai fait des calculs de moyennes annuelles en Terminale S de mes élèves sur 15 ans, avec 401 élèves, dont 207 garçons et 197 filles.

La moyenne des filles est 11,61.

La moyenne des garçons est 10,93.

24 filles ont plus de 16 de moyenne.

15 garçons ont plus de 16 de moyenne.

30 filles ont moins de 8.

44 garçons ont moins de 8.

Etant dans un lycée privé, on pourrait imaginer qu’il existe un biais.

Mais aucune étude n’a jamais montré qu’il existait un biais lié au sexe entre le public et le privé.

Toutes les études psycho, socio vont dans le même sens.

Bien souvent ces études touchent des écoliers à l’école primaire et ne parlent pas de Maths, mais de calcul.

L’argument touche aussi le nombre de femmes en recherche ou qui ont eu une médaille Fields.

C’est oublier un peu vite qu’effectivement, les femmes dans leur ensemble sont discriminées et ce biais est oublié un peu vite.

Potentiellement, les filles ont des résultats aussi bons que les garçons en Terminale S, et même sensiblement supérieurs en moyenne.

Je suis d’accord avec la président de l’AFM :

Imaginez, vous êtes une fille et tout le monde vous répète à petites doses insidieuses et répétitives, pour votre bien, que les filles ne sont pas bonnes en maths, qu’elles n’ont pas une bonne vision dans l’espace, etc. Que peut-il se passer ? Pour quelques unes, ce sera un défi de prouver à ses profs, à ses parents que ce sont des idées fausses mais pour la plupart, elles se conformeront aux attentes des adultes et elles donneront raison aux idées reçues. C’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice. En psychologie sociale, on parle de la « menace du stéréotype ». Ce phénomène a été mis à jour en 1995 par deux chercheurs de l’Université de Stanford aux Etats-Unis Claude Steele et Joshua Aronson. En France, plusieurs équipes travaillent dessus

Les mathématiques peuvent être difficiles pour les filles comme pour les garçons, ni plus, ni moins. La bosse des maths n’existe pas, c’est une invention de la phrénologie à la fin du 19ème siècle que nous traînons depuis dans notre sillage. C’est une idée dangereuse : elle dédouane les élèves de travailler soit parce qu’il/elle aurait cette fameuse bosse soit parce qu’il/elle ne l’a pas et n’a donc pas besoin de travailler, c’est inutile.

Le choix des filles pour les études supérieures est un choix discriminant lié à la représentation de la femme dans la société et non à leur pseudo-incompétence en Mathématiques;

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