Modérer une conversation pour un temps limité se résume à une tâche simple.

Ce billet explique brièvement le rôle de modération et par qui il est (trop) habituellement tenu.

 © Romain Cazé CC-BY © Romain Cazé CC-BY

Fonction

Le rôle de modération consiste à distribuer la parole et à faire en sorte que la discussion suive l'un des ordres du jour. Ce rôle consiste à donner la parole aux gens qui lèvent le doigt comme en classe, il se résume aussi à faire parler les silencieux en leur posant des questions, la personne qui modère dirige la conversation en donnant un ordre du jour comme thème de discussion pendant son mandat. 

Ségrégation et désignation

On désigne souvent la personne qui tient ce rôle par le terme modérateur, animateur ou facilitateur.  Ces dénominations se rejoignent sur un point, on les utilise toutes au masculin. En effet dans nos sociétés patriarcales c'est traditionnellement les hommes qui jouent ce rôle, bien qu'une femme puisse aussi l'incarner.

Nos sociétés pénalisent aussi d'autres "minorités" (à noter ici que les femmes en France constituent plus de 50% de la population). A Nuit Debout j'ai vu des femmes modérer, les discussions sont aussi parfois animées par la matriarche de la famille. Mais jamais je n'ai vu une personne racisée prendre le rôle de modération sur la place de la République et je n'ai jamais vu un mineur endosser ce rôle lors d'un dîner de famille. Ces personnes sont-elles réellement incompétentes pour ce rôle?

Rotation et incompétence

La personne qui modère peut cependant mal gérer son rôle. On m'expose souvent cela comme contre argument. C'est vrai que la fatigue, la frustration, la mauvaise humeur ou la simple incompétence peuvent jouer. Mais c'est à ce moment que la rotation du rôle prend tout son sens et il devient alors intéressant au sein d'une même discussion de faire tourner ce rôle. Dans ce cas le temps perdu se limite au mandat d'une personne et la discussion retrouve une nouvelle dynamique par la suite.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.