Un nouveau symptôme alarmant, à Amiens

Une partie du personnel de l’hôpital psychiatrique Philippe-Pinel d’Amiens se mobilise depuis plus de deux mois pour protester contre la baisse du personnel et la fermeture de quatre services qui entraînent selon eux une « destruction » des soins. Un nouveau symptôme alarmant concernant l'état du système de santé en général, et plus particulièrement en psychiatrie.

Le journal le point a publié le 21 août un article décrivant la situation de l'Hôpital à Amiens. Les "économies" sont telles que les professionnels quittent le navire et que les services ferment.

La direction du Centre Hospitalier avance comme argument la nécessité de développer le soin ambulatoire (c'est à dire en dehors de l'Hôpital).

Ce qui est en parti vrai. En effet, l'Hôpital reste une alternative extrême, à éviter autant que possible, y compris pour des raisons de coût. 

Toutefois, l'Hôpital public assure en psychiatrie l'hospitalisation de personnes en situation de détresse extrême. Il s'agit souvent de populations défavorisées et vulnérables. Est-ce une façon de traiter des personnes fragiles que de dégrader leur accueil dans un lieu de soin qui reste leur ultime protection ?

Aussi, la stigmatisation inadaptée des problème de santé psychique dans notre société contribue au fait que les personnes qui sont victimes de ces maltraitances ne se regroupent pas ou peu en association pour faire valoir leurs droits auprès de l'administration de la santé.

 

L'auteur rappelle les faits suivants :

- La politique de santé de la France est assujettie aux décisions de l'Union Européenne à Bruxelles (Article 168 du TFUE)

- L'Union Européenne, par l'intermédiaire des Grandes Orientations de Politique Économique impose à la France annuellement l'équilibre du budget de la Sécurité Sociale, la diminution des dépenses publiques (y compris en matière de Santé) et la privatisation des services publics (y compris en matière de Santé)

- Le gouvernement affiche ainsi la volonté de l'équilibre du budget en matière de santé. Les dépenses plus importantes que les entrées étaient autrefois tolérées, pour un poste aussi important que la santé, organisé de surcroît en service public (c'est à dire garantissant l'égalité de l'accès aux soins pour tous les français)

- La détérioration des services de santé qui en découle servant d'argument à la soi-disant "nécessaire privatisation"

 

Allons nous attendre que, comme le viaduc de Gênes dont la privatisation a été largement décriée, notre système de santé s'effondre, lui aussi ?

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