L'appel déchirant d'une famille aux autorités de santé... sans réponse !

Louis a frôlé la mort il y a 3 jours. Face aux mises en danger répétées de son fils et des passages aux urgences "éclair" avec depuis 3 mois absence systématique d'hospitalisation via le service des urgences psychiatriques, malgré mes demandes voire supplications, une mère écrit au directeur de l'Agence Régionale de Santé. Son courrier en date du 5 juin est toujours sans réponse !

Louis a frôlé la mort il y a 3 jours. Face aux mises en danger répétées de son fils et des passages aux urgences "éclair" avec depuis 3 mois absence systématique d'hospitalisation via le service des urgences psychiatriques, malgré mes demandes voire supplications, une mère écrit au directeur de l'Agence Régionale de Santé. Son courrier en date du 5 juin est toujours sans réponse ! Les Autorités de Santé se contentent-elles d'accepter sans broncher les dysfonctionnement et les coupes budgétaires imposées par notre gouvernement, au détriment de la vie des personnes en danger ?

"Madame, Monsieur,

Par la présente, je viens faire un signalement et solliciter votre haute autorité. En effet, je suis aujourd’hui confrontée à un grave problème d’ordre à la fois privé et public que je qualifierais de non assistance à personne en danger. Tout commence le (...) 2010, jour où nous décidons d’hospitaliser sous contrainte notre fils Louis victime d’une agression physique. Il présente des troubles psychiques depuis six années. Etant adulte majeur, nous sommes dans l’impossibilité de le faire soigner. Devant le diagnostic de « troubles psychotiques », il est transféré à l’hôpital Marchand pour une durée de huit semaines. Une curatelle renforcée est mise en place et je deviens sa curatrice. Il vit seul dans un appartement sur la commune de (...). Après une année de soins médicamenteux, suivi par le Docteur (...), médecin psychiatre portant le diagnostic de « schizophrénie », il intègre volontairement un centre de postcure pour l’alcoolémie le (...) 2011 pendant six semaines.

Le (...) 2011, il est hospitalisé aux services des urgences à l’hôpital Purpan suite à une prise importante de médicaments, suivi d’un séjour d’une semaine à l’hôpital Marchand. Quelques jours après, le (...) 2011, il est à nouveau admis aux urgences pour ivresse et blessure au bras. Deux mois plus tard, le (...) 2011, il consulte en psychiatrie en état comateux pour ingestion d’un flacon de (...) prescrit à sa demande par son médecin traitant. Deux mois plus tard, le (...), il est encore adressé par la police cette fois, aux urgences pour état d’ivresse sur la voie publique.

La vie professionnelle de Louis s’arrête. Il obtient la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé le (...) 2012. Depuis, il perçoit l’allocation d’adulte handicapé. Il perd tous les points sur son permis de conduire, il perd ses amis.

Le (...) 2013, il est amené par les pompiers aux urgences de Purpan pour prise excessive d’alcool et de médicaments. Il est évalué par le Dr (...), de garde ce jour-là aux urgences, et transféré à la clinique de (...) où il exerce, pour un séjour de cinq semaines. Il deviendra son nouveau médecin psychiatre et portera un nouveau diagnostic de « Bipolarité ».

Le (...) 2014, afin de retrouver une meilleure hygiène de vie, Louis programme une hospitalisation volontaire à la clinique psychiatrique de (...) avec le Dr (...). Il en sort cinq semaines plus tard le (...) 2014. Une semaine après le (...) il appelle le Samu pour une crise d’angoisse et fini par revenir aux urgences le 13 (...) où son traitement sera modifié.

Le (...) 2015, le Juge de tutelles renouvelle ma nomination de curatrice. Son état de santé se stabilise. Il entre en formation au CRIC pour une réorientation professionnelle le (...) 2016. Il nous confiera plus tard que pour tenir le coup et être en forme il consomme de la cocaïne, ce qui l’amène à une surconsommation médicamenteuse et il est admis aux urgences de la clinique des (...) le (...) 2016, transféré à la clinique de (...) pour 38 jours de sevrage. Seulement quatre semaines après, le (...) 2016, il est à nouveau hospitalisé 37 jours de plus dans les mêmes conditions. Ils ne le garderont pas car il consomme des stupéfiants pendant l’hospitalisation. Son stage au CRIC est rompu.

Devant ce réel problème de gestion de prise de médicaments, nous décidons de mettre en place en (...) 2016 un passage d’infirmières au domicile de Louis. Un mois après, le (...) 2016, il est à nouveau admis à la clinique de (...) où il est renvoyé au bout de 9 jours pour non respect de son engagement (consommation de produits stupéfiants).

Le (...) 2016, je demande au Juge des tutelles de réviser la protection de Louis. En effet, des tensions relationnelles d’ordre financier s’installent entre nous. Les 28 (...), 26 (...) et 17 (...) 2016, Louis consulte en externe le service d’addictologie de la clinique (...). Malheureusement Louis n’en ressent pas de bienfaits. Le (...) 2016 Louis retourne au cabinet du Docteur (...) et en ressort avec une ordonnance au bout des doigts. Il se fait délivrer les médicaments par une pharmacie qui ne le connaît pas et rentre chez lui pour ingérer un flacon entier de (...) et un flacon entier de (...). Il est admis aux urgences réanimation de Purpan dans un coma anoxique qui durera 36 H. Je demande alors à ce que le Dr (...) ne s’occupe plus de notre fils et je m’oppose fermement à son transfert à la clinique de (...) où le Dr (...) pratique. Ca n’engage que moi mais je considère qu’il lui tend la main au suicide.

Le (...) 2016, Louis est donc transféré à la clinique psychiatrique de (...) dans l’Aude où il refuse de continuer le soin après deux semaines de prise en charge. Le (...) 2017, une nouvelle curatrice est nommée aux biens et je reste nommée curatrice à la personne de Louis et encore à ce jour. Le (...) 2017, il décide une hospitalisation volontaire en secteur fermé à (...). Il sera renvoyé après quelques jours pour non respect de son engagement (consommation de stupéfiants). Il s’inscrit alors en externe à l’hôpital de jour pour 10 séances d’activités sportives. Il ne donnera pas de suite à cet investissement. Le coma anoxique de (...) 2016 laisse apparaître des séquelles évidentes sur les fonctions cognitives et le raisonnement. Le (...) 2017, un appartement social lui est attribué. Il aménage donc plus près de chez nous afin de faciliter notre accompagnement. Une nouvelle équipe d’infirmières est mise en place. Le (...) 2017, Louis décide de consulter le Docteur (...), qu’il nomme médecin référent. Il ne le connaît pas mais lui prescrit à sa demande une boîte de (...) qu’il prendra entière le jour même. Après 48H aux urgences de Purpan, il ressort pour y revenir le (...) après avoir pris une plaquette de (...) prescrit par un autre médecin du cabinet du Dr (...). Il en ressort 10H après contre notre volonté. J’informe ce cabinet médical de la situation.

Le (...) 2018, nous consultons en famille le médecin psychiatre le Dr Romain Padovani, qui suit régulièrement Louis depuis son déménagement. Nous décidons de faire une hospitalisation sous contrainte (courrier ci-joint) aux urgences psychiatriques de Purpan qui sera dans un premier temps refusée car Louis est consentant aux soins. Il sera alors transféré en hospitalisation volontaire à l’hôpital psychiatrique de (...) le (...). Après 5 semaines de soins, il est transféré le 07 (...) à la clinique de (...) à (...) pour une postcure en addictologie. Il y passera 5 autres semaines. Louis décide de quitter l’établissement sans l’avis médical (courrier ci-joint). Retour chez lui le (...) 2018 une nouvelle équipe d’infirmiers est alors mise en place au domicile. Louis ne supporte plus cette contrainte et refuse d’ouvrir la porte à partir du (...). Déjà il ne prenait plus vraiment son traitement comme il le devait depuis sa sortie. Les infirmiers passaient dans l’après-midi déposer le pilulier sans contrôler la prise des médicaments. Louis me disait qu’il en avait marre et qu’il en jetait à la poubelle. Le (...), Louis a déposé une candidature pour un séjour en centre thérapeutique. Une réponse lui a été faite de renouveler sa demande plus tard faute de places disponibles (courriers ci-joints). Le (...), Louis retourne au cabinet médical du Dr (...) et se fait prescrire une nouvelle ordonnance. Il prend à nouveau une dose massive de médicaments. Son père l’accompagne aux urgences de Purpan d’où il sort quelques heures plus tard car aux dires du médecin il est médicalement sortant.

Le (...), j’accompagne Louis à la consultation hebdomadaire chez son médecin psychiatre le Dr Romain Padovani et nous décidons à nouveau d’une hospitalisation demandée par un tiers (copies ci-jointes). Nous sommes une nouvelle fois rejetés par le service des urgences psychiatriques de Purpan. L’interne invoque qu’il n’y a pas lieu de l’hospitaliser.

Le (...), Louis perd tout contrôle (témoignages du voisinage ci-joints). J’appelle la Police vers 21H qui n’a ni véhicule ni équipe pour se déplacer. J’appelle le SAMU qui n’a pas d’ambulance. Il nous aura fallu près de 3H pour maîtriser la situation son père et moi. Nous trouvons cela scandaleux.

Le (...), Le Dr Romain Padovani tente une nouvelle hospitalisation sous contrainte (copies ci-jointes). Après un accueil comme il se doit aux urgences médicales de Purpan puis aux urgences psychiatriques, suivi de 4H d’attente, le Dr (...) ordonne un retour immédiat au domicile avec un compte-rendu de consultation on ne peut pas plus banal (copie ci-jointe) à votre appréciation.

Le (...) Louis se rend à nouveau dans le cabinet du Dr (...) où il lui sera donné une nouvelle ordonnance ne tenant pas compte des observations que j’avais faites auparavant. Evidemment, Louis a encore une fois ingéré une dose importante de médicaments accompagnée d’alcool. Les Pompiers lui ont porté secours et l’ont accompagné aux urgences de Purpan. Après 2 jours de surveillance médicale, il était sortant. Nous nous sommes opposés à sa sortie pour qu’il le transfère à l’hôpital Marchant où le Dr Padovani avait négocié une place. Devant notre position, le médecin du service UHCD psychiatrie de Purpan a refusé la demande conjointe du Dr Padovani, de la curatrice Mme (...) et de nous-mêmes les parents, et il a décidé d’appeler un taxi pour le raccompagner chez lui. Il est sorti dimanche (...) vers 18H en pyjama papier bleu de l’hôpital pieds nus et sans les clés de son appartement perdues pendant le transfert.

Sur quelle planète vivons-nous ? Nous ne savons plus quoi faire. Louis souffre et il ne peut plus vivre seul dans son appartement. Devons-nous attendre l’irréparable pour passer à l’action ? Je trouve invraisemblable qu’il n’y ait pas de solution. Nous sommes une famille déchirée par tous ces évènements. J’en appelle à votre bienveillance.

Je vous suis reconnaissante de l’attention que vous apporterez à ma requête. Après vous avoir informé de la situation, je sollicite une inspection de ce service des urgences psychiatriques compte tenu des diverses expériences que je vous ai décrites.

Avec mes remerciements, recevez mes très cordiales salutations."

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