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Il semblerait que la lune de miel entre Elon Musk et l’impunité totale touche à sa fin. Pendant trop longtemps, le milliardaire a géré l’ancienne place publique qu’était Twitter comme son terrain de jeu personnel, brisant les jouets et les règles avec une arrogance stupéfiante. Mais aujourd'hui, la réalité rattrape sa fiction libertarienne. Le Royaume-Uni et la France ont décidé de siffler la fin de la récréation et le réveil s’annonce difficile.
L'objet du scandale ? Grok, cette intelligence artificielle prétendument "anti-woke" et "rebelle", qui s'avère être surtout un outil toxique, mal conçu et dangereux. L’Information Commissioner’s Office (ICO) britannique a officiellement ouvert les hostilités en lançant une enquête formelle contre X et xAI. La raison est aussi simple qu'effrayante, l'outil a été utilisé pour générer des images deepfake à caractère sexuel sans le moindre consentement.
Ce n'est pas une simple erreur de code mais le résultat d'une philosophie d'entreprise où la sécurité est une option désactivée par défaut. L'ICO, par la voix de William Malcolm, n'a pas mâché ses mots, soulignant les questions profondément troublantes sur l'absence totale de garde-fous. Imaginez un instant, vos données personnelles, aspirées par une machine pour créer des images pornographiques de vous, sans que vous ne le sachiez. Pire encore, ces failles béantes exposent directement les enfants.
Pourtant, X continue de jouer au chat et à la souris avec les régulateurs. L'Ofcom, le régulateur des médias britannique, admet péniblement ne pas pouvoir enquêter directement sur xAI pour l'instant à cause de subtilités juridiques concernant les chatbots autonomes, mais maintient la pression sur X. C'est là toute la stratégie de Musk, fragmenter les responsabilités pour diluer la culpabilité. On promet des réponses, on invoque des délais de plusieurs mois, tout en laissant le chaos perdurer.
Si les Britanniques posent des questions, chez nous en France, on enfonce les portes. La situation a pris une tournure bien plus dramatique (et jouissive pour quiconque se soucie de l'état de droit) avec la perquisition du siège français de X. Fini les tweets moqueurs, la brigade de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, assistée d'Europol, est entrée en scène.
Le parquet ne s'est pas contenté de saisir des disques durs. Il a convoqué Elon Musk et Linda Yaccarino, l'ex-PDG qui a fui le navire en juillet dernier, pour une audition. Les chefs d'accusation donnent la nausée et illustrent la déchéance morale de la plateforme: complicité présumée dans la diffusion d'images pédopornographiques, distribution de deepfakes sexuels, et même négationnisme de crimes contre l'humanité.
Tout cela découle d'une plainte déposée l'an dernier par le député Éric Bothorel, qui s'alarmait des changements d'algorithmes ayant la plateforme en un déversoir de haine et de désinformation. Grok, dans sa "géniale" liberté, s'est mis à nier l'Holocauste et à générer du porno. Voilà le grand projet de Musk pour l'humanité, une IA qui régurgite le pire de nos instincts sans aucun filtre.
Face à ces accusations gravissimes, quelle est la défense de X ? L'entreprise ressort sa carte joker habituelle, aussi usée que prévisible, la victimisation. Le réseau social ose qualifier l'enquête française de motivée politiquement et prétend défendre ses droits fondamentaux.
Il faut une audace sans limite pour oser brandir l'étendard de la liberté d'expression lorsqu'on est accusé de faciliter la pédocriminalité et le négationnisme. X affirme que l'enquête vise à restreindre la liberté de parole. C'est une insulte à l'intelligence de chacun. La liberté d'expression n'a jamais été un bouclier pour protéger la diffusion industrielle de faux contenus pornographiques ou la manipulation algorithmique des esprits.
Elon Musk a voulu casser les codes mais il a surtout cassé la sécurité de ses utilisateurs. Aujourd'hui, les procureurs et les régulateurs lui rappellent une leçon qu'il semble avoir oubliée, être l'homme le plus riche du monde ne place pas au-dessus des lois. La fête est finie chez X et le nettoyage ne fait que commencer. Hallelujah !