Les salariés des hôpitaux en grève de la faim

L'hôpital public se fissure, des salariés sont maintenant en grève de la faim. Les responsables continuent pourtant imperturbablement leur politique violente, comment se fait-il que les choses ne changent pas ? Éléments de réponse

L'hôpital public se fissure, des salariés sont maintenant en grève de la faim. La psychiatrie fait partie des disciplines les plus durement touchées. Les conséquences sur la santé du citoyen sont terribles. Certains de nos semblables ne guérissent pas, tombent malade, sont en danger de mort voire probablement meurent de ce fait. Pourtant, les responsables continuent imperturbablement leur politique violente, comment se fait-il que les choses ne changent pas ? Éléments de réponse

Au centre hospitalier de Vierzon le conflit social se durcit. Deux salariés ont entamé ce dimanche soir une grève de la faim. Ils demandent des garanties de l’agence régionale de santé quant à l’avenir de l’hôpital. Les deux salariés dorment sur le parking du centre hospitalier.

Source : France Bleu, le 29 octobre 2018

Il s'agit d'une situation inédite pour le service public ! Les agents du service publics ne supportent pas leur condition de travail et n'acceptent plus d'être poussés à devenir maltraitant avec des personnes malades.

Un article récent dans le Figaro (24 octobre 2018) évoquait d'ailleurs la situation de la psychiatrie française : "Désaffection des médecins, manque de moyens : la psychiatrie en déshérence". Profession peu attractive, pathologies mal connues du grand public, ressources insuffisantes… La psychiatrie française s’enfonce dans la crise, et les mouvements dans les hôpitaux se multiplient.

L'auteur rappelle que dans son exercice il est témoin de violence à l'encontre de personnes malades donc fragiles, du fait de ce manque de moyen. Par exemple, l'un de ses patients en danger, pour lequel il a déjà publié un billet de blog, ne peut être hospitalisé faute de moyen (le psychiatre de secteur lui ayant récemment fait part directement que les moyens mis à sa disposition ne lui permettaient pas de poursuivre l'hospitalisation et qu'il était très pessimiste sur la durée de vie de la personne).

Pour terminer, l'auteur tient à rappeler que la violence du gouvernement vient directement de Bruxelles :

Les hôpitaux dans les campagnes sont au fur et à mesure supprimés afin de suivre les obligations de la Commission européenne sur la réduction de la dépense publique. Pour en savoir plus, lire cet article du 10 janvier 2015.

- Au moment même où la grande crise économique de 2007 continue de produire, par ses conséquences directes et indirectes, un nombre impressionnant de troubles mentaux et de souffrances psychiques, les professionnels de la santé mentale voient leurs conditions de travail se dégrader de plus en plus. Si cette logique est contradictoire, c’est parce que l’existence même des services publics à la française dans le cadre de l’Union européenne est une contradiction (art. 106 du TFUE).

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