SANTÉ : La NUTRITHÉRAPIE au secours du CANCER ?

Sujet au combien inexistant dans les milieux médicaux contemporains, des aliments des plantes ou des extraits de substances naturelles seraient ils capables de venir assister voire suppléer les soins standards de la médecine en matière de cancers?

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Lorsque l'on pose la question aux principaux intéressés, la réponse est généralement: non!
Pourtant, l'histoire de la médecine et les annales de la recherche médicale mondiale semble tempérer cette réponse dans bien des cas, et des réponses plus contrastées ont été apporté par bon nombre de scientifiques depuis près d'un siècle à ce sujet...

 

 

 

 

PREMIÈRES RECHERCHES
Les connaissances ancestrales des plantes et extraits naturels en tout genre ont amené certains chercheurs d'avant guerre - tel le double prix Nobel LINUS PAULING - à envisager une action de la vitamine C sur les cancers, tant au niveau inflammatoire qu'au niveau de la croissance des tissus cancéreux. En 2012, le très sérieux Journal of Translational Medicine publia une étude à ce sujet, et leurs conclusions furent simples: les substances induisant les douleurs dans certains types de cancers étaient nettement diminuées lorsque des injections répétées de vitamine C étaient effectuées chez certains patients.

Linus Pauling, en son temps n'hésitait pas à aller plus loin en proposant littéralement une diminution de la progression des tumeurs lorsque celles-ci étaient en contact avec cette vitamine.. suggestion apparemment confirmée dans le cas d'une recherche animale faite à ce sujet en 2009.
Ce type de découverte ne mériterait elle pas de plus ample recherche à ce sujet? Les soins palliatifs ne bénéficierait ils pas d'une amélioration de leurs patients sur le plan inflammatoire si ces informations s'avéraient confirmées?

LE SUCRE
Substance encore trop souvent éludé dans des cas de tumeurs, le sucre et sa consommation aurait un impact sur l'évolution des tissus malades..Une étude de 2014 du Dr. Ashutosh Kumar ( Departement de Pharmacologie et Toxicologie au National Institute of Pharmaceutical Education and Research à Hyderabad, Inde) tendrait à démontrer les changements du métabolisme de certaines cellules en présence de sucres rapides, ainsi que l'augmentation, en présence de sucres, de l'activité de protéines favorisant certaines tumeurs. Pas d'écho constaté sur les diététiques des cancéreux dans les systèmes de santé occidentaux.. N'y aurait il pas, là aussi matière à investigation?

LE CAS BELJANSKI
Si il est un chercheur du siècle dernier qui dédia sa vie à la recherche sur le cancer, c'est bien le Pr. Mirko Beljanski. Entré à l'institut Pasteur en 1948, primé par l'Académie des Sciences pour divers travaux en 1960 puis éjecté de Pasteur en 1978, cet homme fit une ascension dans son domaine telle qu'à son apogée plus d'un collaborateur voulurent évincer le savant. Beljanski remettait en cause certains dogmes établis. Même Howard Temin, prix Nobel de Physiologie en 1975, fit l'aveu tardif que Beljanski était le véritable découvreur de ce pour quoi on lui attribua le célèbre prix..

Pao Pereira, un fruit des traitements Beljanski Pao Pereira, un fruit des traitements Beljanski

Ses avancées thérapeutiques reposaient par ailleurs sur une approche "naturelle" de la maladie, avec des traitements à base d'extraits de plantes spécifiques. Les principes actif du Pao Pereira ont permis, notamment l'observation d'une diminution de la croissance des cellules cancéreuses. Nombreuses études, jusqu'à nos jours furent publiées pour attester l'efficacité de ses traitements, de par le monde, comme notamment cette étude menée par la Kansas University en 2018.

En 1994, François Mitterrand, étant déjà très affaibli par son cancer de la prostate, son opération et ses traitements, commence à prendre un produit mis au point par Beljanski. Il pourra, avec les forces retrouvées, aller jusqu’au bout de son mandat, et même un peu au-delà. La presse crie alors au miracle!
Quand les travaux de ce chercheur seront ils pris en compte? Quand est-ce que la recherche officielle daignera se pencher sur les allégations faites par cet homme au siècle dernier? Une étude impartiale et objective sur ses produits ne serait elle pas la bienvenue aujourd'hui ?

L' OZONE
Connue par tous pour son action protectrice sur l'atmosphère terrestre, le gaz ozone (O3 pour sa formule chimique, différente de l'oxygène O2) lorsqu'il est proche du sol n'en est pas moins une substance nocive pour la santé, dans les grandes villes notamment. Son action toxique survient lorsque ce gaz est aspiré. Les poumons peuvent se retrouver endommagés.

Néanmoins, lorsqu'il est injecté, ses vertus paraissent étonnantes : des chercheurs espagnols dans une étude de 2004 ont pu mettre en évidence que l'oxygénation des tissus cancéreux par l'ozone était efficace, augurant peut-être ainsi une meilleur tolérance aux chimiothérapies.

LE JEÛNE
Quels effets d'une période d'abstinence alimentaire sur ce type de pathologie?
La prestigieuse revue scientifique américaine the Lancet publie un article en 2017 relatif à l'arrêt total de nourriture chez un patient malade. Peu de temps avant, une étude de la "University of Southern California" démontrait les bienfaits d'un jeûne pour le système immunitaire sur des tumeurs de la souris, ainsi que les bénéfices que pourrait en tirer ces animaux sous chimiothérapies.

A quand des études plus poussées sur des patients humains? Les jeûnes épisodiques auraient ils des vertus préventives? D'après cette dernière étude, ce serait le cas. Et il y aurait de plus fort à parier, comme le déclare le Pr Henri Joyeux, que les bonnes habitudes alimentaires seraient la première des préventions..

 

Bien d'autres substances encore sont en questionnement au travers de nombreuses études scientifiques de par le monde, comme le fruit dénommé corrosol, ou les amandes de noyaux d'abricots par exemple.. Ne faudrait il pas continuer sur les voies que certains ont dors et déjà ouvertes, et continuer à mener les investigations sur ce qui pourrait être à la fois une assistance aux traitements standards et pourquoi pas même une aide au delà? La recherche est inéluctablement voué à s'ouvrir à d'autres champs thérapeutiques, et cela prendra le temps qu'il faudra.


Romain Peissel DC

 

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