Ouvrons un café insoumis à Toulouse

À Toulouse, nous voulons ouvrir un café comme un parlement du peuple. Un lieu de fête, d'éducation populaire et de politique qui fasse vivre l'insoumission. Mais pour ça, nous avons besoin de votre aide...

 © William Gonnet © William Gonnet

C’est pas en France que je vais l’apprendre à grand monde : la politique, ça ne se fait pas que sur les marchés, dans les assemblées ou les isoloirs. La politique, c’est aussi quand des gens remuent leurs opinions, viennent les défendre dans la rue ou même… s’engueulent au comptoir d’un café.

C’est qu’en France, on a une histoire singulière avec les cafés. Ils ont participé à ce grand élan d’opinion qui a permis le ferment culturel de la Révolution Française. Ils ont été parmi les premiers endroits où l’on se moquait ouvertement du Roi, et où on discutait de la philosophie des Lumières. C’est encore aujourd’hui dans ces cafés que se rassemblent une population de tout âge, de toute origine sociale, et qui malgré elle parfois, participe à un bouillonnement intellectuel et politique dans notre pays. Le comptoir, c’est le parlement du peuple.

Un café pour changer le monde

Quoi de plus normal qu’un café, donc, pour faire vivre l’insoumission.

  • Un café-resto qui se fourni auprès d’agriculteurs paysans locaux et qui participe à relocaliser l’économie et développer un autre modèle agricole. Qui ne pratique pas pour autant des prix discriminants pour que chacun puisse y avoir accès.
  • Un café qui organise des débats, des projections de films et des conférences gesticulées pour faire vivre nos idées, pour les confronter et forger une citoyenneté active et consciente, pour développer l’esprit critique.
  • Un café d’éducation populaire où l’on permette la réappropriation de savoirs et de savoirs-faire par des ateliers pratique de cuisine contre la malbouffe, de bricolage et de recyclage contre l’obsolescence programmée ; par de la vulgarisation scientifique, clef de la compréhension du monde face à l’obscurantisme.
  • Un café de fête, de musique, de chanson et de théâtre car nous y crions au monde notre culture et notre joie de vivre que les puissants ne nous arracheront jamais.
  • Un café où l’on permet à chacun de passer le pas et de monter sur scène, d’y chanter sa chanson ou d’y lire son texte et d’allumer au fond de lui l’étincelle de création qui peut déchainer un ouragan.
  • Enfin, un café géré collectivement, par une association ou une coopérative, une propriété collective qui dit merde au modèle économique cupide qui concentre dans une poignée de main l’appareil de production.

C’est ce que nous allons faire, avec notre association Itinéraire-Bis en reprenant le café « Chez Ta Mère » à Toulouse. À notre échelle, avec nos bras et nos moyens ; notre espoir et notre force de volonté.

Nous sommes des millions

Je propose à tous les insoumis de faire parti de cette aventure. De nous aider à construire un exemple, pour, pourquoi pas, les aider à faire de même chez eux par la suite. Nous avons créé une force incroyable qui doit se matérialiser et s’ancrer dans la réalité sur le long terme. Elle doit marquer profondément son emprunte dans la société française.

Comme pour la présidentielle, nous n’avons pas de grands mécènes, de gros industriels ou de comptes en suisse. Mais nous avons le nombre et la solidarité, la conviction qu’à nous toutes et tous on peut déplacer des montagnes.

Faites un don pour nous aider, prenez des parts sociales pour être, en quelque-sorte, co-propriétaire de ce café. Montrons que nous ne sommes pas que des slogans, mais une force matérielle capable de construire un monde nouveau.

Romain Jammes

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