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C’était trop beau pour durer, hein ? Cette petite parenthèse enchantée où l'on pouvait discuter avec l'intelligence artificielle sans se faire agresser par une bannière clignotante pour un VPN ou une crème anti-rides. Eh bien, sortez les mouchoirs (ou préparez-vous à en acheter via un lien sponsorisé), car la fête est finie. OpenAI a décidé qu'il était grand temps de transformer son chatbot prodige en panneau publicitaire interactif.
L’entreprise américaine préférée des français (non, j’avoue, je n’ai aucune source) a annoncé aujourd’hui la grande nouvelle que personne n'attendait avec impatience, le début des tests publicitaires dans ChatGPT. Pour l'instant, ce privilège douteux est réservé aux États-Unis, mais ne vous inquiétez pas, cette “innovation” traversera l'Atlantique bien assez vite pour venir polluer nos écrans européens.
L'idée est simple. Vous demandez à ChatGPT de vous aider à organiser un voyage à New York ? Il vous répondra gentiment, mais en profitera pour glisser, juste en dessous, un encart clairement étiqueté (selon leurs termes rassurants) vous proposant un hôtel charmant mais hors de prix. Fidji Simo, la responsable des applications chez OpenAI, nous assure la main sur le cœur que les réponses resteront objectivement utiles et ne seront jamais influencées par la pub. Bien sûr, et moi je suis le conseiller d’Elon Musk en communication infantile. On nous demande de faire confiance au fait que l'IA ne va pas subtilement nous orienter vers les sponsors les plus généreux. L'espoir fait vivre.
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L'offre “Go” ou l'art de payer pour être un homme-sandwich
C'est là que le génie marketing de la société de Sam Altman atteint des sommets d'absurdité comique. Ils lancent globalement une nouvelle offre d'abonnement appelée “ChatGPT Go” pour 8 dollars par mois. Ce forfait, qui se glisse entre la version gratuite et l'offre “Plus” à 20 dollars, vous donne droit à plus de messages, plus d'uploads de fichiers et l'accès au modèle GPT-5.2.
Mais attendez, voici la chute. Même en payant cette somme, vous aurez droit aux publicités ! C'est fantastique, non ? Payer pour consommer de la réclame, c'est un concept avant-gardiste que seule la Silicon Valley pouvait inventer. Si vous voulez la paix royale et un écran vierge de toute sollicitation commerciale, il faudra débourser les 20 dollars mensuels pour l'offre Plus, Pro ou Enterprise. Les pauvres (et les semi-pauvres à 8 dollars) serviront de cible marketing. Les riches, eux, auront le droit de réfléchir en paix.
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Vos données sont en sécurité (promis juré craché)
Évidemment, OpenAI a sorti l'artillerie lourde côté communication pour nous rassurer sur la confidentialité. Non, ils ne vendront pas vos conversations aux annonceurs. Quelle générosité. À la place, ils utiliseront “juste” les thèmes de vos discussions pour cibler les pubs. Nuance subtile. Si vous parlez de jardinage, vous verrez des tondeuses. Si vous parlez de la crise de la quarantaine... eh bien, on verra ce que l'algo vous propose (une voiture de sport ou une perruque ?).
Ils jurent aussi qu'il n'y aura pas de pubs sur les sujets sensibles comme la santé, la politique ou pour les mineurs. C'est touchant cette éthique à géométrie variable. On sent bien que l'entreprise essaie d'éviter le destin tragique des réseaux sociaux devenus des usines à clics, ce phénomène poétiquement appelé “enshittification” du web. Mais avec 800 millions d'utilisateurs et des factures de serveurs qui se comptent en milliards, il fallait bien que l'argent rentre. Le PDG en place a beau avoir levé 64 milliards de dollars, l'électricité, ça coûte cher.
Vers un futur sponsorisé
Au final, cette évolution était inévitable. Google Gemini et les autres concurrents mettent la pression, et OpenAI ne pouvait pas rester éternellement une association caritative technologique brûlant du cash. Mais cela marque tout de même un tournant. L'IA conversationnelle, qui promettait de révolutionner notre accès au savoir, commence doucement à ressembler à une recherche Google glorifiée avec ses liens sponsorisés en tête de page. Alors préparez-vous. Bientôt, quand vous demanderez à ChatGPT le sens de la vie, ne soyez pas surpris s'il vous répond que le bonheur se trouve peut-être dans l'achat d'une nouvelle machine à café, livrable demain avec Amazon Prime. Le futur est en marche et il est sponsorisé.