La chance rattrape nos handicaps en politique.

Tout le monde est au départ handicapé en politique. Les mécanismes de compensation de ce handicap peuvent parfois conduire à des résultats dangereux. Comment peut-on y remédier?

Deux représentations du handicap © Romain Cazé CC-BY Deux représentations du handicap © Romain Cazé CC-BY

Vous êtes sourd, aveugle et boiteux. Vos pieds se traînent en comparaison avec Usain Bolt. Vos yeux peinent à voir la beauté du monde comme Monet. Et enfin vous êtes à la limite de la surdité par rapport à Mozart. En parlant de musicien sourd. Beethoven n'a pas été capable d'orchestrer une de ses propres symphonies à cause de cela. Quand il s'agit de politique, tout le monde a un handicap fort au départ. Pouvons nous y faire face?

La politique exige un discours clair et qui peut mettre du temps à être compris. Il faut du silence pour que le message soit entendu. La modération procure ce silence et fournit l'espace pour que chacun puisse parler. Cela pourrait ne pas suffire. Nuit Debout avait un système de modération bien mis en place, mais les mêmes personnes ont parlé et parlé encore. Oui, elles n'étaient pas des politiciennes professionnelles. Mais elles se mirent à s'exprimer comme eux, et plus préoccupant, elles ont appris à garder le pouvoir. Pour que la parole tourne il faut une rotation du pouvoir et donc du rôle de modération.

La rotation aléatoire du pouvoir permet de renouveler le discours.Les gens qui étaient silencieux se mettent à exprimer leur opinion. Même s'ils s'autocensurent, la modération peut leur tomber dessus et ils n'ont alors pas d'autre choix. Ils doivent parler et exprimer leur parole. Ils apprennent aussi à la distribuer et être ainsi de bon.ne modérateur.rice.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.